QU'EST-CE QUE LA DÉPRÉCIATION
Avant d'entrer dans l'étude directe du probléme, il paraît utile de déterminer ce qu'est exactement la dépréciation. Cette question est capitale, puisqu'on à souvent résolu les problèmes de chan-
.ge par cette réponse : Le change est défavorable parce que la monnaie est dépréciée.
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Cette solution établit une ‘lifférence essentielle entre la dépréciation et le change. Elle suggère l’idée d’une dépréciation en soi. En réalité, 1l a pu en être quelquefois ainsi, au moment, par exemple, des assignats révolutionnaires. On pouvait alors dire avec raison qu'il y avait dépréciation en soi de cette monnaie, en ce sens qu'il y avait dans la vente des marchandises un prix différent, suivant que l’on payait en monnaie métallique ou en assionats. Mais dans les cas actuels de dépréciation, on n’a pas assisté à un pareil dédoublement de prix, et quand on se demande par rapport à quoi ia monnaie espagnole est dépréciée on constate que c’est uniquement la monnaie intérieure qui est dépréciée par rapport à la monnaie extérieure, Por:
Dans ce cas, la dépréciation n'apparaît qu’au moment où l’on veut convertir une dette payable en monnaie intérieure en une dette payable en monnaie internationale. La dépréciation (s’évalue uniquement d’après la prime variable exigée pour convertir la monnaie intérieure en moyens de rèelements sur l’extérieur. Or, dans cette hypothèse, ce n'est pas par suite de la dépréciation que le change est instable. C’est au contraire parce que le change est instable que nous constatons une dépréciation (1) : elle apparaît à l’occasion d’une opé-
(1} Nogaro. — Dernières expériences monétaires el la théorie de la dépréciation. Rex. Econ, Internat. sept. 1908.
ration de change, en vertu de la difficulté éprouvée à se procurer des moyens de règlements sur l'Etranger ». Quant à cette d'fficulté elle-même, elle ne dépend pas essentiellement de la nature de la monnaie. N°y eût-il qu’une circulation exclusivement composée de papier et dépourvue de toute valeur à l’Extérieur, où de monnaie d'argent privée à l’extérmieur de son cours légal, la dépréciation n'apparaîtra pas nécessairement si la balance les comptes est constamment créditrice, Elle ne dépend pas non plus, du moins directement, de Ta quantité de la monnaie intérieure : une raréfaction de cette monnaie intérieure, alors même qu’elle en accroîtrait la valeur aux veux des habitants du pays, ne l’empêche pas d’être sans utilité pour les étrangers, lorsqu'ils ne sont pas débiteurs ; tandis que les habitants continuent, pour régler leurs soldes, à payer une prune pour obtenir la monnaie extérieure.
La Hffhculté de payement à l'extérieur, qui donne naissance. à cette prime, apparaît lorsque les movens de règlements sonc insuffisants pour faire lace aux besoins. (€ La dépréciation n’a alors d’autre mesure que la prime sur la monnaie extérieure, sur l’or, ou autrement dit la perte au change. Ælle n'a pas non plus d'autre existence : dépréciation et perte au change sont done des expressions synonymes qui désignent un même phénomène. »
lelles sont les conclusions auxquelles il semble “ue l’on aboutit logiquement ; nous verrons cependant qu'elles ont été perdues de vue par la majo-
rité des auteurs.
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