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C'est dire (iiie le «lianl est un aUril)iit siiprèine de Tlioinme, i-ésiiltat indirect de la station bipède, comme, peut-être, l'inlelligence elle-même.
L'anatomie du chanteur consiste dans la corrélation orf^anique mettant en concordance le développement de l'appareil phonateur avec la croissance totale du système musculaire dont il l'ait partie, système déjà établi sous la dépendance de l'équilibre originel ou artiliciel du squelette.
Mais remontons... au déluge — et même un peu plus haut. .\u règne des êtres muets, des animaux aquati(|ucs, succède le règne des animaux terrestres, des reptiles qui sifflent, des oiseaux qui chantent. Pour s'adapter à la respiration aérienne, les branchies des poissons deviennent les arcs branchiaux, forment le tuyau où l'air pénètre, le larynx et les bronches d'où bourgeonnent, en s'accroissant polit à petit, les poumons. En même temps, — et ce fait esi considéral)!e dans l'histoire des êtres animés — les femelles ne déposent plusieurs unifs au hasard, dans un milieu favorable à leur vie, comme l'eau de mer, sur le trajet des mâles fécondateurs. Dans le milieu aérien terrestre, ces œufs auraient trop de chance d'êtrt; détruits Pour la conservation de l'espèce — loi prinu)rdiale — il faut qu'ils demeurent à l'abri dans le corps du procréateur. Les êtres commencent à s'accoupler : le mâle, aux époques du rut, ne trouvant plus sur son passage le ban de frai oii il déposait sa semence, se lamente, appelle la femelle; la femelle va vers la voix la plus forte, la plus belle, la concurrence entre les mâles s'établit qui donne naissance au chant — chant d'amour. Le mâle le plus puissant a la plus belle voix ; car son appel se fait plus impérieux, son larynx se développe, son thorax s'élargit. Voilà créé le type mâle à la poitrine puissante, à la voix grave, et, du même coup, voilà lié, dans la série des êtres, le rapport nécessaire entre le sexe et la voix, d'après lequel les obèses peu sexués ont une voix inattendue d'un timbre aigu, (|ui détermine ce lait si curieux du développement subit du larynx chez le mâle à l'époque de la puberté, produisant les discordances de la mue, qui permet de créer, par une opération, paradoxale en apparence, les castrats à voix féminine de la Chapelle Sixtine, qui explique enfin l'émotiori voluptueuse, si souvent impérieuse, sur la femme, de la voix masculine du chanteur...
Comme il est regrettable (|ue les artistes vivent éloignés des hommes de science. Les lois de la nature embrassent tout : l'ait, lui-même, ce « fils do la fantaisie >>.
..Mais, je voudrais, avant tout, rassurer le lecteur. (Mi'il ne redoute ici ni l'ennui iluiie pesante érudition, ni hi nécessité d'un elTort d'attention trop soutenu. Je n'ai pas l'intention de l'assommer do latin. Il no trouvera dans ce chapitre que des éléments absolument indispensables, tout juste ce qu il est nécessaire de connaître pour nous aider dans notre travail et aussi pour écarter les dangereuses erreurs qui ont cours relativement à la forma-
LE ciiAsr riih.iriiM.
tion des chanteurs. Ne tentons pas de nous improviser physiologistes; les ouvrages techniques ne sont pas rares; j'y renvoie ceux qui désireraient pousser plus avant leurs études.
N"est-ro pas, du reste, à des chanteurs que nous devons les premières recherciies physiologiques elle laryngoscope, l'instruniunt mémo qui permit de faire pénétrer le regard dans l'organe phonateur.' Manuel Garcia fut, en effet, le premier qui se livra à l'étude de l'autolaryngoscopie. L'appareil fut ensuite modifié [)ar Rattaille et Segond. deux chanteurs doublés de médecins... Dès lors, les études sur la phonation se multiplièrent, la lumière se fit et voici que l'on commence à dégager des données précises.
Quelques amateurs pensent qu'il est inutile, pour bien chanter, d'étudier la physiologie des organes phonateurs et qu'il est superflu de faire intervenir la science dans un art qui semble pre.sque exclusivement d'intuition.
Ce sont des esprits retardataires. De ce qu'une science n'a pas dit encore son dernier mot, il ne s'ensuit pas qu'on doive la rejeter. Si les connaissances anatomiques no font pas les bons chanteurs, l'ignorance peut en faire de mauvais. ÎVe faut-il pas. au moins, (ju'on sache, à peu près, comment est construit l'instrument dont on se sert.'
