LE CHAM TU EMU M
Eh bien ! l'un ri l'aiitic se Irompcnl l'I tronipciil \v public.
M'"" Viardot contait à M. de Ciirzon, de (jui inuis tenons Tanecdole, que, pendant une saison itaUennc, elle logeait dans le même hôtel que Tamberlick, célèbre par son ut « de poitrine ». De sa chambre, la grande cantatrice entendait le fameux ténor exercer sa voix et donner dix, «juinze, vingt fois de suite, avec la plus grande facilité, la terrible note qui faisait sa gloire et (|ui, le soir, devant le public, semblait lui couler un elfort, exiger une dépense énorme d'énergie et donnait l'impression d'une véritable acrobatie.
El, comme elle faisait part de son étonnementà Tamberlick, celui-ci confessa : (( (^ette dépense d'énergie est feinte. Si je donnais ma note sans dilliculté visible, le public ne s'apercevrait pas que c'est là, enfin, rut(|u'il alleud, et... je n'aurais aucun succès ! »
Malirré son réel talent el sa voix extraordinaire, Tamberlick avait cru nécessaire de l/oiujier la public.
Il n'est de bons chanteurs que ceux qui, par une large inspiration et une siire distribution de leur souille, une « attitude » générale, une articulation parfaite ne révèlent aucun effort, peuvent, dans le plein et libre épanouissement de leur fonction, prendre confiance en eux et faire partager celte confiance au public.
Et voila, peut-être, une leçon de cluuil.
.. Mais n'anticipons pas :
Le ch.vnt THK.VTii.Ki. comprend l'étude de deux éléments distincts, et, néanmoins, inséparables :
i" Lri partir tcc/inirjKc : mécanisme du ciKiiil, li'avail du claNicr vocal, élude appli<iuéc aux moyens de réaliser les autres éléments, c'est-à-dire d'assurer les attitudes vocales qui permeltronl à l'artiste de rendre, sans souci matériel, la juste expression ressentie par lui : Lk ch.vxt méc.vxiqie :
■A° La partie iiilcilecliiellc, si vous voulez, ou travail pro|)re à développer la mentalité de l'élève, à éclairer son goùl musii al et littéraire, à l'inilier aux .sli/les, à lui révéler la psychologie de ses personnages, l'emploi des accents, des valeurs, des couleurs. Enfin l'étude scénique, ou scénologique, ou scénograplii(|ue, ou callislhéniquc, comme on voudra l'appeler, c'est-à-dire celle des mouvements extérieurs (|ui servent à donner l'apparence physique des personnages, àoblenirla vérité... disons Villiisinii tluiilrale ; ratlilude. le geste, la physicjnomie : Le cm.vnt \iitistiqie.
Programme aussi varié <pie cojtieux, exigeant, mènu> des mieux doués, une volonté plus grande qu'on ne se plail à l'imaginer.
Dès lors, mettons-nous au travail.