‹ Le chant théâtralChapitre 16 sur 52 · LI-: CI/AXr THEATRAL · texte numérisé non relu

LI-: CI/AXr THEATRAL

Nous avons donc, pour ce qui concerne la soufflerie, ù connaître le diaphragme, les poumons, les bronches et la trachée.

Le diaphragme forme une voûte, dont la convexité est tournée vers le haut. Il s insère aux cotes inférieures. Lorsqu'il s'abaisse, il redresse sa courbure en refoulant les organes contenus dans l'abdomen (^l'estomac, l'intestin, le foie, la rate, la vessie) et il augmente la capacité de la poitrine, où les poumons peuvent alors se dilater, de toute la différence de niveau. Tes poumons, il est à peine besoin de le dire, emmagasinent l'air qui leur est envoyé de 1 extérieur, par la trachée et les bronches. De forme conique, la base correspondant à la partie inférieure de la poitrine et le sommet à l'origine du cou, en arrière de la clavicule; ils sont comme une sorte d'épongé qui, au lieu de s'imbiber d'eau, s'emplirait d'air. Ils reçoivent l'oxygène et rejettent 1 acide carbonique. Mais ne nous occupons pas des fonctions vitales qui consistent essentiellement en un échange de gaz entre le sang et l'air; le premier cède les matières excrémentielles qu'il contient et reçoit en retour de l'oxygène frais.

La respiration artistique, seule, nous doit intéresser.

Kig J'.

DÉT.ML. Le LAHY.NX, la TK»i:1IÉK et les CHOSSES BltONCIIEii. vu» l'Ail LEUR fai;e amtéiiieuhe.

(L'angle (le bifurcalion delà Irachcc c»l hcauioup Irop ouvert. )

Les bronches relient les poumons à la trachée dont elles sont comme des subdivisions.

Knfin, la trachée est un tube plaié en avant du cou et descendant dircclemml du larynx, autpicl il est lié, dans la poitrine où il se raniilie en bronches.

Derrière la trachée, en contact avec elle, descend un autre tube : l'irsophagc, qui, lui, traverse le diaphragme pour conduire les aliments de la bouche à l'cstcimac. Ses parois, purement membraneuses, ne s'écartent «[uc pour le passage du bol alimentaire.

' Lf» (igures {, i, 6. -, 8. 9. 10. 11 ol li noiil, avec riiiiloi'i«;ilioii <li- .M.\l. .\l.ii>sou ri C'*, rxlrait* du Traité d analumir Humaine, do Poirier et Cliarpy.

/,/; ClfAST rilEATHAI.

La traclitie, au contraire, est béante ; sa charpente étant formée par des anneaux de carlilage assez rigides pour ne pas se joindre sans une compression et assez élastiques pour reprendre leur écarlement lorsqu'ils ont été serrés ; ces anneaux sont réunis entre eux par une membrane.

La trachée, remarquons ceci, est donc susceptible de subir, passagèrement, de légères modifications de forme, de longueur et de diamètre. Elle est tapissée par une membrane muqueuse, recouverte de cils vibratiles, toujours en mouvement, qui protègent le poumon, en rejetant, vers la bouche, les poussières de lair et les mucosités.

Voilà donc les organes qui nous servent à inspirer et expirer l'air pour vivre, le larynx étant ouvert et détendu. Lorsque nous e.Kpirons pour chanter, nous contractons les muscles du thorax et l'air, passant sur les bords vibrants du larynx, les met en branle et produit la phonation.

Kig. 4.

Cette petite leçon rappelle un peu celles que prend, avec une conviction si bouffonne, l'illustre M. Jourdain. Mais elle est, à dessein, dépourvue de démonstrations savantes et ramenée à la simplicité.

LES VIBRATEURS

l'Uudioiis niainlcnaiil la phunalion et coiuiuençons par l'appareil vibrant.

Le larynx, essentiellement mobile, non seulement dans son ensemble, mais dans ses parties diverses, qui se di-|)lacent en glissant, pour ainsi dire, les unes sur les autres avec le concours des muscles, dans des mouvements de bascule très variés. Ce bizarre appareil, ce merveilleux petit instrument est d'une construction très compliquée et il est indispensable de le décrire avec quelque soin.

Le larynx est formé de différentes pièces cartilagineuses, auxquelles est annexé un osselet et aussi de iiieni!)ranes, de muscles et de nerfs.

i" Le cartilage cricoùle, ([ui en est la base, forme un cercle inintcrrouipii, bcauidup plus

Plaq face

Cyc^

Fi};. •). — I.i; <;AHTii..t<;K ckicoïuk. \'ii |ijM' (Ifviint t'i (l'en liant.

l-'ig. 6.

— Le c.kktilaci: cuicoïoe.

Face posléi'ieure.

élevé en arrière qu'en avant. 11 est lié, dans sa région antérieure, au cartilage thyroïde» — placé au-dessus — par une membrane. Dans sa région postérieure, il supporte les deux cartilage aryténoïdes avec lesquels il s'articule.

■2° Le cartilage thyroïde enveloppe et protège tout le larynx ; il a vaguement la forme d'un b(iu<lier avec une protubérance en avant, la poininc il' Adam.

