‹ Le change et la circulationChapitre 8 sur 19 · PRÉAMBULE · texte numérisé non relu

PRÉAMBULE

Ce travail sur les métaux précieux et la circulation fiduciaire se divise en deux sections, dont la rédaction a été séparée par un long espace de temps.

Trois ans se sont écoulés depuis que la première partie • de ce travail a vu le jour (1). Après avoir étudié les principes généraux de la matière, nous nous proposions de passer en revue des publications importantes récemment consacrées au même sujet; nous n’avions encore fait porter l'examen que sur l'excellent ouvrage de M. Emile de Laveleye : le Marché monétaire et ses crises depuis cinquante ans i et il nous restait à compléter les observations que suggère ce livre, aussi bien pensé que bien écrit. D’autres travaux attiraient aussi notre attention, notamment la Méca nique de l'Echange , de M. Cernüschi; les Métaux précieux au point de vue économique, de M. Roswàg; les Etudes sur

la circulation monétaire , de M. Coullet, et la brochure de

M. Geïeu : Banken und Krisen , qui a été suivie d’un traité plus considérable du même auteur : Théorie und Praxis

(1) Journal des Economistes, novembre 1865.

t tes Zettel-Bankivcsens. Ces écrits ont abordé sous les aspects les plus divers le grand problème soumis aujourd’hui à une investigation soutenue.

Dans l'intervalle, nombre d’autres productions remarquables ont exploré le même terrain; il faut se borner, quoiqu’il regret, alors qu’il s’agit d’accomplir la tâche que nous nous étions tracée (1). Nous avons eu déjà occasion de parler de la Théorie des Changes étrangers, de M. Goschen, membre du Parlement d’Angleterre et ancien ministre, dont un économiste habile, M. Léon Say, a enrichi nos bibliothèques, en accompagnant une traduction élégante et fidèle d’une Introduction riche en aperçus nouveaux (2). Nous avons aussi rendu justice au patient labeur de M. Juglar, sans admettre toutes les conclusions de son livre : Du Change et la liberté d’émission (3).

La grande Enquête sur la circulation monétaire, et fiduciaire a paru ; nous n’avons point la prétention de renfermer dans le cadre restreint du présent écrit l’étude de tant de dépositions faites, et de tant de documents réunis (4). Cependant nous ne saurions passer sous silence l’opinion exprimée par un ancien ministre des finances, M. Hippolyte Passy, qui sait unir aux lumières de la théorie les enseigne-

(1) C’est le motif pour lequel nous avons été forcé de laisser de côté les travaux de M. Victor Bonnet, dont nous partageons la plupart des convictions, travaux qui lui ont conquis une réputation justement méritée. Nous en dirons autant du livre de M. Jules Lecesne.

(2) V. plus haut (deuxième partie) Le Change .

(3) Ibid.

(4) V Enquête compte déjà 5 énormes volumes in-4°; elle doit renfermer un sixième volume, qui comprendra le rapport du commissaire général et les conclusions de la commission.

monts d’une longue pratique des affaires, et dont la haute et calme raison inspire une confiance générale (I). Comme rapporteur de la section d’économie politique de l'Académie des sciences morales et politiques, M. Hippolyte Passy a eu également l’occasion de résumer ses idées sur la circulation fiduciaire (2) ; l’autorité légitime qui s’attache aux idées qu’il exprime nous détermine à les signaler, en attendant que l’ensemble de Y Enquête forme la matière d’une étude spéciale.

Enfin il est un livre, presque inconnu en France, mais qui a produit une vive sensation de l’autre côté de l’Océan. La science de la richesse (5) de M. Amasa Walker, exprime un avis très-net et très-hostile à la circulation fiduciaire. Le talent de l’auteur et l’expérience acquise dans les crises traversées par les États-Unis donnent à ce travail une importance d’autant plus considérable que M. Amasa Walker professe les doctrines les plus libérales en matière d’économie politique ; plein d’admiration pour le génie de Frédéric Bastiat, il a le mérite de tenir d’une main ferme le drapeau du free-trade, si souvent attaqué et méconnu dans lu grande république américaine. La science de la richesse est une oeuvre d’un mérite hors ligue; nous sommes heu-

(1) Enquête. Déposition du 25 décembre 1865.

(2) Rapport sur le concours ouvert au sujet de la circulation fiduciaire (mars 1866) Journal des Economistes de juin 1866, p. 359, et Compte-Rendu de l'Académie des sciences morales et politiques, 1866, 2* trimestre (t. LXXVI de la collection), p. 305.

(3) The Science of Wealth , a manual of political economy einbracing lhe laws of trade. currency and finance, by Amasa Walker , leclurèr of Public Economy in Amhersl College-Boston, 1" édition 1866 ; 1 volume grand in-8°. Dans l’espace de deux années, cet ouvrage est parvenu usa quatrième édition.

reux de la faire apprécier au moins en partie. Avant que le livre de M. Walker ne parût plusieurs des idées qu’il développe avaient été produites, dans lapremière section du travail (1), que nous venons de compléter. Nous devons nous féliciter de cette coïncidence : elle est de nature à fortifier nos convictions.

(1) Elle a été publiée , comme nous venons de l’indiquer, en 1865.

LES MÉTAUX PRÉCIEUX

ET

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