‹ Le chantierChapitre 17 sur 106 · L AISGE ET LE POETE · texte numérisé non relu

L AISGE ET LE POETE

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Et les tlots, sous leurs pas, laissaient dormir leur onde Les étoiles veillaient sur le sommeil du monde ; Les cieux, livres d'azur en traits d'or imprimés, Ne montraient à leurs yeux que ce seul mot : aimez ! Et la mer encensait, recueillie et muette, Les pieds divins de l'ange et le front du poète! Et l'ange s'abreuvait de cette volupté Qu'épanchent sur la mer les calmes nuits d'été; Il aspirait ces vents dont le parfum embrase; Dans cette nuit d'amour, d'harmonie et d'extase, Cette nuit qu'il passa près d'un enfant mortel. 11 aima d'un amour qui n'était pas du cieL

Il comprit que des cieux les voluptés immenses

N'avaient pas la grandeur de nos grandes souffrances

Et lorsque notre amour à son cœur vint offrir

Sa coupe où boit le monde, et qui renferme en elle

L'ambroisie et le fiel, il replia son aile,

Préférant au bonheur, à la joie éternelle,

Le bonheur passager d'aimer et de souffrir.

Et le pale poète, au fond de sa poitrine.

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