‹ Le chant dans l'Ordre séraphiqueChapitre 21 sur 53 · CHAPITRE H · texte numérisé non relu

CHAPITRE H

Puis vint le tour de notre mère sainte Claire, & successivement des saint Bonaventure, saint Bernardin, saint Pascal, & de toute la phalange séraphique. De tous côtés surgirent des poètes, des chantres ; de sorte que chaque jour vit grossir le livre d’honneur qui renferme notre écrin séraphique, notre héritage à nous, que personne n a le droit de nous discuter.

Et en vérité la tombe de saint François était à peine fermée que la piété de ses enfants, de ses amis suscita une émulation édifiante. C’était à qui lui dédierait un chef-d’œuvre. Le pape Grégoire IX fut des premiers à composer en vers 1 éloge du séraphique patriarche; sa plume féconde nous légua : Proies de eœlo, Caput draconis uliimim, De pauperlatis horreo, Plonge turba — le Cardinal Thomas de Capoue fournira : In cœlesti collegio, Decus morum; — nous devrons au Cardinal Raineri : Plaude, turba paupercula.

Au cardinal Étienne de Casanova nous sommes redevables de Cælorum candor; Wadding rapporte au tome Xlll de sa Chronique, A. D. 1260, que le chapitre de Narbonne prescrivit qu’on chantât cette antienne pour la commémoraison des Stigmates de saint François à vêpres. Salimbene affirme d’autre part qu'elle était en effet en usage au Mont Alverne pour les vêpres, tandis qu’à matines de ce 1 Monumsnia même office on chantait : O martyr desiderio C Le bienhhtoriœ, p.322. heurcux j ean de l'Alverne, mort en 1322, composa la 1 ' * Préface du Séraphique Père ; le chapitre général célébré à Assise en 1334 en approuva la récitation; un missel manuscrit de 1384, conservé dans la bibliothèque capitulaire de Lucca en Italie, en contient la mélodie. De son côté, Thomas de Celano écrivit la prose Sanôlitatis sur le même mètre que Dies ircc. Nous n’en connaissons que deux copies manuscrites, une à Assise, à l’hôtel de ville ; une seconde dans un missel du xiv e siècle écrit a Pise. De

RESTAURATION ET TRADITION

dernières recherches nous ont fait découvrir cette même prose dans un missel ancien de l’Ordre, imprimé à Lyon en 1^43 ; on la chantait au jour des SS. Stigmates & le 4 octobre. Dieu veuille quenfin nous en trouvions aussi la musique !

Ce n est pas uniquement pour saint François que ses enfants ont écrit ; leur piété s’est attachée à célébrer saint Antoine. Julien de Spire, qui avait si bien chanté les louanges du Père, a exercé son génie en faveur du fils. D autres ont célébré sainte Claire & plusieurs se sont unis pour composer l’Office : Jam S. Clarœ claritas, que nous récitons encore. Certains manuscrits des xv e , xvi e siècles contiennent un Alléluia en l’honneur de la sainte fondatrice. Tous les Saints de l’Ordre ont eu leurs admirateurs, leurs poètes, leurs chantres. Qui dira tous les noms de ceux qui ont publié la gloire de saint Antoine? La Bibliothèque nationale de Paris contient un prosaire entier du xiv c siècle; déjà le texte en a été publié & nous comptons imprimer toutes ces mélodies qu’un de nos Pères, le P. Jean- Baptiste, eut la patience de déchiffrer & de copier.

Nous avons eu la joie de pouvoir collationner un grand nombre de ces chants, éparpillés un peu partout, perdus dans les rayons de nos bibliothèques conventuelles, égarés dans quelques coins, abandonnés, cachés dans les manuscrits, qui sont la grande richesse des bibliothèques publiques. A coup sûr, nous sommes loin d’avoir recueilli tout ce que la piété des âges passés a inspiré aux dévots de 1 Ordre Séraphique, soit pour honorer la Vierge immaculée, reine & patronne des Frères-Mineurs, soit pour chanter saint François ou quelqu’un de ses enfants. Chaque siècle a rivalisé d’émulation.

Grâce à l’obligeance de l'aimable & charmant Directeur de la Bibliothèque royale de Bologne, il nous a été donné de voir, de consulter quelques-uns des magnifiques in-

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