Il l'orme un cercle interrompu à l'arriére. Nous venons de voir que son bord inférieur est relié au cricoïdepar une membrane; c'est aussi par une membrane que son bord supérieur est uni, en avant, à l'os liyoïde. I'"n arrière, il se termine par deux cornes, en haut, et deux cornes en bas. Les cornes d en haut sont reliées par un ligament à l'os hyoïde ; jiar les cornes d'eu bas, le thyroïde s'articule avec le cricoïde. La membrane crico-lhyroïdienne, c'est-à-dire celle <pii relie le cricoïde au thyroïde, se prête à rapprocher et éloigner alternativenieril ces deux cartilages sous l'action d un muscle spécial, ce qui aide les mouvements des replis membraneux servant à la ph<malion.

Un faisceau musi-ulaire — dont on verra plus loin la très grande importance, le muscle thyro-aryténoidicn — s'étend de l'angle reiilraiil du cartilage thyroïde justju'au cartilage

LE riiAST THi:.\ri!Ai.

aryténoïde. Ces Qbres ont une disposition compliquée; les unes sont attachées à noïde; d'autres, au thyroïde; d'autres encore aux replis vocaux mêmes. Du reste, ce est en réalité attaché à ces replis tout le long de son parcours.

l'arytémuscie

liyoitX

Kig. 7

' Le caktilacl thyroïde Vue antérieure.

Le cartilage thyroïde.

Face latérale.

CovÊ

Fig. 9. — Lk cartilage thyroïde.

Fncc postérieure.

Cc'ianr

3" Les cartilages arytrnoidcs. au noinlirc de doux.

Ils ont la forme d'une pyramide triangulaire dont la hase creuse repose à cheval sur le bord postérieur du cricoïde présentant une jambe qui fait saillie du larynx et une autre qui pend en dehors. A lajauibe inlralaryngée s'insère la corde vocale.

■V' Les cartilages de Santorini. qui surmontent la j>yramide des aryténoides.

5° Vépightte, en arrière de la langue et au-dessus du larynx, qu'elle est chargea de

iK c//A\T riir..\rr,AL

protéger contre rinlrusion des matières étrangères et qu'elle ferme eomplèteinent, ainsi qu'un couvercle, pendant la déglutition, au passage des aliments dans l'œsophage.

G ' Knfin, l'osselet est représenté par l'os hyoïde, qui a la forme d'un croissant dont la

Co. voc. inf

Memb. Maft.

f — C cric.

Lig. cric-

Kig . 10.

Seg.mext inférieur de la membrane élastique du larynx. Vu d'en haut (d'après Luscbka).

convexité est en avant. 11 est lié par son bord inférieur au cartilage thyroïde ; son hord supérieur s'unit aux premiers muscles de la langue, ce qui expiiiiue que les médecins, examinant un malade, lui tirent la langue pour faire remonter le larynx qui se reflétera mieux,

Epigtol.

rijj. li.

OOUI'E FRONTALE u'uN LARYSX DUR<;I DANS l'a|.i:OOL.

(l'ig. Il : Segment postciieur. — Fig. la : Segment nnléiirurl.

ainsi, dans le miroir. Ajoutons qu'on donne le nom de glotte à l'espace compris mtre les cordes Vocales, ou, si l'on aime mieux, à l'enseriihlo de la fente du larynx.

Voyons maintenant les ror(/cs toc<i/cs, aussi mal dénommées <[ue |>ossililc, car elles n'ont nullement la forme de cordes. Ce mot ferait songer aux cordes d'un violon, attachées seulement à leur extrémité et libres sur toute leur longueur; or, il n'en est pas ainsi : ce sont des rubans attachés sur leur bord externe et libres seulement à leur bord interne.

i.F criAyr rrirAinM.

Mais il est inutile d'apporter le trouhle dans notre rapide étude. Il ne nous appartient pas de changer cette appellation depuis longtemps admise.

Les cordes vocales, les deux supérieures ou /'tusses cordes, les deux inférieures, ou vraies cordes (les seules importantes au point de vue de la phonation) sont insérées en arrière à la saillie interne des aryténoïdes. Ku avant et en dehors, le ihjToïde les enveloppe et les protège. Kntre les cordes supérieures et les cordes intérieures se trouve, de chaque côté, une poche nommée ventricule de Morgagni,

Doit-on considérer le larynx comme un instrumenta corde ou un instrument à anche?

L'accord semble à peu près complètement établi sur ce point entre les anatomisles et les physiologistes : le larynx est bien une anche, mais une anche spéciale à lèvres vivantes formées par les deux cordes vocales inférieures et au-dessus de laquelle les ventricules du larynx, le pharynx, les cavités nasale et buccale, les sinus des os de la face forment autant de cavités de résonance destinées à amplilier les sons et à faire valoir le son fondamental et les sons harmoniques. Ce qui distingue le larynx d'une anche ordinaire, c'est que l'écartement, la longueur, la consistance, la li-nsion des lèvres de l'anche peuvent varier dans de notables proportions, grâce à la mobilité des cordes vocales

Ces cordes dessinent l'une avec l'autre la ligure d'un triangle très allongé dont la base est en arrière, le sommet en avant. Par le sommet, elles s'insèrent à l'angle rentrant du thyroïde, qu on peut comparer à un livre ouvert en arrière et placé debout sur le cricoTde qui forme comme une bague sur laiiuelle le thyro'ide s'appuie en avant. Un muscle, le cricoihyroïdien, rattache le cartilage inférieur au supérieur. On conçoit très bien que, lorsque ce muscle se contracte, il fait basculer en avant le dos du livre et détermine la tension des cordes qui s'attachent à I intérieur de ce livre. Aussi, la paralvsie de ce muscle empêche les cordes de se tendre et détermine la raucité de la voix, les cordes vocales sous 1 influence du courant d'air expirateur ne vibrant plus tendues: mais lâches, flottantes.

