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MA ITÈRE ET MON ENFANT

Et toujours repoussé sur le gouffre odieux.

Et c'est pourquoi, mon Dieu ! quand ta bonté m'envoie

Un fils que je devrais accueillir avec joie,

Je ne sais, moi, que rien ne peut plus éblouir,

Si je dois m"affliger ou bien me réjouir.

Devant un berceau neuf j'ose rêver la tombe.

De mon ciel de bonheur ma félicité tombe ;

Et je ne sais pourquoi ces pensers criminels

Étouffent, dans mon sein, les transports paternels.

C'est qu'aussi, chaque jour, mon âme inassouvie Enfonce son scalpel dans les chairs de la vie : Et je sais qu'elle porte une blessure au cœur, Que l'on doit ignorer si l'on tient au bonheur. Je sais que la liqueur qui verse la folie Recelé, dans la coupe, un fond d'amère lie ; Que le calice d'or de la plus pure fleur Est toujours dévoré par l'insecte rongeur; Qu'au fond du lac d'azur veille un reptile immonde; Que la parfaite joie est un songe en ce monde ;

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