‹ Le chaos et l'harmonie universelleChapitre 14 sur 41 · L'ÉGOÏSME ANIMAL · texte numérisé non relu

L'ÉGOÏSME ANIMAL

Un corps solide soumis à des chocs prend un mouvement vibratoire caractéristique de sa forme, et impose ce mouvement vibratoire à ses parties constitutives ; mais s'il est en relation avec un phénomène physique d'une autre dimension qu'un choc d'échelle mécanique, s'il est éclairé par de la lumière bleue, par exemple, ou baigné dans des effluves de musc, sa forme n'intervient aucunement pour transporter jusqu'à ses particules constitutives le reflet de ce phénomène optique ou chimique. Au contraire, un animal supérieur a des fenêtres ouvertes sur des phénomènes extérieurs se produisant aux échelles les plus diverses. Par toute sa surface il est accessible aux chocs et aux échanges de chaleur ; il est soumis par ses oreilles à l'influence des phénomènes sonores; par ses yeux à celle des lumières les plus variées. Les particules odorantes l'influencent par l'intermédiaire de son nez ; les corps chimiques dissous agissent sur les papilles de sa langue.

Et toutes ces énergies si diverses, dont chacune entre par la porte qui lui est ouverte, sont le point de départ de phénomènes de

même ordre, qui parcourent Torganisme en tout sens, les influx nerveux. Ainsi, en chaque point d'un animal supérieur, se manifestent, sous forme d'influx nerveux, des répercussions de phénomènes extérieurs se passant aux échelles les plus variées. On pourrait dire, dans un langage imagé, que Têtre vivanttransforme en une seule forme d'énergie, l'influx nerveux, toutes les formes d'énergie qui, du milieu ambiant, peuvent influencer ses éléments sensoriels. Cette manière de parler, qui n'est peut-être pas à l'abri de toute critique \ a du moins l'avantage de faire comprendre d'un seul coup le rôle de totalisateur que joue l'animal dans l'ambiance. Des énergies de dimensions inconciliables se transforment dans l'individu en des influx nerveux qui sont, sinon identiques et additionnables, du moins du même ordre de grandeur.

Or, les influx nerveux qui parcourent l'organisme vivant jouent un rôle de première importance dans la détermination du genre d'activité de chacune de ses parties, dans ce qu'on appelle le fonctionnement de ces parties. D'autre part, en fonctionnant, c'est-à-dire en agissant, en se remuant, etc., l'animal joue un rôle dans le milieu ; il n'est donc pas sans intérêt pour les corps du milieu que les phénomènes dont ils sont le siège, impres-

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