I.F. CHAST Tin-ATHM
« Et le soir même », ajoutait Goiinod, en prenant, avec; amour, une prise de tabac, « le soir même, les peintures étaient achevées. «
Mais revenons à notre sujet.
L'oreille est ce bizarre petit appareil que nous avons décrit dont l'extérieur n'est qu'un simple porte-voix, dont tout le secret est au dedans Elle jouit de cette merveilleuse propriété de reconnaître, dans un son qui frappe ses parois, les ondes particulières qui composent ce son. L'onde totale est perçue à l'extrémité de l'appareil, où l'oreille en décompose les sons.
Le clavier nerveux est considérablement plus riche f[ue les claviers ordinaires ; ceux-ci n'ont que quatre-vingt-quatre notes, tandis que l'oreille en a des milliers. Aussi, avec quelle merveilleuse facilité elle peut saisir les plus extrêmes délicatesses d'im son ! N'avons-nous pas, gr;\ce à celle finesse, la faculté de reconnaître les personnes sans les voir, rienciu'au son de leur voix ? Ne peut-on pas, à certaines particularités, deviner le sexe, l'âge, la nationalité d'un individu '^ L'émotion de la voix humaine n'a-t-elle pas sur nous une puissance irrésistible? Tel orateur entraînera son auditoire par un discours dont une simple lecture accuserait la médiocrité. Telle comédie que nous avons lue sans éprouver la moindre émotion, nous tirera les larmes lorsque nous irons l'entendre au ihéAtre, mise en valeur par des comédiens. Il y a là, évidemment, une part qu'on doit attribuera la diction même, mais plus encore au charme de la voix humaine sur notre oreille ; ce charme est, peut-on dire, communicalif.
Que de fois ai-je entendu, en Italie notamment, où le public est, plus qu'ailleurs, sensible à la beauté du son, des chanteurs applaudis à la fin d'un morceau qu'ils n'avaient pas toujours rendu avec une irrépro(;hable justesse d'intonations, mais où ils avaient déployé toutes les séductions d'un organe riche. Au Conservatoire, l'un de mes camarades de classe était, en chantant une jolie phrase, à ce point ému par le timbre de sa propre voix, que ses yeux s'emplissaient de larmes. Et, plus tard, à l'Opéra-Comique, l'un de nos collègues disait, modestement, à qui voulait l'entendre : « Ma voix ne charme pas que le public, elle charme aussi mou oreille. Je me fais plaisir à moimême! » Or, c'était fort juste.
Cela me rappelle ces deux élèves, disparus depuis, (|ui étonnaient leurs camarades par l'étalage de leurs qualités vocales, et qui, se rencontrant dans la cour du Conservatoire, s'abordaient ainsi : « Mon cher, j'ai travaillé ce matin : ma voix est si belle que c'est du miel dans mon oreille !» — « La mienne est si puissante qu'elle m'étoulVe !.. »
... Nous avons donc à notre disposition le plus sensible des mécanismes. Elforçons-nous à éduquer une oreille saine et normidiMuent consliluée, à développer un entenilement musical et vocal.
Cette étude devant avoir pour résultat d'aplanir toutes les ditlicultés du mécanisme et de diminuer la durée des études est la première dont le chanteur doit se préoccuper. C'est elle )|ui ouvrira à l'élève des hori/.ons artistiques sans bornes .. De l'oreille, on peut tout attendre : sans elle, rien
LES ©RGflNES PHONATEURS
La voix est étroitement liée à la slriicUire physique d'im sujet, à i'héi-édilé, à l'anatomie, à l'ethnologie.
Oui, à l'ethnologie : les races d'iiulividiis dont les ravités du rràne sont mal développées, ont des voix à résonance défectueuse. La similitude du timbre dans les familles est expliquée par la similitude des cavités, soit (|ue ces ravités soient naturelles, soit que, par imitation, il y ait, ])armi les parents, similitude des notions A'ciUiludes qui contrilnicnt à donner leurs formes aux cavités. Le langage influe sur la qualité de la voix, le climat sur son développement. Les peuples latins sont, à cet égard, singulièrement favorisés : leur langage contient des voyelles sonores, et, sous le soleil, ils ( iKiiitcnt eii plein air, s'exerçant ainsi, sans y penser, à amplilier, à timbrer des sons. Tout le monde sait que l'Italie regorge de belles voix. « Ils n'en ont pas en Angleterre '.. «
Malgré les progrès récemment accomplis, la physiologie — de l'aveu même des s[)écialisles — est remplie encore d'obscurités.
Ayons donc recours à l'anatomie, à l'anthropologie, la(|uelle sans doute, est philosophi(|ue, mais fournit des données jirécises, positives, scientifiques. Elle répond aux sujets (|ni viennent de la nature. ICile apprend les origines des choses naturelles et les découvre jus(|u'à ce (|ue nous tenons pour surnaturel. Avec elle, nous nous rions des cngourniciils et des parti pris, car elle est soucieuse de l'immuable Vérité.
Or, avec les dernières données analomi(|ues, c'est-à-dire de disscclioii, on aurait les matériaux pour ériger une sorte de sltiliiairr du c/itiii/fiir. (jui insérait autre, en la fouillant bien, ipie la slnliiniir linnidiiir La statuaire du chanteur est la statuaire idéale.
' I,r prli-hrr llii'iUro «li- ("ovrnl-r.ardfii fut, di-piiis sn rrralion, orriipô par îles Irunpps iUlipiini'B (Roynl llHlinn Oprni). jusqu'en 1889, où il «loviiil uni- «orne Iriiiico-itiilliMiur; qui-lqui-s aiiiiiTH plui lard, on y inU-mluisil ili's rcpri-aiMilalions allcui»uilr». iiiaiH f.iuli- «liiilcrpri-IcM. loulo» li'i li'ntaliti'H I rliKiiiriiil p:ii- l<'->.|iii'lli'!< on essaya il\ iiilrimitiT la lani;ur iialioiinlo ..