‹ Le Change Espagnol et Son Amélioration ActuelleChapitre 9 sur 23 · LS · texte numérisé non relu

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des ventes de valeurs espagnoles sur le marché de Paris, et M. Barthe (1) calcule qu’au total il fallut envoyer au moins 275 millions d’or à l’étranger.

C’est sous ces diverses influences que l’or dut partir d’Espagne. Au siège central de la Banque, l’encaisse or tombait en effet, en 1883, à 32 milhons ; il est vrai de dire qu’une partie de cette encaisse avait dû être répartie dans les nombreuses succursales que la Banque avait créées pendant cette période, Mais, quoi qu'il en soit, il n’y avait pratiquement plus d’or en circulation dès cette époque, puisque la banque, après avoir limité ses pavements en or, finit par les refuser complètenent en 1888 (2).

Le rapatriement ‘le la Rente devait d’ailleurs continuer, soit qu'à partir de ce moment on eût plus que jamais besoin de monnaie internationale, soit que l’on eût intérêt au retour des. capitaux simplément pour se faire consentir des avances par la Banque.

À cela, il faut ajouter que diverses causes pro-

voquaient le retour — c’est-à-dire le rachat par des Espagnols — de l’Extérieure : d’abord la dif-

férence des cours de cette valeur à Paris et à Madrid, qui donnait lieu naturellement à des arbi-

(1) Barthe y Barthe. Estudio éritico de la crisis mone-

taria, Madrid, 1905.

(2) Hennicke, op. cit.

trages en ce sens ; puis le taux très bas des avances sur titres, consenties par la banque d’Espagne, avances à 4 ou 4 1/2 0/0, alors que le taux réel de l'intérêt dépassait 7 0/0 ; enfin, le fait que les détenteurs d’Extérieure avaient des coupons payables en or, constituant une monnaie de plus en plus recherchée. M. Hennicke évalue le montant des rapatriements de titres qui s’est opéré sous ces

influences à

240 millions en 1882

110 — — 1883 STE — 1884 140 — = 1889 77 CRETE = 1886 20e — 1887 DORE S UE — 1888 105 — — 1889 125 — — 890 DOTE —. 1891 OS es RICHE

L'action des valeurs mobilières émises à l’étranser avait done eu sur la balance des comptes un double effet : au moment de l'émission, elles avaient agi favorablement en rendant lPEspagne créditrice des sommes émises ; actuellement, au

contraire, par leur rémportation et les nécessités

(1) Hennicke, op. eil., p. 43.

de piiements à effectuer, elles contribuaient pour une grande part à rendre les soldes débiteurs et à entraîner là disparition de l'or.

A partir de 1893, le rapatriement des capitaux paraît être terminé en Espagne, La différence des cours entre Paris et Madrid provoque des arbitraces tantôt favorables à l'importation de la rente, tantôt à son exportation, comme en 1894, où elle atteignit 115 millions (1).

En 1895, l'insurrection cubaine, la guerre hispano-américaine, aveé les craintes que l’on éprouve et les nouvelles que l’on recoit, influencent d’une manière désastreuse le change et les valeurs espaonoles.. Enfin, en mai 1898, le change atteint 115 0/0, Dévant la gravité des)événements, la Banque se décide à agir autrement qu’en spéculant ellemême, et elle est obligée, pour contrebalancer l’influence des spéculateurs, d'envoyer de l’or à ses agences de l’étranger.

3° La spéculation, — Mais si c’est seulement devant l'extraordinaire hausse des cours que la Banque se décidait à lutter contre la spéculation. il ne faut certes pas croire que celle-ci ait attendu pour agir d’être attirée par les profits élevés que laissait au cours de 115 0/0 le commerce du change.

En réalité, l’or qui restait en Espagne entre les

(1) Hennicke, op. eil., p. 40-41,

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