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CHANT DU PECHEUR

« Je te salue, ô mer! paresseuse, qui dors Quand déjà tout s'éveille et que l'aube étincelle. Sur ton onde, où le ciel sema tant de trésors, Reconnais-tu la main fidèle Du vieux pêcheur né sur tes bords "?

a Noble mer! dans tes nuits de colère sublime, Souvent j'ai vu tes flots, poussant de sombres cris, D'un navire détruit emporter les débris. Aussi, quand ta fureur se réveille et s'anime, Quand le char de l'orage, en volant sur ton sein,

Pour ornière y creuse un abîme, Et, dans les cieux voilés, sonne comme un tocsin.

Je bride ma voile, et soudain De mon bon gouvernail je détourne la barre ; Puis, bravant l'ouragan, ton courroux et la mort,

Bientôt ma barque atteint le port! »

PROMENADE SLR MER.

Pêcheur, arrête ta nacelle!

J'aperçois sous la mer une verte forêt, Où des poissons l'écaillé argentée étincelle,

Puis, comme un éclair disparait.

Le rouget y fouille la vase, Et la muge y décrit des cercles inégaux.

Rien ne peut peindre mon extase, Quand je vois voltiger, dans nos limpides eaux. Ces beaux poissons ailés, pareils à des oiseaux.

Et l'algue que le soleil dore.

Pêcheur! à l'horizon, la mer Des feux du jour se décolore.

Le soleil est monté dans les hauteurs de Pair... Vogue, pêcheur, et chante encore !

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