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CHAPITRE II

1 Nitovo studio su G. P. L.

da Pal est r ina, p. 20.

ce chant de l'Ordre, que d’après ces Statuts nous devons avoir à cœur de conserver, afin d'obtenir l'uniformité la plus parfaite.

On ne devra pas oublier qu'il ne s’agit que de la partie spéciale à l'Ordre & de tout ce qui est libre ; pour le reste l'Ordre s’est toujours conformé à la S. Église. Telle fut l’intention de notre saint Fondateur; c’est en ce sens qu’a répondu la cour de Rome toutes les fois qu’on l'a consultée. Voici du reste une communication que relate Mgr Respighi. Le Vicaire de chœur, Vicariat chori, du couvent de S. François à Salamanque, exposa ce doute : t/crum nos obligct canticum ioletaiiuin quod affermit missalia, vel canticum romanum quo uiebamur alias, et mine utimur illo, quoniam conforme est nostræ regttlœ ? la réponse était ainsi conçue : Magis conveniret ut quee in officio conformantur romano, sic etiam in canin et in aliis ritibus. Ceci se passait en 1573, d’après le codex du Vatican, Ottob. 6171, fol. 42

Deux points manqueraient cependant : uniformité de ton pour la psalmodie, conformité dans la prononciation de la langue latine.

Enfants d'une même famille appelés à célébrer sous toutes les latitudes le Nom du Seigneur, choisis de Dieu pour prier au nom de l’Église universelle, nous n’avons évidemment pas de devoirs plus nobles, plus sublimes, plus augustes & plus consolants a la fois sut la terre que de louer Dieu. Ne semblerait-il pas tout naturel qu'à la façon des Anges, qui, nous le pouvons aisément penser, ne chantent pas sur tous les tons, mais avec une harmonieuse unité, nous tous : Frères-Mineurs, Filles de S. Claire, Frères & Sœurs du Tiers-Ordre, nous disions d une même élévation de voix notre office quotidien? Une mère Abbesse d’un monastère de Clarisses nous en a manifesté le désir. C est déjà ce qui se pratique en notre province S. Denis,

RESTAURATION ET TRADITION

où nous avons adopté le sol pour le ton élevé. Au siècle dernier le P. Francesco di Rossino conseillait le do d’en haut, ou le si pour les voix aigües, le si h ou le la pour les autres ; c’est à tort qu’on n’accepterait pas au moins le sol. Qu’il y aurait de grâce si tous, enfants d’un même Père, nous embrassions cette unité : mêmes paroles, même diapason, & même cœur séraphique pour louer notre Père commun !

Nous réaliserions enfin la parole des saints Livres : « Erat terra labii unius & sermonum eorumdem 1 », si nous adoptions enfin l’unité de prononciation du latin. La langue de l’Église est une ; c’est la langue connue, étudiée, parlée,... celle du bréviaire, du missel, de toutes les études théologiques, de tous les conciles... ; cependant, lorsque deux Frères Mineurs de nationalités différentes se rencontrent, ils n’arrivent pas toujours à se comprendre en parlant latin. Une langue que l’Église n’a cessé de parler depuis dix-neuf siècles est-elle une langue morte? — Voir la brochure : l’unité de la prononciation du latin, Vanves, imprim. Franciscaine, 16, route de Clamart.

Que valent nos mélodies?

Personne n’étant bon juge en sa propre cause, on pourrait nous taxer de partialité, si nous donnions notre seule appréciation. Interrogeons plutôt l'opinion ; les désintéressés nous serviront de meilleur critérium.

Les connaisseurs, les admirateurs du chant grégorien, non pas seulement les enthousiastes, mais ceux qui ont approfondi, ceux qui ont su à force de travail assidu comprendre la valeur des mélopées antiques, ceux dont le goût est sûr, savourent avec délices ce qu'ils se plaisent à nommer nos gracieuses cantilènes.

Au point de vue de la construction rigoureuse dans le style pur, nos chants ne présentent pas sans doute toute la sévérité de l'archaïsme grégorien ; qu'on se souvienne du siècle où naquit l'Ordre franciscain & ce fait ne sera une surprise pour personne. De l'aveu cependant de tous ceux qui ont quelque droit de se prononcer en pareille matière, nos mélodies ont une allure stti generis, un cachet qui leur est spécial. A l'égal des poésies que nous ont léguées nos ancêtres, nos chants dénotent une simplicité, ont une fraîcheur rare ; ils sont l’écho des âmes candides qui les ont diftés.

Les amateurs sincères se font une fête de les rencontrer & de les copier dans les vieux parchemins. Nous en avons trouvé de ces admirateurs à Londres, à Rome, a Madrid,

RESTAURATION ET TRADITION

à Compostelle, & dans maints endroits : «Connaissez-vous, nous disait-on, connaissez-vous tel manuscrit? il est à vous ; ne manquez pas de le voir. » « J’ai copié, nous disait à Rome un célèbre père Jésuite, j'ai copié la première antienne de l’office de votre Père saint François ». Le doéte religieux retirait de ses cartons ce document soigneusement conservé, & il nous le chantait : « Que de douceur dans cette mélodie, ajoutait-il, Francisais vir catbolicus ... que de suavité ! que c’est beau ! que c’est bien cela ! »

De fût peut-on rêver quelque chose de plus simple, de plus ingénu, de plus pieux pour traduire cette prose toute poétique : Francisais vir catbolicus? Où chercher encore une pensée musicale qui rende mieux les premiers mots du Si qnœris, que ce délicieux mélisme surgi de la plume de Julien de Spire, & qui semble comme une inspiration :

Le repos de la voix sur le climacus resupinus dans Si est d un effet grandiose, magistral ; il marque comme 1 hésitation d une âme trop peu confiante, qui ose à peine attendre un miracle ; puis, tout aussitôt le conséquent faisant écho a 1 antécédent élève l'âme dans un sublime élan de foi ; la mélodie de qnœris miracula ranime l’espérance ; la prière s'envole vers les cieux pour exalter de jubilation au récit des merveilles qui s’opèrent : Cedunt

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