N'oilà diinc un premier appareil moteur de notre anche ipii en tend les lèvres, ce qui diminue l'amplitude de leurs vibrations et éclaircit la tonalité du son qu'elles donnent.

Mais les cordes vocales, les lèvres de l'anche, ne se contentent pas de se tendre plus ou moins; elles se rapprochent ou s'écartent pour intercepter une fente plus ou moins large.

Ce mouvement, le plus important, est déterminé par un muscle qui fait mouvoir le cartilage où s'attache l'extrémité postérieure de ces cordes, l'aryténotde. Ce cartilage essentiellement mobile peut être comparé, nous l'avons dit. à un cavalier à cheval sur le bord du cricoïde, en face de l'angle rentrant du thyroïde. Le cavalier a une jambe pendant en avant, une en arrière ; la corde vocale s'attache à la jambe pendant en avant, à l'intérieur même de la cavité du larynx, elle s'attache donc à un point essentiellement mobile, car cette jambe peut basculer dans tous les sens : en dedans et en dehors, en haut et en bas. A 1 autre jambe du cartilage cavalier viennent s'insérer des muscles qui. en se contractant, l'attireront également dans tous les sens et feront voyager en sens inverse l'autre jambe, sur laquelle s'attache la corde vocale.

Ces muscles, les crico-aryténoïdiens latéral et postérieur, ont leurs libres dirigées de façon à produire tous ces mouvements, suivant que les unes ou les autres se contractent. GrAce aux contractions, les cordes vocales peuvent se rapprocher ou s'écarter du plan médian, c'est-à-dire intercepter entre elles deux un espace, une fente plus ou moins large.

Voilà donc un muscle qui permet à notre anche de varier de volume, comme l'autre lui a permis de varier de tension.

Kniln, le long de la corde vocale môme, viennent s'attacher les cttrémilés de quelques libres du muscle thyro-arylénoïdien qui. en se contractant, déterminent des dilTéronces de

Il-: ci/.i.\r lUL'AinM.

tension partielles des cordes vocales et la production d'harmoniques. On les a comparées aux doigts du violoniste qui, en se posant en divers points de la corde, en limitent la partie vibrante.

En deux mots, l'appareil producteur du son est une anche vivante dont les lèvres peuvent s'allonger ou se raccourcir, se tendre ou se détendre, se rapprocher ou s'écarter l'une de l'autre, changer de consistance en tout et en partie, grâce à un mécanisme assez simple dans l'ensemble, complexe dans le détail, que nous n'avons fait qu'ébaucher incomplètement pour nous faire plus clairement comprendre.

Dans cet appareil, jusqu'à ce que de nouvelles investigations nous aient fixés indiscutablement, nous pouvons dire que, pour la formation sonore, il y a une collal)oration entre le branle aérien et le branle pariétal.

L'ensemble de ces vibrations donne le son vocal original. Ce son, porté par la colonne d'air d'expiration, arrive dans le pharynx, et Varticulnlion se produit par les mouvements combinés du pharynx, du voile du palais, (1(> la bouche, des dents et des lèvres.

D'où la nécessité pour l'élève — et plus encore pour le professeur ■ — de connaître la physiologie et le mécanisme de ces organes.

Mais, pour que les bords de la glotte vibrent, il faut c|u"ils soient tendus. MuUer l'a prouvé expérimentalement : il a obtenu des sons en faisant passer un courant d'air dans un larynx dont les cordes vocales étaient tendues par un poids fixé, au moyen d'une ficelle, en avant du thyroïde.

Quel peut être l'agent de (;ette tension, si ce n'est l'élément contractile représenté par les divers muscles du larynx, lesquels, pour la production des sons, directement ou indirectement, impriment à la glotte des modifications d'ouverture et, en même temps, de consistance.

Avant daller plus loin il faut connaître la structure des lèvres de cette glotte qui constitue un véritalile /«a/zv/wc;// // fiiir/ic membraneuse.

Ces lèvres sont formées de trois tissus qui, de la superficie à la profondeur, sont :

1* Une muqueuse, indéniablement impropre à se tendre et, par conséquent, à vibrer, ne pouvant être qu'un tissu protecteur;

■i" Une partie ligamenteuse, improprement appelée for</c coca/c. Cette partie est formée d un tissu élastique composé de fibres non reclilignes mais enchevêtrées en tous sens, c'est-àdire incapables d'une tension propre.

J° Un tissu musculaire (muscle thyro-aryténoïdien) tpii constitue la partie essentiellement active, susceptible de tension propre, ' et que l'on peut regarder connue la vraie corde vocale, le véritable instrument vibratile, qui donne aux lèvres de la glolie la consistance et la tension suKlsantes.

Car, nous l'avons dit, la muqueuse, seule, serait impropre à vibrer. Le tissu élastique est dans les mêmes conditions; mais il est toUemcnl uni au tissu musculaire (|u'il entre en vibration en même temps que ce dernier. Par

' L'n iiiicirn iiiiiilomislc, l'iibriro (l'AqiiapcniIrnlc, a. ilopiiis I(>ii^lfiii|i8. ilomontn- que fortaino» libre» du iniiscl)' ihyro-aryli-iiuidicn passent liorizoïilalcmonl ilaiis lo» cordo» vocale».

