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pagne que le prix d'achat de la mine, ete, la main d'œuvre et une partie du transport, assez souvent effectué par les moyens propres des Compagnies.
Ainsi, après avoir permis de combler, sans envoyer ‘de métal à l’étranger, les déficits de la balance commerciale, les valeurs mobilières, par les payements d'intérêts qu’elles entraînèrent et leur rapatriement, eurent sur la balance des comptes un effet contraire.
Mais ce que nous voulons plus spécialement déterminer ici, c’est le rôle joué par les valeurs mobilières internationales à partir de 1890, au moment où l’absence de l’or dans la circulation amena le change bien au delà des limites du gold-point,
Il est certain que c’est, en partie, grâce à leur utilisation comme monnaie extérieure, qu'il dut à ce moment de ne pas subir toute la dépréciation de l'argent métal.
M. Barthe (1) indique très nettement comment PExtérieure 40/0 fut pendant longtemps et jusqu’à l'établissement de l’affidavit, l’objet d'achats et de ventes nombreux pour compte espagnol, toutes les fois que les virements manquaient sur Londres, Paris ou Berlin.
M. Hennicke (2) confirme ce fait, et dans un gra-
(1) Barthe. Estudio eritico de la crisis monelaria, Madrid,
(2) Hennicke, op. cit, appendice.
O0 de phique fort instructif, montre clairement que Jusqu’à l’établissement de l’affidavit, il y eut un parallélisme complet entre les différences de côte de l’Extérieure, à Paris et à Madrid, et le cours du change.
On peut dire, non sans raison, qu’en vertu des arbitrages, il y avait actions et réactions réciproques entre le cours du change et celui des valeurs cotées à l’étranger.
Nous croyons cependant pouvoir dire que c’est le cours de ces valeurs que l’on doit considérer, à cette époque, comme constituant la limite maxima Ju change. En effet, les banquiers espagnols, charvés d'effectuer des règlements à Paris, envoyaient ‘comme couverture, à leurs correspondants parisiens, lorsqu'il ne leur restait plus d’effets de comimerce, des coupons et des titres payables en or. Ces titres, reçus en couverture, étaient liquidés en cas de besoin. et les conditions auxquelles ils étaient vendus constituaient, en somme, le prix auquel les débiteurs espagnols parventient à se libérer à Pa- Vis.
On comprend dès lors aisément les oscillations brusques et presque quotidiennes des cours à cette époque. Puisque la limite était constituée par le cours de l’Extérieure, tout ce qui agissait sur cette valeur devait, par contre-coup, agir sur le change (1). 11 se trouvait soumis non plus seulement à
(1) CFE. Nogaro. Le Problème de change espagnol.
TRUE l'influence de l’offre et de la demande, m&s à tout ce qui agit sur les fluctuations d’nne valeur en Bourse, depuis les événements les plus importants jusqu'aux nouvelles les plus contradictoires.
Nou$ n’avons plus à nous étonner de la hausse de 1897-1898, survenue à un moment où la balance commerciale de l'Espagne se trouvait créditrice, mais où les événements extérieurs, la guerre hispano-américaine, faisait tomber la rente extérieure à 99 et même à 30,20 le » mai 1898.
Un fait inportant confirme d’ailleurs cette interprétation. Le parallélisme observé entre les cours de l’Extérieure et du change a cessé brusquement, quand, en 1899, le gouvernement espaenol, pour ‘diminuer ses charges, décida, par l’établissement de l’affidavit, de ne payer en or que les coupons de dette Extérieure qui étaient entre les : mains des étrangers, et seulement en argent celle qui appartenait aux Espagnols.
Cette mesure enlevait précisément à |” Extérieure le caractère de monnaie internationale qu’elle possédait et la transformait, du moins pour la partie qui appartenait aux Espagnols, en rente intérieure, et le payement des coupons en argent la rendait impropre aux transactions sur les marchés étran- L'eTS.
On aurait pu craindre à ce moment que le change, en perdant la valeur qui avait jusqu'ici limité ses cours, n'eût à subir désormais la dépréciation
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de l'argent, En réalité, malgré un mouvement le hausse assez vif (24.80 en 1899 et 38.15 en 1900), il n’en fut rien. Quoique la rente. Extérieure ait constitué pendant longtemps, en Espagne, la vaieur internationale par excellence, les valeurs industrielles proprement dites avaient déjà été utilisées.
Les valeurs émises primitivement par les grandes Compagnies de chemins de fer, ainsi que celles qu le furent par la suite, avaient été soumises au même courant de réimportation que l’Extérieure et faisaient l’objet d’incessantes spéculations sur la place de Barcelone. Il faut y ajouter les actions et obligations des Compagnies fondées depuis, ainsi que les valeurs industrielles cotées à l'étranger, et dont les coupons, pavables en or, étaient utilisés pour les règlements’extérieurs.
D'ailleurs, antérieurement à l’établissement de l’affidavit, un certain nombre ‘J’Espagnols s’é- ‘taient fait ouvrir, dans des banques françaises ou anglaises, des comptes courants importants, et continuaient même, paraît-il, à acheter de l’Extérieure sous nom étranger.
En résumé, le change resta donc soumis à l’injluence très étroite des valeurs mobilières, jusqu'à ce que le Trésor, en 1903 et 1904, entreprit de l'améliorer par son tutervention directe, et contri- Ludt à Lui donner, comme nous le verrons, une nor-
me plus stable.
Avec cette interprétation, nous comprenons exactement pourquoi, ainsi qu’on l’a souvent constaté, les moindres bruits de réformes, l’arrivée d’un ministre des finances désireux d’enrayer la cerise, aient eu sur le change des influences très réelles. Toutes ces nouvelles, en même temps qu’elles effrayaient les spéculateurs, provoquaient à la Bourse la hausse ou la baisse des valeurs espagnoles et, par contre-coup, celle du change