CHAPITRE
1 Chant à VEglise , abbé Mehling.
2 Canto Gregoriano, P.Eus-
TOQL'ÎO DE UrI- ARTE.
3 Abbé NeY'
Lorsqu’il arrive d’entendre la foule unie pour chanter sa foi, si l’ensemble n’est pas d’une perfeftion irréprochable, il serait souverainement injuste de prétendre que le chant est inconvenant ! « Ce mélange de voix des hommes, des femmes & des enfants, écrit l’Abbé Mehling, constitue à lui seul une harmonie délicieuse. Lampleur qui îésulte d'une masse de voix est pleine de majesté. Les défauts s’effacent pour ne donner qu’un ensemble imposant & harmonieux 1 . »
Un des correspondants de Y Ami du Clergé ajoute :
« Malgré les imperfedions inévitables que renferme le chant de tous les fidèles, une messe chantée à 1 unisson, en plain-chant, par plusieurs centaines de voix, par toute l’assemblée chrétienne, produirait certainement plus d’effet qu'une messe exécutée en musique par quinze ou vingt artistes. »
« Lorsqu'il nous arrive, écrit le P. Eustoquio de Uriarte, ermite de saint Augustin du monastère de l’Escurial, lorsqu'il nous arrive de voir deux, quatre ou six chantres plantés avec un sérieux comique devant un lutrin, s épuisant à chanter avec force & pesanteur a la fois, mâchant le texte liturgique plutôt que de le prononcer clairement, deux sentiments nous envahissent : l’un d impression douloureuse de voir les louanges divines ainsi méprisées, l’autre de commisération pour les chantres eux-mêmes & pour ces voix sonores, dignes d’un meilleur usage 2 . » Même au point de vue de l’art, rien n’est beau comme le chant liturgique convenablement exécuté par tous les fidèles : « H semble en effet, écrit l’abbé Neyrat, que ce soit l'âme de l’humanité tout entière qui monte à son Créateur, qui gémit en sa présence, qui exalte sa gloire, qui le supplie avec amour & qui force en retoui sa miséricorde à faire descendre consolation & secours 3 . » Ils n’étaient point des artistes les fidèles de Milan dont le