LE SALUT AUX ALLIÉS
Pour celle qui, toujours fidèle
A son auguste et rédemptrice mission,
Rouvrant enfin et déployant ses larges ailes,
Dans un tourbillon d'étincelles,
Vole au-devant des Libres Nations
Sur les chemins de l'Europe Nouvelle,
Pour la Terre Major, Notre Mère la France !
Battez, sonnez, tambours et clairons, pour la France !
Après. . .
Ceux qui, sortis vivants de l'affreuse mêlée,
Reviendront au pays et re verront les leurs,
Garderont à jamais l'âme comme voilée
De pleurs.
Certes, ils souriront encor
Aux rouges lèvres de la vie,
Certes, ils plongeront encor,
Joyeusement, leurs mains inassouvies
Dans ses trésors !
Le visage du monde n'aura point changé :
Il y aura toujours des cœurs d'amour chargés,
Des fleurs dans les jardins, des fruits dans les vergers,
Et des danses de jeunes filles,
Les soirs d'été, sous les charmilles...
Il y aura toujours de beaux enfants au rire
Candide et de doux seins que gonfle le désir,