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LES VOYELLES

L'articulation, ([ui semblerait appartenir au domaine de I Art plutôt qu'à celui du Mécanisme et dont il sera spécialement question au chapitre du « Chant Artistique », a une importance capitale. Nous avons vu que l'articulation commande le souflle. C'est l'articulation qui varie les timbres, (]ui place et qui pose la voix, qui lui donne sa véritable résonance et sa portée.

Articuler, c'est régler le souflle, c'est placer la voix.

Former les voyelles semble un acte presque aussi naturel que de respirer pour vivre. Et voici (|ue, de plus en plus, nous songeons à ce bon monsieur Jourdain...

Eh bien ! c'est là une question tte physique harmonique des plus ardues.

Elle ne se résume pas dans un exercice de prononciation. Elle est inséparable de la formation du timbre, et, par cela mémo, se rattache à l'émission et à l'unité de la voix.

Cette étude est non seulement liée aux autres; mais elle doit les précéder.

Une voyelle n'est parl'aile (pie si une parfaite émission laryngienne rencontre une parfaite diction buccale. L'ne belle voix est le résultat de conditions anatomicpies et physiologiques. Une bonne diction nécessite une longue étude des voyelles (et aussi des consonnes) dans toutes les tessitures de la voix.

Combien do clianteurs ont-ils le courage de s'y appli([uer?

Le timbre, nous l'avons vu, est formé par les cavités de résonance. Qui veut donner à la voix son maximum de beauté doit étudier les mouvements de la cavité buc(;o-pharyngienne. (]elte cavité, si elle ne siilVit pas, isolément, à l'éclosion des voyelles, a, du moins, la mission im|H)rlante de les modilier. de les amplifier, de leur donner leur forme définitive. D'où il appert que le perfectionnenuMil du limlue est lié à l'étude des voyelles Itonversons la proposition : le travail dos voyelles ost celui qui forme le niioiix la voix et lui ilonno son timbre le meilleur.

f.E CHANT THUATRAL

Tandis que vibre la glotte, la bouche varie ses formes, la langue se meut, les lèvres modulent les sons pour leur offrir les timbres les plus divers. Ces timbres ne sont autre chose que des voyelles. A timbre nouveau, voyelle différente.

Ces voyelles prennent la forme de A. de O, de 1 (les diphtongues qui vont des unes aux autres ne sont que des gradations intermédiaires)

Il y a, en réalité, autant de voyelles différentes qu'il peut y avoir de formes différentes de la cavité buccale, et comme on peut passer, par des transitions insensibles, d'une forme à l'autre, il y a, en réalité, une infinité de voyelles possibles.

Les voyelles primitives sont au nombre de six : OU, O, A, E, I, U. Trois, surtout : OU, A, I, peuvent être considérées comme fondamentales. Elles ont toutes comme point de départ : l'E muet.

I — i:— OU

Les voyelles intermédiaires se peuvent placer dans les espaces situés entre les deux voyelles voisines.

Or, chaque voyelle correspond sympathiquement à un son Elle a son diapason, (rcst-à-dire que sur telle note elle trouve son plein épanouissement, sa sonorité la plus complète. Ainsi, tandis {|u'une note sonnera mieux sur l'A, telle autre préférera l'O ou 11 ou l'une des nombreuses intermédiaires.

(]ela est scienlifi(|ucnu'nt établi

Tenez un dia|)ason dans la bouche ; il vibrera plus fort lorsque vos résonnateurs lui offriront la voyelle qui s'adapte à sa tonalité.

Un élève, panourant une gamme sur différentes voyelles, trouvera des hauteurs et des formes oii la voix sera éclatante, ou sourde, ou grêle.

La note qui correspond sympathi(iuemont à telle voyelle est appelée vocable de cette voyelle.

Les OU, les O s'adaptent généralement aux notes graves, les I, U, aux notes élevées. Le registre grave des contralli est en ou, tandis que les soprani ont une préférence pour A, I, O.