Le docteur .Nuvoli, de Milan, a constaté, dans sa pratique, que nombre d'artistes n'avaient aucune notion de l'organe auquel ils devaient leur réputation; il ajoute qu'il a vu quantité de chanteurs cpii fussent arrivés à la gloire, s'ils n'avaient été instruits par dos maîtres dont la méthode était purement empirique'. N'est-ce pas Duprez qui affirmait : « Il n'est pas plus besoin au chanteur j)oiir chanter de connaître l'anatomie de la voix qu'au poète pour faire des vers la physiologie cérébrale. » Obin disait toujours : « Vous n'avez pas plus à vous occuper des organes de la voix que la danseuse ne s'inquiète des muscles qu'elle met en mouvement, lorsqu'elle exécute un pas ». Mais Obin, qui fut un grand artiste et un professeur énergique, était " du temps » de l'oncle .\uma et sa théorie ne serait pas digne de notre épocpio.
El puis. et puis, la mentalité des chanteurs, leur esprit, leurs mu-urs nous permettent de suspecter toujours un peu leur sincérité. On a le droit de penser, lorsqu'on a vécu dans le nioiuie des tiié.'itres, (ju'il suffit que tel artiste on vogue émette une opinion pour (|mo son rival — ou celui (|ui croit être son ri\al — se déclare immédiatement île l'avis contraire. C'était assef que Battaille se fût livré i\ de précieuses études physiologiques pour que Obin en proclamât l'inanité.
De nos jours, cotte opinion est plus répandue encore (|u'oii ne l'imagine. Et voilà l'incuraiile état d'esprit qu'on généralise : un exemple de paresse, le désir de fermer aux autres ce que l'on n'a pas eu soi-même le courage de connaître et de savoir.
Je suis renseigné. Plusieurs artistes m'ont confessé qu'ils avaient Ira-
' Combien J'autrvs dont la voix • nialrocnoc u oA( <.-té sauvée p.ir un rnirignrnient <!rlairo.
LU CllASr llll-MliM.
vaille d'inluition, sans s'occuper jamais de leur inslrumeiit et qu'ils étaient (iomeurés dans cette ignorance jusqu'au jour où les falif^uos du théâtre, des accidents, des maladies, les avaient forcés à consulter un médecin; que, là — là seulement — ils s'étaient familiarisés avec le nom cl la fonction des organes dont ils se servaient depuis longtemps et s'étaient rendu compte de leurs erreurs physioloii^iques. Eli bien! c'est tout sim|)lcnient slupélianl. Cette indifférence, d'abord, est admirable, — et où la nature fut plus adiuirable encore, ce fut en douant ces (dianteurs de telles voix qu'elles pouvaient se |)assor <le lout... jusqu'au jour où le » malnienage vocal », selon l'expression de M. le 1)' (]astex, les londuisail cIh'/ le bon médecin. .
Les illustres Rubini et Nourrit n'avaient, [)arailrait-il, sur l'appareil vocal, que des idées très vagues. C'est peut-être vrai; mais des notions précises pouvaient-elles leur nuire ? Ils avaient eu la chance de naître doués de maîtresses (|ualités artistiques et aussi d'une anatomie spéciale. De telles exceptions ne doivent pas nous servir d'exemples et ne peuvent que confirmer la règle propre à tous les talents moyens. (]es merveilleux artistes brillèrent d'un éclat parti< iilier; mais, en raison mèmi; de leur rareté, ils ne firent pas monter le niveau artisti(|ue. Considérons-les comme des phénomènes — des phénomènes « de leur temps ». Surtout ne les imitons pas.
Il est au moins inutile de perpétuer des méthodes empiriques qui sont cause de tant de maux; avec les actuelles connaissances, on abrétrera la période du travail mécani(|ue <'t l'on se consacrera longuemenl aux études artistiques que notre épo(|ue exige plus complètes. Pourquoi tâtonner (juanti la science peut é<;lairer notre route.' La machine vocale se gouverne parla volonté. Il en faut connaître les rouages et le fonctionnement normal.
Ceux (|ui jugent superllu d'encombrer le bagage de l'élève ne pourront nier, toutefois, ((iie les professeurs avisés ont besoin tl'ètre instruits avec soin de tout ce (jui constitue l'appareil vocmI, des moililicalions qu'il subit dans les dillérentes [)liases de la phonation, de ce <|u'il en faut craindre, de ce <|u'on peut lui denuuider. En un mot, ils doivent connaiire les moindres causes des moindres effets.
Se confierait-on à un médecin que l'on saurait ignorer l'anatomie et la |)liysiologie ^ i'-sl-il plus raisonnable de se livrer à un professeur non instruit des lois naturelles ([ui gouvernent les délicats organes vocaux? Comment le maitre pourra-l-il combattre les imperfections et les <léfauls de la voix, s'il ignore oii se trouve le siège du mal.'
Ne doit-il pas, avant tout, connaître les lois <|ui régissent la voix au point de vue physiologicpie et acoustique .'
Car il n'est pas douteux que l'ignorance île ces notions ne soil la cause de nombreuses maladies.
.vW*-^— . "1/..
a. Sinus frontal.
/i. Sinus Kplirnoidal.
f . Mi'al» nmuuj. supcrirur moyen cl inrùrirur
il Oiilicc ili> la trdinpc (l'Iiuslacbc.
e. Piiarvnx-
tf~ Langue.
lig. I.
h, Epiglotic.