‹ Le chant dans l'Ordre séraphiqueChapitre 47 sur 53 · CHAPITRE lll · texte numérisé non relu

CHAPITRE lll

les moines & les moniales ; volontiers ils se font les disciples dociles de l’aimable & toujours affable Père dom Mocquereau. Des protestants viennent en caravane de tous les points de l'Angleterre, s’en retournent ravis, emportant avec eux le souvenir de si douces émotions, goûtées là-bas. Plusieurs doivent leur conversion au catholicisme à la seule audition de ces mélodies si bien rendues dans un parfait & gracieux unisson.

Le peuple

préfère-t-il vraiment la musique?

Ceux qui font la guerre au chant grégorien le disent bien haut, leurs arguments foisonnent contre un chant qu'ils n’aiment pas, ou... qui les gêne peut-être; les raisons pleuvent en abondance ; chacun paraît fort de son petit boniment.

D’abord, s’écrient-ils, votre plain-chant ne dit rien, on n’y reconnaît pas de mélodie, ce sont des notes sans cohésion, sans fin ; c’est affreux, c’est lourd & pesant comme des piliers de cathédrales. — Voyons ce qu’il en est réellement. Si nos adversaires ont su lire avec intelligence une page de nos graduels ou de nos antiphonaires, s ils ont su suivre l’idée musicale qui s’y développe, ils n’auront pas manqué de reconnaître une mélodie bien caractérisée, riche & intéressante à plus d’un point de vue. Dire que le chant est pesant comme piliers de cathédrales n’est pas un argument très logique de la part d’opposants, parmi lesquels il en est qui soutiennent au contraire qu’il est trop gai, trop rapide, trop couru. Beaucoup d’entre les ennemis de notre système ont pour principe en effet de chanter lentement, gravement, pesamment, ayant soin d’appuyer fortement les dernières syllabes, de traîner en un mot & de prolonger le plus possible. Cela était tout à fait dans les habitudes & dans

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