Cfr. plus loin « le dire de M. de Montdenoix », page
■-'..M. de Pancemont, curé de Saint-Sulpice, fut sérieusement menacé durant ces jours. Onl'accusait d'avoir signé la Protestation du Chapitre. C'étail une nouvelle preuve de l'attachement que Messieurs de Saint-Sulpice ont toujours témoigné aux chanoines de Notre-Dame. Nous en avons trouvé une autre dans la lettre écrite par M. le ciin; de Saint-Sulpice en 174G, pendant la vacance du siège, pour protester contre les usurpations des droits du chapitre par le Grand-Prieur de Saint-Germain des Prés, qui prétendait exercer alors la juridiction de vicaire capitulaire sur la paroisse Saint-Sulpice au détriment du Chapitre. Le Grand Prieur «'tait pourtant appuyé par Msr le Prince de Clor.nont, abbé commandataire de Saint-Germain. Cfr. l'unci. capit., année 1710. — Abbé Jager: IIi<l<>i/v de l'Église catholique en France, t, XIX.
que le Cloître entier ne fût incendié le 14 avril 1790 par rapport à cette correspondance et à la nouvelle Protestation du Chapitre, qui en était le résultat. Cinq à six mille personnes, parties du Palais-Royal dans cette intention, averties par le brave Poissenet, grenadier du bataillon de Sainte-Opportune, que moi, archiviste, était leur frère d'armes et ni chanoine ni prêtre, mais père de famille, se contentèrent de brûler la Protestation sur le Parvis en dansant autour du feu et se retirèrent paisiblement1. »
Pavillet eut peur! la populace était donc bien menaçante et bien osée pour pénétrer jusque dans les Archives du Chapitre! Peu après, la police intervint; ce fut pour supprimer la Protestation et en interdire le colportage.
Le 20 mai, s'ouvrit à l'Assemblée nationale la discussion générale sur la Constitution civile du Clergé ; c'était pour le Chapitre l'annonce de sa suppression prochaine. Chaque jour à la tribune quelque orateur tonnait contre les sinécures ecclésiastiques, parmi lesquelles étaient toujours comptés les canonicats ; le Comité ecclésiastique poussait de tout son pouvoir le projet de loi élaboré dans son sein, et les propositions les plus extravagantes au sujet des Chapitres, élueubrations decerveauxmalades, étaient prises en considération par l'Assemblée et conservées dans ses Archives {. Après un débat, que nous ne décrirons pas ici, le 12 juillet, la Constitution civile du Clergé fut décrétée par l'Assemblée nationale et sanctionnée par le roi le 24 août suivant.
Dans cet intervalle, plusieurs cérémonies attirèrent encore à Xotre-Dame les foules toujours avides de spectacles religieux, tant il était difficile, pour nous servir du mot de Mirabeau, de décatlioliser la France !
Le 17 juin, M. le Président du district de Notre-Dame vint pré-