XIV-XV
B i b 1 . nation.
Paris.
Est-ce là tout le fonds de notre trésor musical?
Colligo fragmenta, ne pereant . Écoutant ce conseil du Sage, nous ne nous sommes pas borné aux pièces principales & plus importantes de notre liturgie, nous avons eu à cœur de ramasser, de glaner tout ce qui s’est rencontré sous nos pas. Il ne convenait pas de laisser périr même les plus petits fragments.
Chaque nation, chaque diocèse, chaque Ordre religieux s’est toujours réservé le choix de tels ou tels chants d un usage plus fréquent. L autorité pontificale n a jamais mis d’entraves à cette liberté pour des points de minime importance, de sorte qu est née une certaine variété dans les chants usuels & les répons à ces mêmes chants, soit l épître, 1 évangile, le Dominas vobiscwn, les oiaisons, le martyrologe, & chez nous le chant de la Bible, de la sainte Règle, là où cela se pratiquait, de la douzième prophétie du Samedi Saint, du Martyrologe de Noël, du Tota pillera, que selon les us & coutumes invétérés l’on chante chaque samedi, soit en procession dans l’église ou à travers les cloîtres, soit au réfectoire après le souper, comme en Italie, soit à tout autre moment de la journée.
RESTAURATION ET TRADITION
Pour tous ces chants, là où l’on a conservé les vieilles traditions, la mélodie est partout à peu près la même, sauf quelques variantes, dont l’introduétion n’est pas très ancienne. Nous ne connaissons aucun motif sérieux pour renoncer à cette partie de notre rituel. En rétablissant l’uniformité autant que possible, nous ne pensons pas porter atteinte au respect dû au Saint-Siège; l’unité, la conformité sont au contraire bien plus selon les vues du Souverain Pontife & de nos Supérieurs majeurs. Notre piété n’a rien à y perdre non plus. C’est pourquoi nous avons songé à compléter notre œuvre par cette restauration de nos chants usuels & traditionnels, sans trop nous attacher à certaines variantes plus ou moins fantaisistes, créées il y a un siècle ou depuis moins de temps.
Cette variété qui s’est peu à peu glissée chez nous a fait croire à plusieurs qu’il n’y a pas de chant de l’Ordre. La conformité qui existe entre les plus anciens documents nous est une preuve non équivoque de l’uniformité, qui régna dans tout l’Ordre au moins pendant un temps. Nos citations, tirées des Firmamenta, nous font connaître de plus les intentions des Supérieurs touchant cette matière. Dans son «Exposition sur la Règle», Fr. Ugo nous dit : «Non decet ut cantus & versus ecclesiasticus fieri debeat secundum arbitrium diversorum, sed firmiter servandus est secundum scripta nique instituta MajorumK » Les Statuts généraux sont encore plus explicites : « Ad dissonantias&turbationis causas evitandas, Fratres & conventus ubique terrarum & maxime in una & eadem provincia existentes studeant esse uniformes et conformes intus & extra in cæremoniis, in
modo cantandi8c i\M\s quæ non sunt contra Constitutiones...
Et forma cantus ordinis correfta habeatur in scriptis cum nota & sollicite observetur. Et in his & aliis corrigantur libri ecclesiæ, & ad uniformitatem talis cantus ordinis & observantiæ regularis reducantur 2 . » Il a donc bien existé
1 Exposit.
sup. reg., c. in.
Ugo.
2 Firmam.
ni. Ord., ni. p.
Stat. gen. et pap., c. ni.