/./: CllA^T THE Ain Al.

sa nature élastiiiuo, « il sert d'inlermécliaire entre le muscle et la muqueuse ' », et, à chaque contraction, cm|)èche celle-ci de se plisser et d'altérer le son.

Ainsi constituées, les lèvres de la glotte peuvent entrer en vibration, et, grâce aux ventricules du larynx, elles en ont toute liberté.

Ce (|ui démontre le peu d'importance, dans la phonation, de la partie superficielle (muqueuse), comparée aux parties profondes (tissus élastique et muscidaire) c'est le témoignage d'artistes à (|ui, au cours de leur carrière, il est arrivé de ne pouvoir chanter alors que, le pharynx étant intact, rien sur les cordes vocales ne justifiait cette indisposition. D'autre part, il se trouve fréquemment qu'un artiste a les cordes rouges, c'est-à-dire dans un état très prononcé d'inflammation, sans que sa voix en soit pour ainsi dire altérée.

Le muscle thyro-aryténoïdien joue certainement le principal rôle dans la phonation; mais il a besoin du concours de tous les autres muscles du larynx, même du cric'o-thyroïdien, ilont on a contesté l'importance et dont le rôle consiste à immobiliser le cartilage thyi'oïde et à offrir ainsi un point d'appui fixe aux insertions antérieures du thyro-aryténoïdien'.

Voici qui le prouve : si l'on coupe le nerf laryngé supérieur, qui fait mouvoir seulement le muscle crico-tliyroïdien, la voix devient rauque.

Aux autres muscles est dévolu le soin de graduer l'écartement des lèvres de la glotte, en agissant sur les cartilages aryténoïdes oit se font les insertions postérieures du muscle thyro-aryténoïdien.

Aussi, peut-on dire que le son est le résultat de l'action synergique tie tous les muscles et que l'absence du son, l'aphonie, dépend beaucoup moins de l'état de la mu(|ueuse que de la paralysie partielle ou complète, momentanée ou définitive de l'appareil musculaire.

Une récente expérien(;e de M. le D' Marage l'aflirme dune façon péremptoire : dans un larynx mort, il fait contracter les muscles par l'électricité et il obtient toutes les modulations, les plus fortes comme les plus douces de la voix de l'animal.

1-e larynx est innervé par dmix nerfs <|uo l'on |)iiuiTait appeler : nerfs i'ocuhj- puisque la pi'i)duclioii des sons au niveau de la gtoUe est sous leur dépendanee.

Le lari/ngc .i(i/ii'iieiir, qui donne la sensil)ilité au larynx el le luouvcHienl au muscle ciieo-lliyroïdien ;

1-e lari/iiffc in /'(■rieur qui innerve tous lesautres muscles.

Ils naissent tous deux du nerf pneumogastrique; mais les expériences tendent à démontrer que le laryngé intérieur ne serait qu'une partie de la branche interne du nerf spinal qui, à sa sortie du crâne, s est conl'ondue avec le nerf pneumogastrique.

("ette origine présente un gr.uid intérêt, car la br.mche externe du nerl spinal va se ramifier dans certains muscles du cou et sert à la mimique des épaules et de la tète, ("e nerl a donc une double fonction artisli(|ue.

' Kiiss.

'' Exacteiueul coinnie le l'ait t'asttinialiqiie lorsque, pour donner un point d'appui lixe ^ ses muscles inspiiMleurs. il iiiunubilise ses liras en se L'raiiipoiiiiant. par exemple. ,'« ini meuble

/./;" ClIAST IIIIXIHM.

De plus, la bran;;he externe du spinal remplit encore un autre rôle, celui de régler l'expiration pendant le chant, c'est-à-dire d'entrer en lutte avec les muscles qui tendraient à affaisser la cage tlioraiique et à laisser échapper tout l'air emiuagasiiié. (let antagonisme a été appelé par Mandl : ia lutte vocale.

11 mesure donc l'écoulement de l'air, suivant les besoins nécessités par les sons formés dans la glotte. Il est le régulateur de la soufflerie.

Quant à l'action des muscles , elle est extrêmement compliquée : variable, combinée en tliverses parties, coordonnée et appropriée à chaque attitude de la phonation. Il faudrait, pour en démontrer l'imporlance, ou seidement pour indiquer les difTérenls jeux de bascule cpi'ils impriment au.x diverses pièces du larynx, se livrer à une étude très approfondie que nous n'avons pas l'intention d'entreprendre. Ce que nous avons révélé suffira pour instruire le chanteur et inciter sa curiosité ou son désir de connaître mieux l'instrument dont il se sert et d'oii dépendent ses joies artistiques et... sa situation.

Quelques esprits superficiels déclareront l'inutilité d'un pareil travail; dédaigneux de leur opinion, portons nos ellorts vers ces intéressantes et dilliciles questions, oii la lumière, encore, n'est pas complète et où l'expérience personnelle d'un artiste, les études cliniques d'un |)rofesseur de chant (car donner des leçons, c'est faire de la clinique) pourraient corroborer les recherches des physiologistes.

LES RESOXNaTECRS

(?«e l'orj pourrait moins improprement appeler des amplificateurs phoniques, car le véritable résonnateur, c'est la salle de ifjéâtre.

.Nous arrivons sur un terrain plus facilement explorable ; disons, tout (le suite, que, dans le chant, l'importance des résonnateurs est plus grande que celle des vibratcurs. Le larynx ne donne pas une grande sonorité propre. II donne le branle aux parois des cavités. Avec un petit larynx et de vastes cavités pharyngiennes, nasale et buccale, on obtient une voix ample. Cela revient à dire qu'il sullit de bons résonnateurs pour avoir une bonne voix. Un larynx privé de ses résonnateurs ferait I effet d'une clarinette dont il ne reste que l'anche.

