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LES HUILES DE LAVERIE

L'âme qui du monde s'exile?

Et les champs répondaient : « Quand la voix du tocsin Proclama le serf libre, il vint, fort et sublime, Vous redemander l'or qu'aux sueurs de son sein Avait longtemps ravi la dîme. »

Et les voix demandaient aux pins mélodieux Quelle main les planta dans ces jardins antiques, Où l'austère chartreux, dans ses sombres cantiques, Aux splendeurs de ce monde exhalait ses adieux ; Pourquoi leurs rameaux verts, candélabres superbes Remplaçaient, par l'éclat qu'ils empruntent au ciel, L'éclat de ces flambeaux qu'on voyait sur l'autel S'épanouir comme des gerbes'.'

Et les bois répondaient : « L'air que souffle le ciel Laissa tomber ici nos semences. Nous sommes Et les flambeaux vivants et le temple éternel Où peuvent s'asseoir tous les hommes. »

Et les voix demandaient aux deux golfes voisins Pourquoi leur flot puissant, qui chante aux pieds des roches, Assombrissait sa voix, murmurait des reproches.

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