L'EXPLICATION QUANTITATIVE
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Quoique la Situation monétaire de l'Espagne pit été critique à peu près depuis le début du dixneuvième siècle, le cours du change resta longtemps sans en être trop affecté. Le bimétallisme, qui était le système à peu près général en Europe, permettait d'exporter indifféremment l’or ou l’arsent. Les cours restèrent dans le voisinage du pair depuis l’année 1875, où nous commencons à avoir des renseignements précis, et le change atteignit 2,50 seulement en 1885, et 3,25 en 1889. Après des
hausses (1) successives, il passe de 6.56, en Jjuil-
4) Nous employons le mot hausse dans le sens de change défavorable pour l'Espagne et baisse dans le sens d'amélioration du change espagnol, élant donné que Parts donne l'incertain à Madrid et en reçoit le certain,
let 1891, à 12.50 en novembre, Il s’élève, en 1897, à un maximum de 18.15 en avril, avec une moyenne annuelle de 15.42, atteint 23.07 en novembre 1893 et se tient aux environs de 20 en 1894. Après un léger infléchissement, 9.70 et 8.55, en février et mars 1895, il repart et arrive graduellement à 25.20 en fin 1896. 2
À partir de ce moment, \es moyennes annuelles ougmentent et sont le
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Mais si ces moyennes sont déjà élevées, les maximums n’y apparaissent pas, et les chiffres que nous, citons ont 6té de beaucoup dépassés. Cest ainsi qu’en mai 1898, le change s’est tenu au-dessus de 115 0/0, et que pendant trois mois la moyenne a dépassé 75 ; qu’en 1901, où la movenne fut de 38.15 pendant trois mois, le change a'été au-dessus de +2.
* IL, = L'EXPLICAPION -QUANTITATIVE
La théorie à laquelle ün s’est généralement rattaché, jusqu'à ces dernières années, pour expliquer les diverses crises de change et notamment la crise espagnole, est une théorie classique.
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Vieille de plusieurs siècles, elle semblait avoir recu une éclatante confirmation à l’époque des assignats révolutionnaires, dont la dépréciation fut évidemment due à des émis“ons exagérées. Elle est en somme simple et peut se résumer en deux propositions essentielles. La première est celleci : la monnaie est une marchandise ; et la deuxième : comme telle, elle est soumise à la loi de l'offre et de la demande. La deuxième proposition «e rencontre aussi sous une forme un peu ‘différente : La monnaie, dit-on, a une valeur d'autant plus grandé qu’elle est plus demandée et d’autant plus demandée qu’elle est moins abondante ; sa valeur est en raison inverse ile sa quantité. ,
- Plusieurs auteurs ont essavé d'appliquer ces idées à la crise espagnole. [ls reconnaissent bien qu’il n’v à eu perte, au change de la peseta, qu’à partir du jour où l’or, seule monnaie actuellement utilisable pour les règlements extérieurs, n’a plus existé dans la circulation espagnole ; mais ce n’est là pour eux qu’une cause apparente de la crise. Car en vertu de la théorie quantitative de la monnaie, les prix, dans chaque pays, se modifient, ‘de telle sorte qu’il se produit un transfert de numéraire des pays où il est top abondant dans ceux où il n’est pas en quantité suffisante ; et ce draiïnage du numéraire à lieu jusqu’à ce que l'équilibre soit rétabli. « Sous l’influence des principes qui régissent la balance des règlements internatio-
paux. l’or serait donc certainement revenu, si une cause étrangère n’était venue l’en empêcher. » (1)
Cette cause est la dépréciation de la monnaie. La monnaie étant, par définition, une marchandise, c'était une mauvaise marchandise. Nous avons vu, en résumant le système monétaire espagnol, que la circulation est à peu près uniquement composée d'argent et de papier ; c’est donc cette quantité d'argent trop abondante, jointe à une circulation fiduciaire exagérée, qui ont chassé l’or ; et leur augmentation à aggravé la crise en empêchant le retour de ce métal.
La cause finale de la crise est bien la surabondance et la mauvaise qualité de la monnaie qui ont entraîné sa dépréciation, et le seul moyen d'y met: tre fin est d’en restreindre la quantité.
Cependant, parmi les auteurs qui se sont occup£* du change espagnol, il y a les distinctions à établir Les uns se sont attachés exclusivement à la théorie que nous venons de résumer ; d’autres, tout en cor cédant la prépondérance aux influences monétaires, n'ont pas nié que d’autres facteurs ont pu agir su’ le change et se sont surtout très sensiblement élai onés des premiers dans leurs conclusions,
Dans le premier groupe, figure tout d'abord M.
(1) Mitjavile. La livre du change en Espagne, Thèse, Bordeaux 1903.
Germain op qui à exposé ses idées dans un article du Temps, dont le retentissement fut assez grand. Il prend exactement pour base la théorie quanlitative, et indique très nettement que, pour hu, dans un pays soumis au régime du papiermonnaie, la balance du commerce n’exerce aucure action. « La statistique nous a montré, dit-il, que l'excédent des importations ou des exportations n’exerce aucune influence sur le cours du change Pour ne citer qu’un exemple, il suffit de rappeler que le Brésil, dont le papier-monnaie est si dépré clé, a une balance du commerce des plus favorables.
» De même, une encaissé plus ou moins élevée a’exerce aucune influence sur la valeur des billets, car «sous le régime du cours forcé, l’encaisse peut s'approcher ou s'éloigner Au chiffre total de la circulation de papier sans que les cours en soient modifés » 11 montre qu’en 1890, l’encaisse s'élevait à 260.000.000 de pesetas, représentant 35 0/0 de la circulation du papier-monnaie, et le change était > 104. En 1901, l’encaisse s’élevait à 200.000.900 de pesetas. représentant 20 0/0 de la circulation, et le change était à 137.
Il cite encore l’exemple du Portugal et de l’Ita-
() Henri Germain. Le change en Espagne, /e Temps, 2 avril 1902.