LA VOIX
' .M. Victor .Miiurcl le» roinpnrc au « r:ivnliiT (|iii, ilc »a ni;iiii ilroili', friippi- »» bric cl la rcllonl. lie Hii iiiiiiii ){iiiicli(', par \v» i{iiiile«, auxi|iivlU'N s'ajoute le poids ilii coips porté en arriére. » 1^1 il pri-L'ise : i> La voix eil alors, en prenant celle comparaison pour exemple, comme le cheval cuire l'éperon et le mors. •
LE CHAST THEATRAL
11 est juste d'ajouter que, le plus souvent, ce défaut provient de la différence d'intensité que 1 on exige des élèves dans le forte et dans \e piano, ce qui les désoriente et ce qui est une erreur, un danger et une faute de goût. « Les choses ne vont jamais aussi bien ou aussi mal qu'on le croit. » Le forle et le piano ne doivent jamais être aussi fort et aussi faible qu'on l'imagine. Tout n'est que relatif. Un effet de douceur s'obtient autant dans Vinlention que dans la réalisation. Un effet de force se produit beaucoup plus par la couleur, la qualité dramatique du son, l'articulation et l'expression, que par toutes les trompettes du jugement dernier.
N'avez-vous jamais éprouvé cette surprise, en arrivant au théâtre, le rideau étant déjà levé, d'entendre, alors que vous êtes encore dans le corridor, ce que l'on pourrait prendre pour un duo, alors qu'il n'y a en scène qu'un seul chanteur ?
On peut dire de celui-là qu'il n'est pas arrivé à l'unité d'émission.
Cette imperfection est moins fréquente chez les femmes puisqu'elles ont la chance d'effectuer, très bas, la soudure de leur voix. Mais il est juste d'ajouter que, en revanche, elles sont, pour la plupart, affligées d'une manie naturelle, acquise ou imposée : la voix de poitrine.
Oh! que je voudrais vous persuader, Mesdemoiselles, qu'il ni/ a pas de voijc de poitrine.
Comme vos études seraient simplifiées! De quel redoutable fléau vous seriez débarrassées si vous vouliez bien admettre (jue le travail mécanique doit s'effectuer sans cette dangereuse intervention !
Vous ne vous obstineriez pas à chanter avec effort, puisqu'il est si facile d'obtenir l'amplitude du son et de le renforcer dans toute son échelle sans cette fatale praticjue de l'appui sur la gorge; car votre soi-disant voix de poitrine n'est autre chose qu'une voix de gorge.
Plus fard — et par exceptions — vous pourrez tirer de ces sonorités certains effets spéciaux, et sachez bien (|u"il ne vous sera pas difiicile de les obtenir. Mais, les travailler, vous attacher à les amplifier, essayer d'en augmenter le nombre, c'est apporter volontairement des perturbations dans l'équilibre, runilé, riiomogénéité de la voix — c'est vouloir rapidement ébranler celle-ci et la ruiner, — c'est introduire dans l'écorce le ver rongeur!
En effet, vous commencerez par étaler une complaisante sonorité sur les notes tout à fait graves; puis, charmées par cet etl'ct facile, vous monterez, vous monterez jus(iu à ce ([ue la moitié — quehiuefois plus — de votre voix, s'infecte de la maladie, — vous monterez jusc[u'à ce que la nature vous empêche d'aller plus haut.
Alors, vous aurez creusé un fossé infranchissable. Au milieu de l'échelle vocale un trou sera béant, un « trou-la-la », ilirait le loustic ; car, en effet, à l'endroit de la soudure, votre voix fera la tyrolienne ! Au-dessus de ces notes,
— Si — ,,
tous VOS sons seront bas, le chevrotement fera son apparition, et, en même temps vous aurez senti l'extrémité supérieure de l'échelle vocale s'affaiblir. vous aurez perdu les notes du haut! Alors, commenceront pour vous les pérégrinations chez les médecins auxquels vous vous plaindrez de votre gorge... ou de votre professeur (car, avec ce système féroce, on s'expose à tous les accidents, dont le plus fréquent est le nodule). Vous irez chez des professeurs nouveaux auxquels vous vous plaindrez de l'enseignement, jus- (ju'à ce que l'un de ceux-ci ait, d'abord, le courage devons dire la vérité ; et, ensuite, s'il n'est pas trop tard, il faudra se résoudre à recommencer un travail attentif, délicat, plus difiicile cent fois que si vous n'aviez jamais étudié.
N'écoutez pas ceux qui, sous prétexte de consolider une voix, pensent qu'il faut en renforcer le médium — les fondations de l'édifice, disent-ils avec une apparence de vérité, — et qui, prenant tout à l'envers, vous font gratter sur le larynx, petit instrument fragile et rancunier qui ne tarde pas à se venger de son bourreau.
Comme si l'équilibre d'une voix appelait plus de sonorité dans le bas que dans le haut !
Comme si l'oreille de l'auditeur exigeait autre chose que la voix normale !
Mais la raison seule ne vous indique-t-elle pas. Mesdemoiselles, les avantages que vous auriez à employer le plus bas possible la voix de tête ?
Suivez-moi :
Si, à certaines notes, les fameuses et prétendues notes de passage, vous éprouvez une diflicuUé, vous diminueriez la fréquence de cette difficulté en fixant très bas la soudure.
Les notes graves n'abondent pas pour vous; et, dans une partition, plus elles sont basses, moins elles sont nombreuses, n'est-ce pas ?
Or, si vous abaissiez le soi-disant passage, c'est-à-dire si vous employiez très bas votre voix de tête, vous auriez, dans le cours d'un ouvrage, ou simplement d'un morceau, des occasions plus rares de franchir le mauvais pas.
. . Ce n'est là, du reste, que le petit côté de la question.
Songez, Mesdemoiselles, au ver rongeur!
La FORMATION VERBALE