CHAPITRE II
confrontation des manuscrits précités? L'office de notre Mère sainte Claire suit la même musique que celui de saint François ; les paroles sont en quelque sorte calquées sur celles de l'office du saint Patriarche; il convenait assez que de mêmes accents célébrassent & chantassent la sainteté des glorieux fondateurs des Frères-Mineurs & des Pauvres Dames.
Pour saint Antoine nous n'avons rencontré partout qu’une seule mélodie, identiquement la même en Belgique, en Allemagne, en Italie, en Espagne, en Angleterre, en France; qu'on consulte les manuscrits des différentes bibliothèques publiques ou conventuelles ; il serait trop long de faire l’énumération de tous les volumes compulsés ; il y en a des centaines. •
L'office des saints Stigmates est le même à l'Alverne qu'à Assise, à Venise, à Florence, à Foligno, à Nancy, en Espagne & partout.
Pour les offices d'une concession plus récente nous avons recueilli des adaptations, qui sont loin d'être toutes d’une perfedion rythmique absolue. Quelques modifications suffiront pour les remettre au point; souvent ce sera l'affaire d’une simple corredion orthographique mélodique. Ainsi en sera-t-il pour saint Pierre d'Alcantara, saint Pascal, sainte Marguerite de Cortone & autres saints ou bienheureux.
Nous accorderons la préférence aux mélodies en usage dans les sanduaires, où ces saints sont honores d un culte plus spécial, ou parce qu'on y conserve les reliques du saint, ou parce que la ville même est leur lieu d origine. Ce travail minutieux déjà commencé nous a démontre que les erreurs sont souvent d'une importance à peine sensible . changer quelques notes est alors tout assez pour que la mélodie ait son vrai cachet & devienne musicalement correfte & coulante.
RESTAURATION ET TRADITION S
N’est-il pas préférable d’adopter ce qui a été chanté quelque part dans l’Ordre plutôt que de créer du nouveau? Sommes-nous sûrs que nous ferions mieux? des objections pleuvraient contre nous, d’autant que des tentatives en ce genre n’ont pas eu tout le succès attendu.
Dans tout ce qui précède il n’est question que du propre de l’office canonial ; il nous faut de plus la partie du missel. Sur ce point il faut avouer que notre pauvreté est bien franciscaine ; l’explication ep est des plus simples, puisque la plupart de nos messes propres ne nous ont été concédées qu’en ces derniers temps ; il y en a peu du moins qui soient dans leur entier antérieures à notre siècle. De toutes celles qui furent usitées à une époque plus ou moins reculée, il ne nous reste en général que le verset alléluiatique. Les quelques alléluias que nous avons pu recueillir nous seront une consolation, un dédommagement. Qu’ils sont beaux ces mélismes alléluiatiques ! qu'ils expriment bien l’impuissance de l’homme à louer Dieu ! n’est-ce pas comme le bégaiement du Prophète :
Et dixi : a a a y Domine Deus, nescio loqui [ ? Qu’elle est 1 Jerem., i. délicieuse, suave, éthérée là mélodie qui accompagne : ccelum dives ingreditur ! Comme elle nous fait entrevoir le pauvre de la terre, qui riche des vertus d’en haut fait son entrée dans le ciel ! N’y a-t-il pas une inspiration?
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cæ- lum di- ves ingre- di- tur