‹ Le Change Espagnol et Son Amélioration ActuelleChapitre 21 sur 23 · L=- N'TABILISATION OÙ RETOUR AU PAIR · texte numérisé non relu

L=- N'TABILISATION OÙ RETOUR AU PAIR

L'amélioration actuelle à inspiré à beaucoup d’'Espagnols l’idée que leur change pourrait facilement atteindre le pair. Leur confiance dans la valeur de leur monnaie s'était déjà manifestée au moment de la hausse de 1907. Actuellement, ils pensent qu'il suffirait de peu de chose pour mettre léfinitivement fin à la dépréciation.

Cependant, quand on veut procéder à des réformes monétaires, le retour au pair n’est pas la seule mesure que l’on puisse emplover ; une seconde, plus simple, consiste à faire le sacrifice d’une partie de la dépréciation et à stabiliser à un taux différent de la parité ancienne.

A vai dire même, la stabilisation paraît être la réforme essentielle. Chaque fois qu'un pays souffre

N nes d’une cerise monétaire, on se plaint beaucoup plus

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de l'insécurité qui résulte des variations brusques des cours que de la dépréciation elle-même.

«Rien n’est plus désastreux dans les affaires, dit M. Léon Say, que la crainte d’un changement dans la valeur d’nn capital ; l’incertitude détruit les combinaisons et les empêche parfois de naitre. Dans le doute sur la possibilité de continuer une affaire qui aurait pu être fructueuse, on s’abstient. » On retrouve les traces le cette incertitude en Espagne dans beaucoup d'articles de journaux. « Le péril, dit M. Pedro Estacen (1), consiste essentiellement dans l'instabilité du change, » — « Ce qu'il faut, écrit M. Delafeu Plana, c’est sortir des va-et-vient du change, chercher des moyens pour qu'il aequière la stabilité et la fixité sans se préoccuper de savoir s’il S’éloigne ou se rapproche beaucoup du pair. »

Il semble toutefois qu'en Espagne on aurait tort de se borner à cette mesure essentielle. En effet, la proximité actuelle du pair permet d’espérer qu’on pourrait l’attemdre facilement. D'autre part, le système monétaire théorique de l’Espagne étant celui de la plupart des pays européens, ropéens, il ÿ à intérêt pour elle à ne pas détruire cette analogié en consacrant une partie de la dépréclation. Ni l’on ajoute le souci moral d’une bonne

(1) Diario del comercio, juin 1901,

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réputation monétaire, qu'un Etat à toujours intérêt à sauvegarder, on a un ensemble de raisons qui permettent de conclure que l'Espagne a intérêt plutôt au retour à la parité antérieure qu'à la stabilisation au taux actuel,

Faudrait-il, cependant, même si on en avait les movens rétablir immédiatement le pair ? On doit en effet tenir compte de sa situation spéciale, créé à certains exportateurs par la hausse ‘du change. Beaucoup ont vu leurs. bénéfices diminués par l'amélioration actuelle, et déjà nous les avons trouvés, en 1906, réclamant et usant de toute leur in- {luence pour empêcher, les réformes ou obtenir des traités de commerce plus avantageux.

La prime du change avait en effet constitué pour un certain nombre d'industries manufacturières ou agricoles un bénéfice supplémentaire qui leur avait permis de naître ou de se développer. Et c'était une sorte de barrière à l’importation, puisqu’elle grevait les produits importés de certains frais, permettant ainsi aux produits nationaux de les concurrencer avec succès.

Elle constituait, d’autre part, pour les industries d'exportation, un supplément de bénéfices provenant de la vente des lettres de change.

Ces industries, déjà gênées par la réduction actuelle de la marge entre la monnaie espagnole et la monnaie étrangère, se verraient très compromises par une nouvelle baisse,

Autant la limite imposée aux bénéfices des spéculateurs paraît juste, autant ül serait fâcheux «’auéantir l’unjque bienfait qu'a pu apporter à l'Espagne la crise du change. L’encouragement donné aux entreprises Industrielles et agricoles est un des facteurs qui a pu permettre à la balance commerciie de s'améliorer. On doit donc procéder à la réduction de la prime insensiblement et de ma-

nière à ne pas les atteindre.

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