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JI

• Alors, la mer qui se lamente, - Le rocher nu que le flot mord.

< La forêt chauve que tourmente

Un vent glacé comme la mort :

a Tous ces appels de la nature " A la chaude saison future

Trouvent dans mon àme un miroir

122 A JOSEPH ALTRAN.

< Et j'accomplis ce divin rôle.

a De traduire avec la parole

a Tant de souffrance et tant d'espoir, n

Ta voix calme, grave et sonore, Ce baume béni de mes maux, Ta voix dont le Midi s'honore, Frère , m'a souvent dit ces mots.

Naguère encore, sur YHuveaune \ Ce doux petit-fils du vieux Rhône, Changés en serments solennels, Ces mots que les vents emportèrent, Dans un baiser d'adieu scellerent Nos épanchements fraternels.

Frère , depuis longtemps l'automne

» Petite rivière, toute cachée par de magnifiques ombrages , qui coule près de Marseille. Les bateaux p eins de promeneurs a remontent à force de rames, et se laissent doucement redescendre jusqu'à la mer par le courant.

4 JOSEPH AUTfiAK. 123

Dépouille l'arbre de nos bords, Et mon cœur, qui t'aime, s'étonne Du long silence où tu t'endors.

La mer gémit sous les rafales, Nos bois sont livides et pâles, Nos soleils sont toujours plus froids Et plus de nous l'hiver s'approche, Et plus je sens que ce reproche Doit aller réveiller ta voix.

Oui, tous les jours l'hiver s'avance, Et ta lyre, qui tant nous plait, Reste muette, et la Provence Trouve son poème incomplet , Et notre prunelle inquiète En vain sur ton ciel de poète, Attend qu'il brille une clarté, Que quelque astre nouveau paraisse, Car tu t'endors dans ta paresse.

Comme un dieu dans sa majesté !

\'24 A JOSKPH AUTM.4N.

Pourtant, pour embraser ton zèle.

Le ciel est toujours aussi bleu.

La terre est toujours aussi belle Qu'en séchappant des mains de Dieu.

La plaine est toujours radieuse, La mer toujours mélodieuse.

Et nos sens sont toujours ouverte Pour que notre àme, inassouvie.

S'abreuve incessamment de vie Au grand fover de L'univers.

Puis, le jour qui sur nos fronts passe N'est pas. frère, un jour de repos:

Car l'oreille entend dans l'espace Des frissonnements de drapeaux. Des murmures, des voix étrange-.

Des pas d'invisibles phalanges,

A JOSEPH AUTBAH. I2â

Pareils aux bruits des grandes eaux Par l'ouragan des nuits émues, Tels quen entendait dans les nues L'évangéliste de Pathmos !

Frère, manques-tu de courage?

Quelle douleur t'a donc atteint ?

Sous quel souffle glacé d'orage Ton beau soleil s'est-il éteint?

T'arrètant au seuil de la voûte, Le sombre Adamastor du doute T'aurait-il sitôt enlevé Ton talisman, ton diadème; Et ton magnifique poëme Doit-il rester inachevé ?

Le râle d'un passé qui croule Et dont le renne va finir,

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