LES VICAIRES PERPÉTUELS
même augmentation, parce que, comme nous l'avons déjà dit, ils sont propriétaires de la totalité de la prébende, dont ils perçoivent le gros et nous le casuel '. »
Le Chapitre, par une suite d'indulgentes concessions, voulut bien satisfaire en partie aux récriminations des vicaires perpétuels, puisque au lieu de 200 1. qui leur revenaient sur la Mense de Saint-Germain en 1774, ils en percevaient près de 1.000 1. en 1790, comme l'indique le compte de détail, que nous avons donné plus haut. Mais l'esprit frondeur et taquin des vicaires perpétuels leur défendait d'agréer avec reconnaissance les bienfaits du Chapitre. Si on leur refuse, ils font valoir l'égalité de leurs prébendes et de leurs titres avec ceux des chanoines; eston généreux à leur égard , on les blesse ! « Cette rétribution (de 4 sols d'augmentation nous a été commune à tout le baschœur, écrivent-ils encore au Chapitre : et, obligés de nous donner un rang dans votre église, vous nous avez mis dans l'ordre des gagistes, ce que vous n'avez pu faire sans dénaturer le principe de notre constitution2. » Aussi, pendant les quarante dernières années, ces quatre ecclésiastiques sont animés à l'égard du Chapitre des sentiments les plus hostiles. Un moment, la lutte prit une tournure héroï-comique : pour taquiner les chanoines, ils se mettaient, au chœur, quand ils faisaient leur semaine, aux places les plus incorrectes; en 1752, ils brillèrent par leur absence au synode capitulaire ; ils n'avaient nulle envie d'entendre à leur adresse les monita du Doyen. Un autre jour, M. le Sous-Chantre se plaignit, au grand scandale de ses confrères, « que l'office a manqué par faute des vicaires perpétuels et particulièrement de M. Le Roux3 ».
Ce dernier, vicaire perpétuel de Saint-Martin des Champs, faisait le cauchemar de nos bons chanoines, contre lesquels il soutenait une lutte déjà semi-séculaire. Il est toujours en mouvement, réclame sans cesse, joue tous les tours possibles au Chapitre, qui, las de sa manière d'agir et de celle de ses con-