Si les poumons règlent l'intensité, si le larynx forme le son, les chambres de résonance donnent à la voix sa qualité particulière. Autrement dit, le son formé par la poussée d'air, passant sur la glotte, est modifié par les résonnateurs. C'est à eux qu'est due la qualité si essentielle du limbre.

Parmi ceux-ci : la trachée, les bronches, le poumon et la cage thoraciqiie dans lesquels se répercutent les sons laryngiens ; mais, la véritable amplifîcation se fait au-dessus du larynx. Une obstruction du nez, une irritation du palais, une perforation, une paralysie de ces organes, une sinusite font éclater ces vérités.

Voici les principaux résonnateurs sus-laryngiens :

Les i'entrictiles du laryn.i: ou de Morgagni.

Ces ventricules se trouvent entre la corde vocale supérieure et la corde vocale inférieure et se présentent sous l'aspect d'une l'ente elliptique, allongée dans le sens antéro-postérieur. s"enfon(,'ant à droite et à gauche dans l'épaisseur des replis arvténo-épigloltiques.

Savart leur accorde une inlluence prépondérante dans la vibration — ce qu'il est naturel d'admettre. Kn pourrait-il être autrement ?

Mais les preuves sont pour le uioiiienl impossibles à établir '.

' Une rccoule application du iiiii'uir pourra, pcul-otro, l'Utblir uiio cerliuidc sur ce point.

l£n effet, dans la séance du i.\ mars 191 1, à l'.\cadoiuio de .Médecine, .\I. lo professeur Cîariel a présenté au nom de M. le D'' Jules (ilover, médecin du Conservatoire, un nouveau lar vni;oscopo appelé à rendre de i^rands services. 11 permet l'cvanien tali'ral du larynx et repose sur le principe d optique suivant : dans le cas de deux miroirs faisant entre eux un angle de i35'' une droite parallèle à l'un des miroirs a ses deux images perpi'ndiculains entre l'iles.

IJ-: cil A. M lin: M RM.

h épij^lotte. décrite déjà, et (jui participe à la plionalion puisqu elle s'élève ou s'abaisse en raison directe des mouvements du diapason. Dans les sons graves et selon la formation verbale, elle retombe à ce point sur le larynx qu'elle empêche de voir au laryngoscope les cartilages ai-yténoïdes.

Le pharynx, qui fait suite au larynx, s'ouvre dans la bouche, s'étend jusqu'à la base du crâne et communique avec les fosses nasales. C'est un grand conduit, 1res allongé, plus large en haut qu'en bas. Il est régi par des muscles qui en modilient la forme avec une extraordinaire facilité ; 1 importance de ces mouvements est grande dans la tarictc des timbres.

Le ioile du palais, dont le rôle est capital, sorte de rideau, extrêmement mobile qui a deux fonctions principales : en se soulevant, il augmente la capacité de la chambre de résonance et il lerme les fosses nasales, ce qui supprime les sons nasillards.

La luette, appendice du voile du palais, qui n'est pas soumis à la volonté, ne se meut que par l'organe auquel il est attaché.

Les piliers du \'uile du palais, replis très visibles, (jui loni saillie à 1 intérieur du pharvnx. 11 y en a deux de cha(jue côté, s'écartant I un de l'auti-e de haut en bas, à la manière d'un V renversé.

h'anii/f;dale. qui se trouve entre les deux piliers, et qui pourrait s'assimiler à la luett'' par les fréquents inconvénients dont elle a la propriété, notamment la production des angines. Hypertrophiée, elle gêne les mouvements du voile du palais dont certains faisceaux musculaires se relient au larynx et alourdit ainsi la voix. Klle doit alors être supprimée.

Les fusses nasales, dont le rôle est capital dans la respiration et dans la phonation Elles s'obstruent facilement et deviennent le siège de nombreuses maladies qui influent sur la voix — car on accuse souvent la gorge, alors que le ne/., seul, est coupable.

Ce sont deux cavités très longues, dix centimètres environ, constituées par des parois osseuses, immobiles, hes sinus, frontaux, ethmoïdaux. maxillaires, petits espaces vides, audessus, en avant et en arrière des passages nasaux, creusés, pour ainsi dire, dans l'épaisseur des os et auxquels les physiologistes n'accordent aucune part de phonation.

Les sinus. d<mt on a tant cherché la signifuation physiologique et dont le grand développement ne s'explique ni par leur rôle dans l'olfaction, ni par celui qu'ils pourraient jouer dans la respiration, ne sont, sans doute, qu'un vestige persistant des cavités aériennes développées au niveau des fentes branchiales pour le passage de la respiration branchiale à la respiration aérienne.

S'ils n'ont de signification qu'au point de vue de l'anatomie comparée, ne prennent-ils point, accessoirement, au point de vue vocal, (|uelque importance, puisqu ils transforment des os épais, non susceptibles de vibrer, en lamelles minces et flexibles, qui sembleraient adaptées à la résonance ?

Ne serait-ce pas à cette fonction qu elles paraîtraient destinées ?

Dans les théâtres romains, lorsque l'acoustique laissait à désirer, on plaçait, aux quatre coins, de grandes urnes vides, des « echca » (|ui faisaient l'office de caisses de résonance'. Ne pourrait-on i-omparer — toutes proportions gardées — nos sinus aux urnes romaines ?.

