CHAPITRE
1 Le Correspondant , avril 1866. V. de La p rade.
sances techniques; il renferme des nuances que seule peut rendre une voix longuement préparée par de larges vocalises, assouplie par une gymnastique savamment dirigée, qui lui aura fait acquérir l’élasticité nécessaire pour atteindre sans effort comme sans violence tous les degres de l’échelle musicale. Quiconque ambitionne une place au lutrin doit se soumettre à cette préparation ; car c est une erreur de faire du musicien & de ce que 1 on appelle un plain-cbantiste deux entités distinftes & séparables : la musique est une; elle « dépend de la géométrie du temps comme l’architeClure dépend de la géométrie de 1 espace 1 ; » les intervalles, le rythme, le mouvement pourront varier, la musique est toujours elle-même, elle est une.
Une première condition, élémentaire, pour bien chanter, faisant néanmoins défaut à bien des gens, même à des professionnels, est de savoir respirer, savoir utiliser les premières ressources de lu nature.
Il ne sera donc pas inutile de rappeler ici quelques notions sur la production des sons. « Le son lui-même n’est point un corps ou un être matériel, mais une propriété d’autres corps, notamment de l'air qui le produit sous l’influence des agents qui le font entrer en vibra-
2 Diftionn. tion 2 ». .
de la conversa- Et voic i d’après le D r Colombat comment se produit ce
Uon - phénomène, dont nous nous rendons si peu compte :
« L’air que l'inspiration a introduit dans les poumons est
repoussé de cette espèce de soufflet dans le larynx par le
mouvement d’expiration & le jeu des muscles de la
poitrine. C’est là le premier aCte de la production de la
voix, puisque c’est pendant le temps de l’expiration que
les sons vocaux sont produits. » L'air ainsi « chasse des
poumons, en se brisant contre les lèvres de la glotte
produit les ondulations sonores, qui sont modifiées par
le pharynx, la langue, les lèvres, les fosses nasales, par
DOUTES ET OBJECTIONS
tout l’appareil vocal. C’est donc l’air qui est le corps vibrant, & dont les ondes sonores acquièrent plus d’intensité a mesure qu'elles se prolongent dans les cavités suslaryngiennes 1 ».
Par tout ce qui précède on peut juger de quelle importance il est que les poumons ne soient pas gênés dans leui fonétionnement normal, que la contraction du diaphragme s'accomplisse régulièrement, afin que la dilatation pulmonaire permette aux poumons d’atteindre tout leur développement, à la colonne d’air son volume normal, à chaque son l’intensité naturelle 2 .
L expérience a démontré que la respiration diaphragmatique est la seule qui convienne réellement au chant ; surtout quand ce chant, & tel est le plain-chant, doit être exécuté sans coups de voix, mais bien tenu & pour ainsi dire filé. Ceux mêmes qui prônent une telle respiration, fréquemment la comprennent mal & renseignent encore moins bien.
1 Dtciionn.
de la conversation. Voix.
2 Dr Crosil-
hes.
Secondement il faut savoir tirer parti des signes musieaux qui tombent sous les yeux. Notre siècle est très fier d afficher ses grands progrès : faisons honneur à notre siècle. Le chant, avons-nous dit ailleurs, est un langage; la mélodie est « un enchaînement de sons entendus successivement » 3 & « formulés en phrases symétriques » *. 3 Encyclop.
Si dans l’antiquité hébraïque il n’y eut vraisemblablement du XIXC s - : Mé ‘ « ni notation, ni nomenclature musicale, ni enseignement l ° d 1 ' e ' théorique -' », & si alors la pratique ou la routine était la de la conserseule méthode, depuis de longs siècles il n’en est plus saiion ainsi. La graphique des mélodies fut connue plusieurs J siècles avant Jésus-Christ, & au IV e siècle de notre ère Vigouroux,"’ tout l’Orient s’en servit. Nous ne sommes donc plus Chant ’ réduits aujourd hui à un système absolument rudimentaire, encore en formation ; il y a une théorie, énoncée en des principes sûrs & clairs; de savantes, d’infatigables