‹ Le chant théâtralChapitre 21 sur 52 · DIAPASON I · texte numérisé non relu

DIAPASON I

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Sol 391 Fa 348

Mi Ré Ul

CON- TRALTO

TÉNOK

« — l'oinl oii. dans les voix ineulli's. se trouve un « passage • brusque.

;V. B. — Ce tableau s'applique aux voix ordinaires.

Certains chanteurs, parliculiéreraent doués, le peuvent bouleverser.

Ainsi, le nombre est grand des soprani qui dépassent l'ut' — et atteignent bcontre-ré, le contre-nii, et, parfois, le contre-sol !

Certaines basses russes descendent plus bas que le mi'.

L'union des registres, disons plus justement l'unité de la voix, se borne donc à l'éducation du muscle crico-tlivroùlieii, à sa contraction progressive, et à la gymnastique des attitudes qui doivent le seconder.

Mais de quelle théorie utile pourrions-nous encombrer notre travail? Rien de tout cela n'est malaisé avec le concours d'une oreille exercée, dune impeccable sùieté de perception, d'une expérience, enfin, de... professeur. C'est au professeur, en ell'et, qu'il appartient d"applii|uer l'exercice propre à chaque sujet; car, il est chimérique de penser qu'il soit possible d'établir des règles, lorsqu'il s'agit il'un instrument aussi variable, aussi fragile et aussi capricieux qite celui de la voix.

Et pourquoi mettre en « petits paciitets » l'échelle il'une voix.' Delmas. félicitant l'un de ses confrères sur l'unité île son émission. Itii disait : « \'ûus

LE CHANT iin-.xrn.M.

avez une grande connaissance de votre voix; chez vous, pas de heurt, pas de différence de registres. Vous avez un petit tiroir pour chaque son. Vous tirez le tiroir. Le son s'épanouit ».

Pourquoi cette supercherie d'une distinction entre la voix de poitrine et la voix de tête, tout au moins comme deux voix complètes différentes et non comme deux sortes de quantité vocale ou simplement de tessitures : la tessiture grave et la tessiture aiguë? A cette dualité de voix, se laissent aller certains chanteurs — lorsqu'on ne les y entretient pas. Répétons-nous : Affirmer celle duaiilé, c'esl prendre Veffel pour In cause.

Il n'y a pas, il ne doit pas y avoir des voix. 11 y a la Voix.

Tout individu normal a une voix dont il se sert, sans y avoir jamais songé, pour parler. Cette voix est wne, de bas en haut de l'échelle. A certains points, il a la facidté — il éprouve la nécessité, dirons-nous — île produire des renforcements, par les diverses attitudes des cavités dont nous venons de parler et dont il fait plus spécialement une source d'amplification

Un son grave résonne, les cordes détendues, avec la poussée minima : dans cette attitude, les cordes ne supporteraient pas une soufflerie violente. Le renforcement est obtenu, avec le relâchement général de l'appareil vocal, par l'augmcntationde capacité des cavités inférieures : pharynx, trachée, etc. les parois du thorax sont agitées — on peut le constater en appuyant la main surin poitrine du chanteur. Si celui-ci est assis on sent, à certaines notes basses, vibrer la chaise elle-même. Ainsi (|uc dans la note la plus élevée, la colonne d'air, comme un jel, vienl frapper le palais et se répandre en cascades dans la salle.

Plus haut, pour les voix d'hommes, par exemple, on se trouve jusqu'au la" dans l'échelle appelée voix de poitrine. Le renforcement est obtenu par l'attitude des <;avités thoraciques et cervicales inférieures. La soufllerie est plus forte, les cordes plus tondues. La colonne d'air, de la même manière (/u'nn jet d'eau, vient frapper le palais.

Uu la ou .s7' bénii)!, au mi owfa '\ nous sommes, croyons-nous, au registre dit delà voix mixte. Peu à peu, aux cavités thoraciques se substituent les cavités cervicales. Ainsi est obtenu le lenforcement, tandis (|ue les cordes se l(>ndent de plus en plus et (juaugmenle la soulllerie. La colonne d'air, comtnc lin jet, vient frapper au palais.

iMifin, voici in " voix de tête » (fa ') où les renforcements llioraci(|ues sont abandoniii's, ou la glotte se détend, oii, jus(|u'à l'exlrémilé de l'échelle les cavités cervicales vont nourrir la sonorité, ou intervient une série d allitudes nouvelles...

La colonnr d'air, comme un jet d'niii... Oui, toujours, la cidonn»- d'air frappe le [)alais : ces renforcements sont des adjuvants propres ;i augmenter, en certains endroits, la sonorité ; mais, celle-i'i, de bas en haut, a le même

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point de dépari et le même point d'arrivée : la voix est une, elle n'existe que par l'unité de l'émission, par l'ordonnance, la coordination, l'appareillement, l'accommodation de tout ce qui concourt à l'égale, à la libre phonation, par la sûreté des trois étapes de son parcours : l'élan, le tremplin, le saut : la glotte, le palais, la salle.

C'est tellement vrai qu'il suflit, pour unifier sa voix, de dire à un élève intelligent : « 11 n'y a pas de registres, il n'y a pas de passages. Respirez bien, distribuez également votre souille, placez toujours la voix « en tête ». Ne poussez jamais. Usez de votre soulllerie tant que vous voudrez, jusqu'à l'effort exclusivement ». La nature fait le reste, ou, si vous aimez mieux, l'instinct, l'organisation du sujet.

Tant il est vrai que, dans le parcours de sa voix, le chanteur a, non seulement la faculté, mais comme nous le disions, la nécessité de prendre diverses attitudes favorables aux renforcements, sans perdre un instant de vue le but, qui est l'auditeur.

Il va sans dire que, outre le renforcement spécial aux diverses tessitures, toutes les cavités vocales vibrent à chaque note.

Il ne faudrait pas imaginer que, dans un son élevé, la poitrine ne résonne pas, ni la tête, dans un son grave. Lorsqu'un chanteur émet un son, tout vibre en lui, comme autour de lui La trachée, les bronches, le poumon, ajoutent à leur rôle de soullleur celui de vibrateur et renforcent les sons laryngiens. Le plancher de la scène résonne aussi, et le trou de l'orchestre et la boite du soullleur et la caisse du piano ou des violoncelles et des contrebasses. Et aussi la salle, ultime et principal résonnateur. Tout chante avec l'artiste. Méphistophélès, dans sa trappe, attendant son apparition du i"^ acte, entend la voix de Faust dont les vibrations sont transmises au plancher par les pieds du fauteuil oii est assis le vieux docteur...

L'unité de la voix ne peut être obtenue ni par les poumons, ni parle larynx, mais par les amplificateurs phoni(|ues, par la cavité bucco-pharyngienne — dont les mouvements sont multiples, qui est propre à cette gymnastique et intimement liée à la formation des voyelles.

La preuve que les résonnateursont la fonction d'unir les registres, éclate tous les jours dans la pratique de l'enseignement. In élève inexpérimenté, ayant à parcourir une gamme ascendante, s'il prend, bien ouverte, la voyelle a qui correspond svmpathiquement aux notes graves et doit être celle qui lit naître l'expression de « voix de poitrine », se trouvera bientôt en butte aux dillicultés habituelles de cotte gamme ascendante. IVenons, alors, la voyelle / (jui s'adapte aux notes élevées, qui ra[>proche les cordes, qu'il est

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