La bouche. (|uc nous ne nous attarderons pas à décrire, mais qui représente — comme il est aisé de le concevoir, par sa forme, par sa communication directe avec les autres organes et par son extrême mobilité, un résonnateur de premier ordre et qui — fonction capitale — <roncourt puissamment à former les voyelles.

La langue qui. outre le rôle qu'elle joue au théâtre et., datis l'Iuiiiianité. est d'une grande importance pour la phonation et pour la formation verbale : elle gêne les mauvais chanteur> et aide... les autres ! N'oublions pas qu'elle est intimement liée au larynx par l'os hyoïde Klle est formée d'une masse de musi-lcs qui s entre-croisent de façon très compliquée.

La i'oiitc du palais, paroi osseuse où vient frapper l'onde sonore.

' QiirlquoH érrivniii!! irrévérencieux nfljrmrnt ipio Ii-m erArfi av.iieul une di-slination beaucoup plu»... pru!>ui<|iie.

/./; ClIAST THÉÂTRAL

Les dents, au nombre de 5i (rarement au complet) qui, lorsqu'elles sont trop rapprochées, donnent aux paroles une certaine obscurité et rendent impossible l'articulation de (•ertaines lettres si elles manquent en avant.

Les lèvres, ultimes résonnateurs, qui aident puissamment à la variété des timbres et à la formation des voyelles et que des parties charnues mettent en communication avec le nez, les joues et les téguments de la face.

Voilà, rapidement décrits, les résonnateurs, dont nous déterminerons plus exactement le rôle dans le travail de la voix ; leur importance est capitale, car ce sont eux qui donnent le timbre.

Us y concourent tous à des degrés différents et leur intervention est plus puissante encore que celle du larynx à former une belle voix.

Ces quelques apertuis anatoniiqiies indispensables ne nous ont pas obligés à un effort bien soutenu. C'est à dessein qu'ils furent simplifiés; nous pensons que le lecteur ne s'est pas laissé rebuter par cette courte étude.

La RESPIRATION

Il semble que s'il est un acte naturel, auquel l'art n'ait rien à voir, c'est de respirer.

Respirer, c'est vivre.

Eh bien ! on ne peut chanter que si l'on respire bien, et, le plus souvent, on ne respire bien que si l'on apprend à respirer; car bien peu de personnes s'acquittent normalement de cette fonction.

La Respiration est l'agent principal du Chant.

Qui ne sait pas respirer et distribuer le souffle ne sait pas chanter.

Les plus belles voix sont vouées à une déchéance rapide si elles n'ont à leur service une bonne respiration ; les exemples ne sont pas rares de chanteurs ayant une voix médiocre, allligée de « trous », qu'ils parviennent à lier, à rendre homogène parla magie du souille suppléant aux imperfections et masquant les défauts...

Comment équilibrei- une piirase, déclamer un récit, donner un « tour » à la moindre nuance, si l'on n'est maître de la respiration.'

Jamais les intentions de l'artiste ne pourront être réalisées.

On reconnaît trois types de respiration :

1° Le type claviculaire ;

2° Le type latéral, ou costal, ou thoracique ;

3° Le type abdominal ou diapiiragmatique.

Du premier, nous ne parlerons pas. De pareilles puérilités ne sauraient trouver place ici.

Remarquons, en passant, que le nombre est grand de ceux — surtout de celles — qui croient employer le mode thoraci(|ue et qui se servent du mode clavicudaire.

Le type latéral, costal, thoracique consiste « à respirer par les cotés de la poitrine », nous disent certaines « méthodes ».

L'inspiration, <lans laquelle le mouvement descotes est le facteur important de la ililalalion lhoracii|ue, y est exécutée par des muscles inler»ostaux; mais elle l'est surtout par les gros muscles (|ui s'insèrent en haut de la poitrine.

LE CHANT TlfEATRM.

Tandis que le mode thoracique a pour but de faire pénétrer l'air au milieu de la poitrine, le mode dit abdominal — appelé aussi diaphragmatique, en raison du rôle prépondérant qu'y joue le diaphragme — tend à emmagasiner ime plus grande quantité de souffle et à le maintenir plus longuement dans les poumons.

Et voilà le sujet de toutes les controverses, de toutes les discussions, l'objet de batailles interminables — combien acharnées entre médecins, professeurs et artistes.

Tâchons de mettre tout le monde d'accord : respirer exclusivement au moyen de l'un des types : claviculaire, thoracique ou abdominal, c'est remplacer l'acte naturel de la respiration par des systèmes aussi dangereux pour la voi.x que pour la santé.

Tel de ces modes peut être favorable aux uns, défavorable aux autres: mais il est insuffisant s'il n'est complété. En effet, si nous admettons la prédominance de l'un de ces types respiratoires, il nous est impossible de les dissocier tl'une façon assez complète pour supposer que 1 un de ces modes se puisse accomplir seul, à l'exclusion de tous les autres.