Lors d'une, reprise de Don Juan, avec une traduclioii nouvelle, le principal ititei|)ri|r du chef-d'œuvre de Mo/art demanda à l'adaptateur le diangement d'un grand nombre de mots dont les syllabes n'étaient pas favorables, sur la tessitiu'e oii elles se trouvaient, à la i)onne émission de sa voix

La langue italienne, si riche en voyelles sonores, est la |>lus ferlilc en l)eaux effets vocaux.

Ilelniholt/. et Ku-nig ont déterminé les hauteurs qui, >clon eux, correspondent aux différentes voyelles Mais leurs «i tableaux » sont rem|)lis d'erreurs, et Auerbach inodilia leur théorie el démontra (jue l'intensité

IF. ClfAST THEATRAL

des sons partiels dépend de leur hauteur absolue et de leur ordre dans la série.

A l'état hrut, une voix, pour un maximum d'effet, ne devrait émettre chaque voyelle que sur ses vocables. Il faut donc rechercher, parmi les voyelles, celles qui donnent à chacune des notes la voix la plus belle, et non seulement ou, o, a, é, i, qui sont les parties fondamentales de la parole, et que l'on retrouve dans toutes les langues, mais tous les sons intermédiaires.

On ne peut y arriver que par tâtonnements

Un chanteur qui parcourt, sans y songer, en manière de divertissement, l'échelle de la voix, en improvisant une mélodie sans paroles, n'émet sûrement pas la voix sur a ou sur ou, exclusivement. Il change ses voyelles (par conséquent, son timbre) et, instinctivement, sur chaque note de sa propre phrase musicale, il place la voyelle dont cette note est la vocable.

C'est parce qu'il a articulé. S'il n'avait que vocalisé, il ne serait pas arrivé au même résultat.

Donc, encore une fois, l'articulation homogénéise une voix. La glotte donne naissance au son initial. Pour former toute voyelle pure, le voile du palais se soulève et ferme plus ou moins l'orifice postérieur des fosses nasales. C'est pour la lettre A qu'il est le plus lâche ; la rigidité augmente pour E, O, OU et atteint son maximum avei- 1.

La connaissance de sa propre voix est — faut-il le dire.' — précieuse au chanteur. Elle lui démontre (|ue, à tel endroit où telle voyelle résonne mieux, il a fait le mouvement physiologique propre à la belle sonorité. Il ne faut pas conclure que, après la découverte de la vocable, on doive en rester là. Toutes les voyelles doivent être étudiées sur toutes les tessitures. Parles attitudes acquises de la bouche, s'adaptant à un appareillement des autres cavités on arrive à une résonance relativement égale de toutes les voyelles.

Le résidtat sera double :

On aura homogénéisé ses voyelles.

On aura placé sa voix.

Coupe i

flce .1

Fig. 14.

(D' Marage. Pelil manuel de Physiologie

de la i'oix.)

!,i:S CO.XSO.N.NES

Les voyelles peuvent être énuscs seules

Les consonnes n'ont de sonorité véritable (|u"avec le concours des voyelles.

LE CHAXr THÉÂTRAL

Le jet sonore heurtant le voile, la langue, les dents, les lèvres se produisent en consonnes.

Dans Tarticulalion des consonnes, certaines régions mobiles delà cavité buccale se rapprochent de façon à constituer une sorte de glotte temporaire, susceptible de produire un son sous l'influence île la poussée d'air. Ces sons ainsi formés se rapprochent beaucoup des bruits, ce qui a fait dire que les voyelles sont des sons, les consonnes, des bruits.

Ces régions d'articulation sont, principalement, de trois sortes :

i" Les consonnes gutturales se forment au niveau du palais et de la base de la langue.

2° Les linguales, au niveau de l'arcade dentaire supérieure et de la partie antérieure de la voûte palatine et de la langue.

3° Les labiales, au niveau de l'orifice labial.

Il est encore bien d'autres régions d'articulation et tous les points intermédiaires peuvent servir à former des consonnes.

Voici un tableau qui représente les quatre espèces de consonnes :

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