‹ Le chant moderneChapitre 10 sur 34 · CH · texte numérisé non relu

CH

G dur (gare) —

— C dur ou K

— (néant)

— id.

— id.

Nota. — Le lettre R, ayant une ne peut figurer dans ce tableau.

formation toute spéciale

Dès qu’on fera un essai et qu’on s’observera avec un peu d’attention, on remarquera facilement que les consonnes que nous avons accouplées et mises en regard les unes des autres sont identiques quant au mécanisme de leur formation. Pour celles de gauche et celles de droite, les mouvements de la bouche sont absolument les mêmes. La seule différence qu’il y ait entre elles consiste dans la sonorité nasale qu’ont les unes et pas les autres. Il est donc indispensable que cette différence soit observée, si l’on veut que toute confusion soit écartée.

L’accent alsacien est tout à lait curieux à observer à cet égard. Les habitants de l’Alsace, comme les Allemands du reste, prennent régulièrement le T pour le D (réciproquement) et font de même avec les autres consonnes inscrites dans notre tableau. Ainsi ils disent : jouer aux poules pour jouer aux boules. Il est vrai que, par contre, ils par-

leront d’une boule qui fait des œufs. Ils prononcent tîner pour dîner , la cure pour la gare et massacran pour mazagran L

Il nous reste maintenant à traiter un autre côté de la question, c’est-à-dire la précision ou plutôt la vigueur avec laquelle ces diverses consonnes doivent être prononcées. Pour le chant, c’est une condition sine quâ non.

De même que l’optique du théâtre nécessite des effets spéciaux et que les décors sont peints plus largement et avec des tons plus brillants que lorsqu’il s’agit d’un tableau de chevalet, de même l’acoustique d’une salle de spectacle ou de concert ne ressemble en aucune façon à celle d’un salon; par conséquent les chanteurs, indépendamment des voyelles dont la différence doit rester toujours appréciable à l’oreille, sont obligés d’articuler les consonnes avec plus de netteté et de vigueur que dans la conversation familière.

Ces considérations nous portent donc à envisager l’émission de ces lettres sous un nouvel aspect. A ce point de vue, nous les rangerons dans deux catégories distinctes :

1° Consonnes à détente : B, D, G dur, K, L, M, N, P, T.

2° Consonnes fusantes : F, G doux, R, S, V, Z.

Pour les premières la détente devra se produire d’un seul coup, rapide, puissante et pour ainsi dire sèche.

La loi de formation des secondes est tout autre. Contrairement aux consonnes du premier groupe que l’on peut prononcer sans aucune dépense d’air, elles nécessitent une expiration à la fois puissante et prolongée. C’est pendant la durée de cette expiration, que se produit la consonne. Si on raccourcit cette durée au point de l’annuler, la vigueur de l’articulation, quelque puissante qu’elle puisse être, ne servira à rien. Ces consonnes ne porteront pas , suivant l’expression usitée chez les artistes.

1. Nous pourrions citer encore comme exemple de transposition de consonnes l’erreur que font les Auvergnats. Ils diront : peindre avec un pain chaud (pour pinceau et par contre : manger du pinceau pour du pain chaud). Mais cette erreur n’est pas de même nature que celle que font les Alsaciens. Elle résulte d’une confusion entre les sifflantes S et C H et ne touche en rien à la préparation nasale.

PRONONCIATION

ARTICULATION

En résumé, pour les consonnes du premier groupe, détente rapide et d'un seul coup.

Pour celles du second groupe, appui vigoureux du souffle et durée de cet appui.

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