‹ Le chant théâtralChapitre 6 sur 52 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Lorsque, dans une réunion mondaine, un peintre, un savant ou un écrivain prend la parole, on écoute le Maître avec déférence, avec dévotion, — comme s'il enseignait.

Mais la conversalion s'cngage-t-elle sur la musique ou sur le chant, un professionnel ne saurait placer un mot. Songe-t-on seulement à le consulter ? Tout le monde parle à la fois, émet ses idées, impose son opinion, prétend à une infaillible critique.

Ceux qui n'oseraient juger une œuvre instrumentale ou symphonique, — « je ne suis pas musicien » disent-ils modestement, mais ils s empressent d'ajouter : « j'ai une Ijonnc oreille » — ceux-là mêmes formulent leur opinion avec assurance dès qu'il s'agit tic chant ou d art théâtral. D'un mot, ils exécutent tel artiste de valeur, alors fj^ue tel autre, d un talent extrêmement différent, est porté aux nues.

Pas de salon qui n ait son ténor amateur, pas de maison où quelque jeune fille ne rêve de carrière lyrique. Musique partout!

Parmi les élèves, dans l'enseignement et, |)arfois, dans les théâtres lyriques, on émet couramment les idées les plus contradictoires, les opinions les plus stupéfiantes.

Par cela même, aucune appréciation juste, aucune critique sincère et profitable. Aussi, l'art du chant est-il devenu l'un des plus difficiles à exercer. D'autant plus difficile que l'évolution musicale 1 oblige à se modifier, à se compléter, et qu'il est, en outre, l'objet d'erreurs physiologiques graves et le prétexte à une exploitation ignorante cl effrénée.

A ceux qui se sont efforcés d'apprendre, de comprendre, à ceux qui ont consacré leur existence à cet art. il appartient, dés lors, de diffuser les connaissances qu ils ont acquises, (pielquefois très péniblement.

— Eh! quoi! encore une méthotle de chant?

— Non, pas précisément. D'ailleurs, les bibliothèques regorgent de

avant-phopos

ces sortes d'ouvrages. Non, après une carrière de chanteur, où il a fail de son mieux, un professeur, un simple artiste se recueille ; il rassemble ses souvenirs. Il n'ignore pas que fixer ses pensées est, selon le précepte ancien, la meilleure sagesse à laquelle on puisse prétendre ici-bas. Il précise les idées recueillies — les siennes et celles des autres — les observations glanées au cours des luttes professionnelles. II a bu à toutes les sources, a puisé à tous les trésors, s'est éclairé à tous les flambeaux.

Certes, il se défend de toute vanité littéraire — comme de toute ambition scientifique. 11 s'excuse d'avoir effleuré et, parfois, presque approfondi certaines vérités (|ui impliquaient d inévitables incursions dans le domaine de l'anatomie et de la physiologie. En se couvrant de l'autorité de savants, il a fourni la preuve de son labeur et de sa conscience. On a vu quels Maîtres furent ses initiateurs, ses collaborateurs'. Aussi, croit-il fermement que, s'il passait sous silence ces importantes questions, son travail demeurerait incomplet.

Il a, simplement, sans dogmatisme, écrit un Vwvc de lionne volonté.

Puissent les lecteurs, très indulgents, y discerner une orientation possible pour l'enseignement d'un art si décrié et si copieusement pratiqué à notre époque.

.I.VCQIES IsNAnOON

' A ceux de MM. Cnslex. Cmilter. l.iyon et Marage. il est Juste d'njouler le iinm de M. le D' llepp qui, après (noir délivré l auteur d'un malencontreux appendice, charma sa convalescence en complétant ses humbles rudiments de biologie et d anatomie comparée, et celui de M. le W Glover, médecin du Conservatoire, auquel le signataire de cet ouvrage doit de longues conversations fort instructives et qui passionnaient également le savant praticien et le modeste professeur.

Que tous — ICI — reçoivent I hommage d'une profonde gratitude.

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