‹ Le chant dans l'Ordre séraphiqueChapitre 31 sur 53 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

semblent n’avoir connaissance que du manuscrit de Rosenthal ; le premier nous en a annoncé la publication prochaine.

Ce manuscrit que nous venons de'citer est un ouviage du xm c siècle ; certains critiques sérieux pensent qu'il fut à l’usage du Dofteur Séraphique, le croient postérieur à la canonisation de sainte Claire, de sorte qu’il daterait de 1245 à 1255; nous serions assez de cette opinion. La Bibliothèque vaticane possède un second exemplaire, qui nous a paru du xm c siècle, tout au plus daterait-il des premières années du xiv e ; ce n est pas un ouviage complet, mais plutôt une réunion de fragments d’un ancien bréviaire ; il n’y a aucun ordre dans la distribution des fêtes des saints.

Un troisième manuscrit, également incomplet malheureusement, est encore bien digne de notre respeét & de notre vénération : la bibliothèque royale de Naples le possède, & nous' avons pu l'étudier à loisir. La façon dont il y est fait mention de la sainte fondatrice des pauvres Dames nous aide à en fixer la date. A n en pas douter, c’est un monument du xm e siècle, & tout au moins du milieu de ce xm e : l’écriture, la notation & tout le contenu en font foi. La légende du bréviaire, dont il est regrettable de n’avoir pas le commencement, nous parle de la mort de notre Père saint François, fournit des détails précieux & intéressants sur les funérailles solennelles du Saint ; racontant qu’on déposa le corps du séraphique patriarche au monastère de Saint-Damien pour le faire vénérer des pieuses recluses, le narrateur s’exprime en ces termes : Ecce Domina Clara, quœ vere mer i forum sanftitafe 1 ms. vi, E, clara erat, primaque planta bujus sanâii ordims'. L auteur 20 XIII. Bibl. de cette légende, qui comporte des leçons pour toute roy. Naples. ^ saint François> para î t s’être inspiré de Celano

& de l’autre légende, attribuée à Julien de Spire par le

RESTAURATION ET TRADITION 8l

P. Ferdinand d'Araules 1 . Est-ce la « legenda antiqua » de i cfr. Eco

Celano? francise . 1899,

, . . . Santiago, Ga-

A eux seuls ces trois manuscrits seraient un argument ij c i a .-s.An-

assez fort pour nous faire croire que nous avons la vraie ioine par J. Ri-

mélodie, l’œuvre génuine de Julien de Spire ; la conclusion g ‘ ullt *

serait d’autant plus facile à admettre que les trois versions

n’ont aucune divergence notable. Nous ne voulons pas nous

contenter de la confrontation de ces trois seuls livres. Nos

Pères, dès l’origine de l'Ordre, voyageaient autrefois autant

que nous aujourd’hui; ils n’avaient ni la vapeur, i*i

Téleéiricité pour franchir l’espace; l’amour de Dieu & le

zèle pour les âmes leur servaient de véhiculé, disons

mieux, d’ailes pour voler là où l’obéissance les appelait;

ils emportaient avec eux des bréviaires soigneusement

écrits & souvent notés. Voilà ce qui explique cette

uniformité mélodique qui de bonne heure se répandit

partout & s’est conservée si longtemps dans tout l’Ordre.

11 y a moins de cinquante ans on fit des éditions, qui

contenaient encore le vieux chant; si l’on n’y tint pas

suffisamment compte du groupement neumatique, du

moins on ne s’écarta guère de l’antique mélodie.

Un manuscrit que nous ne pouvons passer sous silence, vu sa haute importance, nous sera enfin d’une très grande utilité pour rétablir fidèlement l’écriture mélismatique ; c’est un manuscrit du xm e siècle, intégralement écrit en neumes ; nous l’avons eu entre les mains à Saint- Gall, dans la fameuse bibliothèque des moines Bénédictins.

Nous y avons copié dans son entier l’Office de notre séraphique Père, assuré que cette copie nous servirait avantageusement pour la correction de notre travail.

Si des critiques sérieux, qui paraissent ne connaître que le manuscrit de Rosenthal à Munich, affirment être en possession de l’œuvre de Julien de Spire, serions-nous moins en droit d’attester notre tradition, basée sur la

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