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Le héros était magnanime

Dans chacune de ces phrases les mots forment un tout complet et il importe de ne pas les séparer en un endroit quelconque par une respiration intempestive. Mais supposez que du premier exemple on fasse ceci :

Hamilcar sauva Carthage attaquée par les mercenaires.

Cette phrase, si elle était mise en musique, serait probablement trop longue pour qu’on puisse la chanter d’une seule respiration; il faudra donc la couper quelque part. Conformément au principe posé plus haut, on laissera unis les mots Hamilcar sauva Carthage qui forment un sens complet et on respirera après Carthage , attendu que les mots qui suivent ne sont qu’une incidence destinée à commenter le premier groupe.

Il en sera de même pour la deuxième phrase si on la modifie ainsi :

Les Romains se destinaient à la guerre par une sorte de tradition nationale.

La respiration facultative se trouve tout indiquée après le mot guerre.

On pourrait ainsi multiplier les exemples à l’infini. En tout cas en voici un, tiré de Faust , que nous transcrivons avec la musique, ce qui rendra l’explication encore plus nette :

FAUST (GOUNOD) 5 'Acte

—m la - r *

Que ton i - vresse é - tout- fe les re .

. mords dans son cœur en.chan . té

C’est en vertu du même principe qu’on peut souvent respirer avant le pronom qui ou la conjonction que.

Exemple :

LES MOUSQUETAIRES DE LA REINE i HALE VY )

litJ*-

asti

Cachez le trouble qui rn’op- près - V*

PRONONCIATION

ARTICULATION

Evidemment dans cet exemple il vaudrait mieux ne pas couper la phrase musicale, si c’est possible. Malheureusement, outre qu’elle est assez longue comme durée, elle contient vers la fin une note élevée qui doit être chantée avec chaleur et vigueur. Or, on sait qu’à la fin de la respiration, le souffle, quoique pas encore éteint, manque de muscles (si je puis m’exprimer ainsi) et n’a plus suffisamment de vie pour donner au son l’éclat qui peut être nécessaire. C’est le cas ici. Dans ces conditions, je n’hésite pas à conseiller de prendre une respiration supplémentaire, ce qui après tout vaut mieux que de donner à l’auditeur l’impression de la fatigue ou même de l’impuissance. De deux maux, je choisis le moindre.

Voici maintenant d’autres exemples qui montreront qu’on peut placer une respiration facultative avant les mots comme, et, et en général avant toutes les conjonctions.

SAMSON^ET D ALIL A^(SAIKT-^>AEX5) ^ ^[ J j

Mon cœur s’ouvre à ta voix comme s’ouvrent les fleurs

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