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L'AUGE ET LE POETE

Un ange radieux, un poète sublime.

Le vol de cet esquif était-il dirigé

Vers quelque îlot désert, en Éden érigé?

Qu'alliez- vous donc chercher dans cette ombre confuse?

Était-ce le bonheur qu'ici-bas tout refuse?

Alliez-vous recueillir, loin des profanes bruits,

Tout ce que verse au cœur la majesté des nuits?

Oh ! je le sais , la barque, en l'infini lancée,

Ne put se dérober à l'œil de ma pensée.

Vous alliez écouter l'Océan solennel

Qui vibre, sous les vents, comme un orgue éternel.

Vous alliez, bien loin de la terre.

Sur l'Océan, pur comme vous, Sonder l'harmonieux mystère Que nous écoutons à genoux.

Vos deux cœurs de poète et d'ange Accomplissaient un double échange De mélodie et de beauté ; Et, dans cette union bénie, Le barde apportait le génie; Et l'ange, la divinité.

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