‹ Le chant moderneChapitre 16 sur 34 · LA FILLE DU REGIMENT (DOXIZETTH · texte numérisé non relu

LA FILLE DU REGIMENT (DOXIZETTH

Par le rang et par l’o-pu len ce

Je n’ai pas complètement terminé mes observations au sujet des respirations facultatives. Car il peut très bien arriver que, même débarrassée de ses incidences, la phrase type dont nous avons parlé (c’est-à-dire celle qui est seulement composée d’un sujet, d’un verbe et d’un complément) se trouve encore trop longue pour pouvoir être dite d’une seule respiration. Cela se comprend du reste si l’on remarque que le sujet et le complément peuvent être tous deux suivis ou précédés d’un adjectif et que le verbe peut être lui-même représenté par la réunion de deux verbes.

Ainsi une phrase très simple comme :

Le héros sauva son amante.

peut devenir au moyen des additions citées plus haut :

Le courageux héros parvint à sauver son amante fidèle.

De même les incidences, détachées de la phrase principale, peuvent être très longues et dépasser la durée d’une seule respiration.

Dans ces conditions les règles énoncées par nous ne suffisent plus et il est évident qu’il faut couper la phrase (ou le membre de phrase) quelque part. La coupure ainsi produite sera certainement incorrecte, mais, en présence d’une impossibilité matérielle absolue, on la tolère, à condition bien entendu qu’elle soit placée à l’endroit le moins mauvais.

La question se trouve donc ainsi posée : où se trouve cet endroit que l’on peut appeler le moins mauvais et comment peut-on en effectuer la recherche?

Pour éviter toute indécision, j’ai dressé le tableau progressif suivant :

1 Séparer le sujet du reste de la phrase;

2 — le verbe du complément direct (s’il est actif);

le verbe du complément indirect (s’il est neutre);

3 — le substantif de l’adjectif;

4 — la préposition des mots qu’elle détermine;

5 — Varticle ou Vadjectif possessif du substantif 1 ;

6 — deux syllabes du même mot.

A la lecture de ce tableau on se rend tout de suite compte que la séparation dont il est question au no 1 est la plus tolérable et que celle du no 6 est la plus mauvaise, en passant par une gradation progressive.

Ceci posé, pour trouver la place d’une respiration facultative on examine au point de vue grammatical la phrase 2

1. On peut ranger dans le même cas la réparation du pronom personnel et du verbe comme dans je pleure.

2. Je parle, bien entendu, d’une phrase déjà débarrassée de ses incidences.

PRONONCIATION

ARTICULATION

(ou le membre de phrase) que la nécessité nous force à couper, et on voit si elle comporte un sujet, un verbe, un complément, etc., ou bien seulement une partie de ces termes, de manière à juger exactement à quel cas elle se rapporte. On comprendra facilement que si le membre de phrase à couper ne contient pas un sujet, le n° 1 ne peut être applicable; on se rabattra alors sur le no 2. S’il n’y a pas de verbe non plus, on éliminera ce cas et ainsi de suite en suivant le tableau jusqu’au bout.

Voici quelques exemples :

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