LE CHANT MÉCANIQUE
L'EDUeHTION DE L'CREILLE
<i ("i' qiip Ion sait li' moins, c'osl le commcncemcnl. a
Poun onseignoi" le chant, on sadresse d'abord à l'oreille. Avant l'instrument vocal, rinstnimcnt aiidilil. Pour exprimer, il fanl d'ahord éprouver. Pour chanter, il faut d'abord entendre.
Les sourds-muets ne sont muets que parce cpi'ils sont sourds. L'enfant n'apprend à parler (|ue par la reproduction de ce qu'il entend. Si un accident le rend sourd, il perd \)ou à peu l'usage de la parole.
Le fonctionnement de l'appareil phonateur est donc étroitement lié à celui <le l'appareil auditeur.
Songeons, d"ai)()rd, à l'éducation de l'oreille.
L'oreille |)('ul entendre trois sortes de sons : les bi'uils, la parole, les vibrations musicales.
L"S hriiils sont produits par des vibrations continues, irrégnlièrcs, non périodi(|ues.
f.a parole par des vibrations disconlinucs et irrégidières.
Lfs K'ihi'dlioiis iniisicalcs par des vibrations continues, régulières, périodiques.
Seules, les (jualités d'un son musical nous intéressent. Les voici :
/m durée: nn son n'est ]kis instantané; sa production dure pendant un temps plus ou moins long: Si, par exemple, on prononce successivement et très rapiilemcnt les voyelles I, E, .A, on peut constater (|ue I dure 9;'54 de seconde, E o.ïi-f, \ 4, ■^4-
L'iiilciisité fait (|u'un son est perçu plus ou moins fort à une distance plus ou moins grande. L'intensité dépend : i" des diinriisioiis dit corps sonore (le son d'une cloche a plus iriiilensité (|uc celui ilune conle, aussi renforce-t-on le son d'une corde île violon par la caisse de 1 instrument^ ; a " r/c l'amplilndt' des vibralioiis (l'intensité est |>roportionnelle au carré île lamplilude' ; S du milieu (imbiant (les sons se propagent moins dans l'air comprimé, les liquides, les solides ipie dans l'atmosphère) ; 4" '/'' l'i distance (l'inlonsilé du son perçu est en raison inverse du carré de la dislance à laquelle on se trouve du corps sonore).
LE CIIAST THEATRAL
La hauteur est la tonalité plus ou moins élevée dans la gamme musicale. La hauteur dépend du nombre de vibralions produites en une seconde. Pour classer les sons d'après leurs hauteurs, il fallait convenir d'un point de comparaison : en France, on rapporte les vibralions musicales au diapason donnant 4^-> vibrations doubles à la seconde ; c'est la note dénommée la normal, ou la".
Le timbre, ou caractère du son, formé par les sons harmoniques qui se produisent en même temps que le son fondamental.
Tous les sons se divisent en audibles et inaudibles : lesaudibles se divisent en non musicaux et musicaux. Une gamme est une série de sept sons qui se distinguent entre eux par le nombre de leurs vibrations.
En partant de la gamme 3 qui contient le la^ normal, chaque gamme a son numéro de classement au-dessus ou au-dessous de trois — au-dessous de 1, les indices sont négatifs.
On mesure la hauteur du son, c'est-à-dire le nombre de vibrations à la seconde, soit directement (méthode graphique), soit par l'unisson avec un corps sonore dont on connaît le nombre de vibrations (sirène, diapason).
« Le son se propage par des vibrations de l'air et non par des transports d'air. Il se réfléchit (écho, acoustique des salles) et se réfracte comme la lumière.
La vitesse du son dans l'air est 333 mètres par seconde, environ.
La vitesse d'un vent qui renverserait les édifices les plus solides serait de 5o mètres environ à la seconde » '.
De ce qui précède, nous concluons que l'amplitude des vibrations fait l'intensité du son; leur vitesse, sa haiileur. Inutile de s'attarder à ces deux (jualités que tout le monde perçoit naturellement. Il n'en va pas de même pour la plus importante de toutes : le timbre, qui donne au son sa particularité, (|ui individualise la voix ; curieuse impression, sensation étrange d'où se dégage, si l'on peut dire, la uummic, la teinte, le coloris.
Etudions le timbre.
Les dé(!ouvertes de Helmholtz, contredites ensuite, suscitèrent de nombreux travaux sur le phénomène du son. Ces travaux ont opéré dans l'élude de l'acoustique une véritable révolution. Ils intéressent non seulement la physique, mais encore l'esthétique, et appartiennent au domaine de larl, autant qu'à celui de la science.
On formula que le son doit être considéré comme un mode particulier des mouvements moléculaires ; et, de cette formule un lira naturellement des conséquences que les mathématiques n'avaient pu préciser. On découvrit le secret du timbre; on décom|)osa le son le plus complexe; on établit que, dans la nature, il n'y a point de notes simples et que ses bruits sont tous des accords. On démontra comment l'oreille humaine analyse les perceptions sonores et de quelle façon des impressions multi|)les y déterminent
1 t)' .M«r»ge.
LE CHAST THEATRAL
l'unité de la sensation ; enfin, une à une, de l'analyse même des sons sortirent les lois complexes, jusqu'alors tout empiriques, de l'harmonie. « Ainsi agrandie, l'acoustifiue n'est plus cette science aride et banale dont les rudiments se trouvent encore exposés sans art dans les traités de physique' »
S'il était besoin de preuves pour faire comprendre que la matière n'est point continue, mais (|u'elle est composée de parties, il suffirait de citer le phénomène du son. Dans un corps sonore, qu'il soit solide, liquide ou gazeux, toutes les molécules se déplacent et entrent en vibration. Nous avons vu que, si ces mouvements sont confus, de durée ou d'intensité inégales, on n'entend qu'un hruit, s'ils sont rythmiques, et, pendant quelque temps, semblables à eux-mêmes, on perçoit un son.
Tout le problème, pour nous, iloil se poser dans la manière de percevoir ce son et d'en dégager le timbre.
Prenez une corde de piano, par exemple, accordée à une certaine note, que nous nommerons son fondamental; frappez celte corde, et bientôt, outre la note fondamentale, une oreille fine ou exercée saisira la résonance de plusieurs autres noies, plus élevées et plus faibles, sorte de complément sonore qui composera comme un accord lointain, formé par un ensemble de notes harmoniques.
Ce sont ces harmoniques qui donnent le timbre.
Dans les instruments à cordes, elles sont |)lus faciles à saisir (|ue dans les instruments à vont, surtoiitdans l'inslruniont parexcellence, la voix humaine, la plus riche, pourtant, en harmoniques.
Nous n'avons pas l'habitude de telles analyses. Le son de la voix humaine nous parait si naturel, nous sommes tellement accoutumés à l'ententlro, <|ue notre esprit se refuse à ce travail... indispensable au chanteur.
Le D' Castex, à «l'oreille de Denys », à Syracuse, pendant (|ue le custode faisait l'accord parfait majeur, entendit la tierce au-dessus de la note la plus haute.
Mais tout le monde n est pas égalenienl accessible à celte perception; car c'est là une qualité spéciale, nullement en rapport avec la finesse ordinaire de l'audition.
Il existe, sans (|u"oii y puisse rien corriger, une inégalité native entre les individus.
(Quelques-uns, avec l'ouïe la meilleure du monde, seraient incapables de distinguer un ton d'un autre, ime note basse d'une note élevée. Ni traitement