‹ Le chant dans l'Ordre séraphiqueChapitre 22 sur 53 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

folio que l’on garde avec un soin jaloux sous des vitrines scellées. Plusieurs furent la propriété de nos couvents supprimés. Dans l’un d'eux nous avons remarqué au centre d’une vignette la signature de Fr. Bonfantino avec la date 1314. Selon toute apparence & après confrontation faite de divers volumes, ce religieux, véritable artiste & miniaturiste de talent, avait pour obédience de copier & d’enluminer les livres de chœur, soit qu'il voyageât d'un couvent à l’autre, soit qu’il travaillât en sa propre cellule pour différentes maisons.

A Bagnacavallo, petite ville épiscopale, située entie Ravenne & Bologne, la bibliothèque municipale contient quelques-uns de nos graduels & antiphonaires aux armes des Raynaldi ; une inscription porte en effet que ces livres étaient ad usiiiii Raynaldi G., Minisiri General. Ordinis Minorum et postea archiepiscopi Ragusani, 1518.

Au xvn e siècle un de nos Pères, Jean de Bassano, fatigué par les labeurs de trente ans de ministère dans les missions de l'Albanie, occupa les dernières années de sa vie à recueillir tous les chants connus & usités dans l’Ordre à cette époque ; il en fit une compilation heureuse & intéressante. Lui-même transcrivit de sa propre main tous ces chefs-d’œuvre, où l'on retrouve dans leur pureté & leur intégrité nos traditions. Ce n'était point un copiste d’aventure; il savait habilement manier le pinceau, & légua à la postérité de précieux trésors au point de vue de la miniature & de la mélodie.

Nos Pères de Saint-Michel en l’île à Venise sont les fortunés détenteurs de ces travaux. Maître intelligent, entendu dans son art, le P. Jean Bassano fit précéder son travail d’une préface afin de prévenir tout afte de vandalisme barbare : Hoc prcecipue monitum velim ne patres scriptores aut alii, notas vel addant, vel minuant, cum ego in transcribendis moditlis maxiinatn diligentiani posuerun,

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ac ex correftissimis exemplaribus germanum numerum hauserim.

Ce même couvent de Saint-Michel possède en outre un cantoral portant la date de 1715; l’éditeur dit en son prologue qu’il n’a fait que reproduire un ouvrage imprimé à Venise en 1512.

Partout & pour ainsi dire dans chaque Province l’on eut a cœur d’avoir un manuel propre; non pas pour y introduire des nouveautés, mais afin d’y mieux fixer & conserver les chants traditionnels, importés de Rome, d’Assise ou du mont Alverne. On pourrait dire que les Manualia Cbori , Cantoralia, & autres ouvrages de ce genre foisonnent. Rome, Paris, Cologne, Venise, Anvers, Salamanque,

Madrid, Saragosse &c. curent leurs éditions, que l’on retrouve disséminées un peu partout.

Il n’est pas jusqu’à notre vénérable & saint cardinal Ximenès de Cisneros, qui, malgré les absorbantes occupations de sa lourde charge de ministre d’Espagne & d’archevêque de Tolède, ne voulut donner ses soins à cette partie importante de la liturgie. Fr. François Ximenès était très affeétionné à la musique, écrit le D r Benito Hernando, professeur à la faculté de médecine de Madrid ; il recueillit les vieux parchemins, les confia à l’étude de maîtres expérimentés, Fit imprimer des cantoralia qu’il distribua ensuite gratuitement à toutes ses églises. L’on peut consulter à la bibliothèque nationale de Madrid dans la seftion Barbiéri « el intonario toletano » (Alcalâ, 1515), « el pasionario »

(Alcalà, 1 s 16), imprimés par scs ordres. Entre las dénias atenciones de nuestro pontificado, se ha apoderado de nuestro coraçon, mas que ninguna otra, la que atane à los cantos que 1 Discurso se hait de ejecutar en nuestras Iglesias. Parmi les autres sol- hldo * n j awit hcitudes de notre pontificat, ce qui touche aux chants que tral, Madrid, 1 on doit exécuter à l’église a préoccupé notre cœur plus P, or D ' Benit0

, r r Hernando y Es-

que toute autre. Ainsi s’exprimait cet illustre franciscain 1 , pinosa.

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