DU CHANGE
Quand on résume les faits que nous venons de signaler : drainage spéculatif de l’or pendant la période antérieure à la crise, déficits de la balance des comptes, causés par la supériorité des impor- {ations et le rapatriement des titres et en dermer heu l’aceaparement et la spéculation auxquels se sont livrés les Espagnols, on se demande comment, en Pabsenee de l’or, la hausse du change n’a pas atteint toute la dépréciation de l’argent-métal.
Le Gold-point n’existant plus, on se demande pourquoi 11 n’a pas été remplacé par un Silver-point et pourquoi les banquiers, sachant que les Gébiteurs s'ils n'avaient pas d’or seraient obligés de supporter toute la perte de l’argent, n’ont pas essayé de faire payer à ceux qui venaient leur demander du change une somme à peu près équivalente à la dépréciation de ce métal ?
Il est en effet curieux de constater que les oscillations du change n’ont pas atteint le silver-point, ét on arrive à se poser, sous une autre forme. et pour d’autres raisons, la question de M. Théry pourquoi, étant ‘lonné que la balance des comptes était débitrice, au moins à certaines époques, le change est-il resté aux environs de 30 0/0 et n'’at-il pas atteint 200 0/0 ?
Les valeurs mobilières et Le change. — 11 faut en voir la raison dans l’importance des valeurs mobilières et dans leur utilisation sur le marché extérieur.
Déjà, pour une période antérieure à la crise actuelle, M. Barthe (1) signale leur rôle. Kvaluant l’importance du commerce extérieur de l'Espagne, entre 1850 et 1867, il estime que le solde débiteur de la balance commerciale de l'Espagne a été
(1) Barthe y Barthe, Estudio crilico de la crisis monetaria, p. 29.
— D0 — pour cette période de 1308 imillons. Dans ces conditions, dit-il, même en admettant que ce chiffre soit quelque peu ‘exagéré, toute la monnaie métallique de l'Espagne aurait émigré, si un élément étranger n’était pas venu en limiter l’exportation : cet élément nouveñu, ce sont les valeurs mobilières. (l’est, en effet, l’époque des grandes enireprises industrielles, dont les capitaux furent à peu près complètement émis à l’étranger et rendirent l’Espagne momentanément créditrice des sommes émises et lui permirent de compenser les soldes débiteurs de son commerce extérieur. Ce furent en particulier les actions et obligations émises par les principales compagnies de chemins de fer, Mont les émissions atteignaient, à la fin de 1867,
les sommes suivantes
Cie des chemins de fer de Madrid, Sarragosse et Alicante. 210.000 actions de capilal, importancé nominale FR RSR EE COEUR 989.360 obligat, d'un cap. nominal de 469,946.000, Caprtal élec ess 2 MORE TOR Cie des chemins de fer du Nord de l'Espagne.
200,000 actions NERO ESC GIS.916 obligations capital effectif. 189.495.625