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CHAPITRE III

S. J. Chryin Ps.xn.

basse ou à méditer. La prière publique a plus de valeur & de mérite que toutes les oraisons de notre choix : chanter, c’est prier, surtout si nous nous souvenons que « ce n’est point pour les hommes que nous chantons, mais pour Dieu qui entend la voix du cœur 1 ».

« Il importe, dit Mgr Langénieux, de faire comprendre aux fidèles que, sauf de rares exceptions, ils seront plus agréables à Notre-Seigneur, & attireront sur eux plus de grâces en renonçant à leurs dévotions particulières, pour s’associer par le chant à la prière solennelle de l'Eglise. » Des Religieux que l’obéissance réunit au chœur, leui fixant & réglant la forme de prières, qui doivent etie chantées, psalmodiées ou récitées, ne peuvent avoir besoin qu’on leur remémore cette théorie.

Ayant eu occasion d’initier nos étudiants du couvent de Braga en Portugal à la connaissance du chant grégorien, un des clercs, partisan enthousiaste de la musique moderne, laissant éclater son admiration, s écria dès la première leçon : « Puisque ce chant exécuté à l’unisson est si beau, pourquoi chanter encore de la musique à 1 Église ? »

De fait pour notre part nous avons entendu les meilleures maîtrises du monde entier. La réputation de la chapelle Sixtine n’est plus à faire. Les chantres de Magdalen’s College à Oxford ont peut-être encore plus de surete, plus de précision, plus de perfeftion, dans leur façon d’exécuter ; on nous l’avait affirmé & nous le croyons. Est-ce le nec plus ultra ?... Dans le genre, soit... Au mois d’août de l’année dernière, nous assistions, le îs, au cinquième centenaire de Notre-Dame d Anvers, les céié monies furent des plus solennelles, des plus imposantes ; tous les évêques de la Belgique y étaient accourus. Le Reéteur de l’Université de Louvain y prononça un éloquent discours en langue française sur le couronnement ; la musique la mieux choisie, confiée aux principaux artistes

DOUTES ET OBJECTIONS

du royaume, rehaussait le tout. Les circonstances permirent Qtie nous fussions parmi la foule. Tout le monde trouva que c’était bien ; nous n’entendîmes cependant qu’une Plainte qui était générale : « C’est bien joli, toute cette musique ; mais on ne peut prier. » Que c’est bien ce qui se passe partout ou presque partout !

Bien autres furent nos émotions, nos impressions, lorsqu’au mois de septembre suivant, nous trouvant à Notre-Dame des Ermites à Einsiedeln en Suisse, il nous fut donné d assister à huit heures du soir dans la basilique a une réunion de i=>oo à 2000 pèlerins du Wurtemberg chantant a 1 unisson un cantique à Notre-Dame. Après le Santo Dios que le peuple d’Espagne chante à la fin de la bénédiction du très saint Sacrement, rien ne nous a plus ému que le chant de ces milliers de poitrines acclamant tout d une voix la Vierge Marie, ou implorant son assistance.

Y a-t-il en vérité quelque chose qui soit au-dessus du pur, du vrai chant grégorien ? On a dit de certaines religieuses qui se servent de l’édition des Bénédidins de Solesmes > « Elles chantent comme des séraphins. » La comparaison, sans doute très exagérée, mérite cependant qu on la relève, si l’on sait que l’éminent prélat de qui elle vient était du moins très indifférent, sinon hostile à cette innovation. Un de nos braves amis, musicien d’un talent réel, élève de 1 illustre Gevaert, entendant pour une première fois les moniales de Sainte-Cécile, s’écriait dans son ravissement : « C’est merveilleux ! c'est merveilleux ! » & il pleurait comme un enfant.

En maintes villes, a la fin d’un office accompagné de ce chant à l’unisson, nous avons recueilli cette invariable réflexion : Ah ! voilà qui aide‘à prier! ce chant est une prière !

Tout ce qu il y a d’artistes en France courent écouter

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