J -5 4 M,. PENSEE
Au fond de nos chantiers bruyants, où les misères Me clouèrent moi-même, hélas! bien jeune encor.
Vole ! le ciel est vaste, et tu pourras, sans doute,
Y poursuivre à ton gré ta route.
Yole ! car la réalité Plane déjà sur toi, comme un vautour avide. Jalouse de te voir des ailes de sylphide, Et ne pouvant te suivre en ton vol enchanté.
Mais, non ! Si le malheur voulait te rendre esclave.
Tu bondirais comme une lave.
Et si. comme un léger soupir.
Tu ne t'envolais plus dans les sphères divines. Sur l'enfant qui s'endort, sur la fleur des ravines, Comme un petit oiseau tu viendrais t'assoupir.
Pousse au large, pêcheur ! la belle promenade Qu'assis dans ton esquif, nous ferons sur la rade ! Vois comme l'onde est calme et pure ce matin ! Le vent n'agite aucune lame :
Pêcheur, il faudra que ta rame Sur la mer nous ouvre un chemin.
Je m'assieds sur la proue aiguë Pour regarderie fond des eaux.
Chante, pêcheur, enfant des flots !
Mon âme, doucement émue, Croira que ta voix vient du bord,
Peins-moi tes plaisirs purs, que mon âme t'envie: Dis-moi combien de fois, des flots et de la mort, Ton courage a sauvé ta vie.