Il est ime manière, qui deviendrait, alors, un quatrième type, dont jamais personne ne parle : la Respiration complète : emmagasiner l'air du haut en bas, dans l'amplitude de la poitrine tout entière. « \'oilà, dira-ton. le type rêvé. Il n'est pas besoin, a priori, d'être artiste ou savant pour l'adopter du premier coup. « Expliquons-nous cependant : le type thoracique (toute respiration est forcément thoracique) tel qu'on l'entend, ne peut s'exécuter isolément; il ne peut emmagasiner et surtout garder assez longtemps une quantité d'air suffisante (jue par l'appui de la respiration abdominale qui ouvre les réserves du bas de la poitrine. Mais cette respiration abdominale ne s'effectue qu'avec le concours prédominant du diaphragme. .\ cause de cela, et aussi pour éviter le terme impropre et ridicule d'abdominal, il est arrivé que l'appellation diaphraginaliqite a été adoptée par (|uel(|ues-uns de • eux qui enseignent, avec la respiration abdominale, la respiration thoracique, c'est-à-dire celle où l'abaissement du diaphragme et l'écarlement des côtes augmententen IiaiileureX en lariieur la capacité respiratoire. Que les côtes se relèvent sous l'action directe du dia|)hraguie ou qu'elles soient écartées par la masse des viscères qui, refoulés par le dia|)hragme, se dilatent en largeur de tout ce que le refoulement leur fait perdre en hauteur, il n'en est pas moins établi que l'abaissement du diaphragme a pour résultat d'augmenter en hattteur la capacité respiratoire, et, en même temps, en largeur, puisque la cage thoraii([ue s'écarte. L'analomie appelle donc le diaphragme : muscle élévateur et ililatatour des dernières côtes.

Et voilà une inspiration ample et basse et sans effort, sauf que l'on aspire immodérément. Il est au moins inutile, quel que soit le mode adopté, d'aller... jus([u'au vertige!

i.i: cnAyr r m:. muai.

Le rôle du diaphragme est prépondérant dans la vie, dans la nature, dans révolution biologique, dans la parole, dans le chant.

C'est cerlainenient le muscle rcs[)iratoire par excellence C'est, en tout cas, le muscle de la respiration normale. La section du nerf qui l'anime, le nerf phrénique, suspend définitivement l'acte respiratoire, et les efforts combinés de tous les muscles accessoires ne peuvent suppléer son action qui, par contre, suffit à elle seule.

Ce rôle de muscle respiratoire prééminent est démontré non pas seulement par l'action réelle, expérimentale du diaphragme, mais aussi par son innervation. Ce muscle qui est placé à la partie moyenne du corps, qui sépare, comme nous l'avons vu, le thorax de l'abdomen, ne reçoit pas son nerf des parties voisines de la moelle, comme presque tous les autres nuiscles liu corps humain; ce nerf lui vient |)ar un trajet immense, paradoxal, des parties supérieures de la moelle, des premières paires nerveuses du cou, des colonnes motrices prolongeant celles des nerfs pneumogastri(|ue et spinal qui animent le poumon et le larynx, comme si le diaphragme n'était qu une annexe motrice indispensable des organes respiratoire et vocal., développés tous deux d'abord dans la série animale, au niveau du cou. aux dépens des arcs branchiaux, vestiges transformés de l'appareil respiratoire des branchies des poissons, nos lointains ancêtres muets.

Donc, en fait, aussi bien qu'expérimentalement, au point do vue physiologique, aussi bien qu'au point de vue de l'innervation et de lanatomie comparée, le diaphragme est l'organe respiratoire essentiel, le muscle du soufflet vo(;al. La respiration diaphragmati(|ue est la plus naturelle, la plus physiologie] ue.

Veut-on connaître de (|uel secours est le diaphragme dans le chant ?

Sa contraction permet de porter au maximum la quantité d'air aspirable sans effort, sans aucun mouvement visible — celui, si répandu, notamment, de soidever les épaules — puis, de retenir prisonnier' cet air dont on est ainsi devenu maître et de le distribuer à son gré.

Par sa rapidité et sa sûreté, ce mouvement offre lavantage de l'instantanéité d"attii(|ue, lors(|u'un a|)pel précipité de souille est indispensable, sans obliger l'exécutant, dans les mouvements vifs de la mesure, à des retards qui en altèrent le rythme, car le diaphragme, par sa traction, pompe l'air, coninic. dans une cuvette, une seringue pompe l'eau.

L'abaissement du diaphragme est un nu)uvemcnt naturel V.\\ veut-on des exemples '.'

Aux blessés atteints de fractures des côtes, ou simplement de contusions, on ininiobiiise toute la cage thoraci(|ue ; jamais ils ne se |)laignent de la moindre gèrui : ils respirent plus bas (pie l.ippareil; ils lespirenl al)dominalement.

Ln boxe, le <■ coup de pied de poitrine » est redoulalilc iorsipi il porte — si légèrement (|ue ce soit — dans la région du diaphragme, (pii. douloureu-

i.i: ciiAsr lin. M HAÏ.

sèment immobilisé, suspend tout de suite et pour un temps assez lon^ la respiration.

Observez comment respirent les animaux : la vatlie couchée dans l'étable, le cheval au repos, le chien qui revient, essoudlé, de la chasse et qui s'élend devant le foyer et s'endort, ou la cliattc familière (|ui ronronne, dans nos appartements parisiens, sur le siègi; moelleux (|u'clle s'est clioisi. Les oiseaux n'arrivent-ils pas aux longues phrases et à la vocalisation par le seul emploi de la respiration du ventre, puisque le haut de leur poitrine est immobile, anhylosé. Et ils chantent des heures entières sans fatigue !

Nous-mêmes, les rois de la création, lorsque nous respirons sans y prendre garde, lorsque notre mécanisme n'est pas sous l'empire de notre volonté, dans l'état de sommeil, ou simplement dans la position horizontale, soulevons-nous le haut de la poitrine ? Non, c'est notre abdomen qui est soulevé par l'abaissement du diaphragme.

