CHAPITRE
est beau, mais c’est trop long, donc ennuyeux. — Est-ce sérieusement qu’est faite une telle obje&ion? Dire que nos alléluias, nos graduels sont trop longs, n’est-ce pas le comble de l’illogisme de la part des admirateurs de ces messes à effet, qui ne comptent pas moins de soixante a quatre-vingts pages d’une partition in 4 0 , où se lépètent vingt, trente fois: Kyrie. Miserere, Da pacetn? Nous n'en citerons que deux exemples : la messe in C de Beethoven, édition de Novello, comprend quatre-vingts pages: le soprano y répète trente-deux fois le seul mot pacew ; dans le Credo de la messe in B h de Haydn nous comptons trente-six fois amen prononcé par le soprano. 11 serait plus catégorique & plus sincère d’avouer tout haut une bonne fois : Votre plain-chant, nous n’en voulons pas, parce que nous n'en voulons pas.
Qu'on nous permette à nous aussi une dernière question. Si la musique des grands maîtres est indiscutable en elle-même, la façon dont est traité le texte liturgique est-elle aussi inattaquable ? On ne se représente pas aisément les Anges chantant sur les montagnes de Judée l'hymne de paix sur un motif de marche de cavalerie ou de pas redoublé. Nous renvoyons nos lecteurs à l'intonation du Gloria in excelsis de la messe précitée de Haydn.
Pourquoi plusieurs notes sur une syllabe brève?
Nous croyons utile de répondre ici à cette objection.
Ce phénomène des plus simples a besoin d’être expliqué, pour donner satisfaction à tout le monde.
Depuis le xvi e siècle surtout on a confondu quantité & accent, tandis que depuis longtemps les latins ne pesaient plus, mais comptaient les syllabes ; pour eux il n’existait que des fortes & des faibles. C’est donc une faute de transporter dans la lefture & le chant les notions de la prosodie. « La prosodie nous servira simplement à trouver la place de l’accent ; après cela elle doit rester dans l’ombre, & laisser le le&eur ou le chantre se mouvoir d’après les règles de la leCture ; » ainsi raisonne dom Mégret 1 . La régie des anciens est toujours vraie : Catilabis sic ut pronuntiaveris, vous chanterez comme vous pro- ch * 1,1 ■ noncez.
La raison de plusieurs notes sur une syllabe soidisant brève, nous dirions faible, vient d’un autre motif que de la quantité ; elle réside tout entière dans le rythme & le cursus. Dans le cursus comme pour les cadences il advenait fréquemment, ou plutôt toujours, qu’on comptait les syllabes, & dans ce cas la mélodie
Chaut li -