A LA LUNE
Et, dans le palais bleu que ton disque parcourt, Souris à ton cortège étincelant d'étoiles, Comme une jeune reine au milieu de sa cour!
Un soir, lorsque j'étais enfant, je me rappelle Qu'en te voyant briller dans les vagues du bord . Je m'élançai, croyant saisir ton globe d'or. Vraiment cette capture aurait été bien belle ! Mais j'entendis le flot qui riait, le cruel ! En Remportant toujours plus au fond de son onde. Doux astre ! c'est ainsi que, pour chaque mortel, Le bonheur luit au fond des douleurs de ce monde. Quand il croit le saisir , le flot des maux l'inonde : Le bonheur, comme toi. n'habite que le ciel !
Lorsque l'éclat des cieux se ternit et se plombe ; Lorsque le front des bois pend, livide, abattu , Vers la terre glacée où sa couronne tombe ; Lorsque le flot marin, blanc comme la colombe , Chassé par le mistral, sur nos rêves s'est tu, Derrière le nuage, aussi noir que la tombe . Pâle reine du soir, pourquoi te caches-tu V