— Mais on ne chante pas dans l'état de sommeil !

— J'entends. Vous voulez dire que la respiration iniliiretle n'est pas la respiration artistique : l'homme qui dort n'est nullement dans les mêmes conditions que l'homme (|iii (;hanle. Prenez patience.

L'acte de respirer pour vivre est plus simple que l'art de respirer pour chanter. C'est de toute évidence. Le premier de ces mouvement est passif, inconscient : c'est un acte réflexe. (Un homme frappé d'apoplexie continue à respirer, malgré l'état de sidération dans lequel vient de le jeter son accident.)

Le second de ces mouvements s'effectue sous l'empire de la volonté. Il est cérébral.

Nous savons que dans la respiration naturelle, iiou.s introduisons simplement l'air atmosphérique dans les poumons où se produit l'échange qui purifie le sang, qui lui fait absorber l'oxygène vivifiant et rejeter l'acide carbonique dont l'excès intoxi(|uerait l'organisme. Les mouvements d'insiiiralion et d'expiration — lu glotte ctuitt béante — ont une durée totale de quatre secondes, sur lesquelles nous pouvons dire que « nous gardons notre souille » environ deux secondes.

Pour la respiration artistique, <^'est plus compli(]ué : nous prenons une ample provision d'air, nous l'expirons ensuite en lui imprimant une forte poussée, en le faisant passer sur l'instrument, nous nous appliquons, en même teni[)s, à en régler la répartition. lit nous a\-(Uis garde une partie de notre souffle, dix, quinze, vingt, vingt-cinq secondes.

Pour le chant, il est donc indispensable de mettre en jeu des forces musculaires qui sont inutiles |)oiir les besoins de la vie, et, répétons-le, d'accoinplir l'acte respiratoire non |)lus passivement, mais sous la dépendance de notre volonté artistique.

Si la respiration naturelle subit de grandes variations suivant la santé, le tempérament, léducalion physiologique de l'intliviilu, selon (|iril est debout, assis ou couché, qu'il lève ou abaisse tel membre, qu'il marche, qu'il court, (|u'il monte, (|u'il tlescend, (|u'il est saisi de peur, de crainte ou de joie.

LE cii.isr tiii:atrm.

pour lime des mille raisons qui peuvent précipiter ou ralentir les mouvements du cœur, la respiration artistique est non seulement soumise à tous ces accidents, mais au plus redoutable de tous, celui cpii surexcite anormalement le système nerveux, qui stimule ou anéantit, auquel aucun véritable artiste, jamais, ne peut se soustraire complètement, celui «jue, sur la scène et dans la salle, on appelle : le Irac!

C'est pourquoi il faut pouvoir se servir, suivant le cas, de différents modes d'aspiration et les compléter selon les mouvements, positions et attitudes exigés par la scène.

De tout cela, allons-nous conclure que l'on doit respirer au théâtre, aulrenienl que dans la vie? Non. « Faut suivre la nature » comme dit la nourrice, dans .Molière. Servons-nous de la respiration naturelle; bien mieux : de la respiration (jui est naturelle à chacun de nous, en la complétant, s'il est nécessaire, en Vainplifiant pour nos besoins, en la soumettant à nos règles. Appliquons la nature à l'art.

Quelques partisans du mode thoracique exclusif se contentent de répéter : « Respirez naturellement », ce qui les dispense peut-être de toute démonstration et ce qui les amène, à leur insu, à recommander la respiration complète.

Et je ne suis pas éloigné de croire que certains chanteurs, sans jamais s'en être rendu exactement compte, n'ont cessé de respirer ainsi.

En une ville d'eaux, où sévissent les gargarismes, les petits chevaux et la mauvaise musique, j'attendais la fin du traitement quotidien pour fuir, en compagnie d'un camarade de l'Opéra, vers les montagnes reposantes...

L'n jour, se joignit à nous le docteur V adoré île ses mahules (|u'il sait

guérir, soulager — ou consoler, et de ses amis, qui sont nombreux.

.Nous étions assez intrépides aux ascensions, mais le bon docteur, que son ventre commençait à alourdir, ne tarda pas à réclamer une halle de (pudcpies minutes. Essouillé, il cherchait à reprendre haleine et je lui lis remarquer <]u'il respirait par le bas de la poitrine. Là-dessus, et comme s'il n'avait attendu que ce mol, il jjondit. II avait rclrouvé ses forces. II nous déclara que, poiu' un ouvrage qu'il préparait, il avait besoin de notre avis sur le mod<ï de respiration pratiqué par nous.

Nous nous exécutâmes : mon canuirade cl le nndcciii se liguèrent conlre moi. Devant la nature, je liouvai inutile et fatiguant de contraindre mon esprit bucoli(|ue h revenir sur des sujets traités tous les jouis dans la grande ville, à cette dissertation sur les muscles du thorax et de ral)doiiu"n (pii contrastait singulièrement avec la grandeur du spectacle.

Mais, une fois rentré, seul avec mon camarade, je l'interrogeai.

■ .le ne me suis jamais très sérieusement |)réoccupi'. me déclara-t-il, du

mode exact de respiration (|ue j'applii|uc au chant on ne m'a jamais rien

enseigné à cet égard^. Esl-il thoraci(|ue .' Est-il abdominal .' I"icnt-il des deux i'

Il est excellent, en tout cas, et j'en reste là. Quant a notn* conversation de

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