Bibl. Nat. LK- G
>. Ibid.
'■'<. Restaura par Cliquot, il fui inauguré aux premières vêpres de l'Ascension L787.
I. Eu 1755, le Chapitre régla connue il suit tes devoirs ri 1rs profits des organistes" qui dictum offîcium exercebunt alternatim per 1res menses. habebit unusquisque eorum pro stipendiis sui trimestris summam 200 libenarum in Une cujtislibet trimestris per clericum seu reeeptorem fabriese, cum uno pane capitûlari quolibet die*. En 1783, le Chapitre vota 100 livres d'augmentation à chacun des quatre organistes.
o*2 CHAPITRE DE NOTRE-DAME DE PARIS EN 1700.
et l'autre du Cloître; ils avaient droit, tous les deux ans, à Un baudrier neuf pour la fête de Pâques. Quand nous étudierons l'administration judiciaire et financière du Chapitre, nous verrons le personnel qui y était attaché *.
Nos vieux chanoines nous en voudraient si nous ne ressuscitions pas en même temps qu'eux les gentils angelots qui chantaient au chœur de Notre-Dame et voletaient par les rues du Cloître. Au bas de leurs stalles replaçons leurs enfants de chœur, et, parmi les maisons claustrales, recherchons et visitons ce joli nid de rossignols, ou, si vous voulez que nous nous servions du langage écolier, cette cage où s'apprenaient à gazouiller nos petits chanteurs et qui s'appelait la Maîtrise, « familia et domus Puerorum chori ».
Cette modeste famille se composait de douze enfants ou jeunes gens, qui étaient nourris, vêtus, entretenus aux frais du Chapitre. Les derniers mois de 1790 avaient laissé deux vides dans les rangs des enfants de chœur : Gabriel Pottier fut rendu à sa famille, le 18 août, pour raison de santé 2 et, le soir de la Nativité de la Sainte Vierge, Ambroise Pottier, son frère, quitta la Maîtrise pour faire sa philosophie \ Les événements, qui se
1. Pour n'oublier personne dans cette résurrection, nous dirons que les pains d'autel étaient achetés à la veuve Grébude; que la demoiselle de Vitry blanchissait le linge tin. et la femme Dumoulin le gros linge: enlln qu'il y avait à la sacristie un garçon du nom de Robert et •• le petit servant de messe ». Bibl. Nat., mss. n. a. fr. 2796.
2. Ilétait de Belleville; il entra à la Maîtrise en 1782, à l'âge de 7 ans. Arch. Nat. LL. 232 3S. Son renvoi est décidé dans les Concl.du IN août et du G septembre, malgré Tavis du médecin qui demandait encore six mois pour se prononcer. Il reçut une gratification de 100 écus. Arch. Nat. LL. 2:12 '*-.
3. Conclusion du 10 septembre 1790. Le Chapitre devait lui servir pendant deux ans une pension annuelle dp 450 livres, à prendre sur les revenus de la fondation de M. de.Mondran. Cfr. infrà, chapitre iv. Le Chapitre aurait désiré donner la place vacante à un enfant de la famille Pottier: il en fit part aux parents qui refusèrent. Concl. du 6 septembre.
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précipitèrent à l'époque de la rentrée, empêchèrent les chanoines de combler ces vides ' .
Au chœur, les jours de grandes fêtes, les enfants étaient revêtus de leurs soutanes rouges « en raz de castor », de l'amict et de l'aube fine en batiste, relevée par une ceinture de fil blanc : les jours moins solennels, la soutane était en drap noir, l'aube était de simple toile, et, durant l'hiver, c'est-à-dire depuis le 17 octobre jusqu'à Pâques, ils portaient en plus un camail pointu avec capuchon sur une large chape de drap noir. Ouand ils étaient d'office à l'autel, ils étaient parés de a tuniques de velours cramoisi à orfrois en moires, broderies et galons d'or », ou de « tuniques avec orfrois de tapisserie de différentes couleurs bordées d'un passe-poële (sic) d'or ? ». Le spé, qui était le premier et le chef des enfants de chœur, revêtait la chape pour
1. Le Chapitre remit en effet au 3 lévrier 1791 la nomination aux deux places vacantes à la Maîtrise. Nous avons trouvé aux Archives Nationales, F. 19, n° 612, un document datant des dernières semaines de 1790, qui nous donnent des détails biographiques intéressants sur les dix derniers enfants de chœur de l'ancien Cha pitre, que le clergé constitutionnel trouva à Notre-Dame et auxquels il offrit de les attacher au service de la paroisse. Nous les avons complétés de quelques renseignements, recueillis dans les Conclusions capitulaires. 1. Le premier est Jean-François Guérin, né à Paris le 22 février 1773; il était fils de Louis-Pierre Guérin, ancien serviteur de M. Despeignes, payeur de rentes et demeurant vis-à-vis la Grille du Palais. Depuis le départ de René-Nicolas de Guérie (Concl. cap. 1789), il était spé des enfants de chœur. Le 29 janvier 1790, il présenta requête au Chapitre pour être autorisé à laisser croître sa chevelure, demande qui indiquait son intention de quitter bientôt la Maîtrise. Les chanoines s'alarmèrent à la perspective de ce départ prématuré, qui allait les priver d'un spé des plus experts dans les cérémonies, et d'office ils obligèrent Guérin à rester jusqu'au 8 septembre 1791. — 2. Pierre-Jean- Valéry Varet, né à Soissons le S juin 1773. Son père demeurait chez M. Desplasses, quai de Miramionnes, n°20.— 3. Nicolas-Jean-Denis Hène, né à Pa ris le 10 janvier 1775. Il était orphelin : feu son père était cuisinier chez M. deMontagu, qui se disait son protecteur. — 4. Louis-Germain Lallemant, né à Paris le 2 août 1770. 11 était fils d'un artisan ambulant. Une demoiselle prenait soin de lui. —5. Jean-Louis Peutat, né à Avallonle 21 octobre 1775. Son père était maître de musique à la collégiale de cette ville. —0. Jean-Denis-Ignace Baudron, né à Paris, le 9 octobre I77(i; son père, modeste marchand, demeure rue de Charonne chez un pâtissier. — 7. Pierre-François Giroust, né à Versailles le 30 mai 1777; fils d'un maître de musique chez le Roi. — 8. Jean-Marie-Joseph Le Rèche, né à Paris le :\ mai 1779; il est fils d'un sergent-major des (iardes Françaises. —9. Marie-Louis-Auguste Houeherat, né à Paris h' 8 mai 1781; fils d'une coiffeuse, dont le domicile était inconnu. — 10. Louis-Antoine-Henri de Segrave, né à Dole en Franche- Comté le 16 novembre 1781. Son père mourut chevalier de Saint-Louis et breveté colonel. Sa mère habitait rue des Marmouzets. 2. Inventaire du 22 novembre 1790. IL N. mss. n. ac,ir.2790.
porter la croix et se couvrait « d'un soc l » pour tenir la patène pendant la grand'messe. L'insigne de son autorité sur ses jeunes collègues consistait en une baguette dorée ~.
Nous connaissons aussi leur uniforme laïque , assez coquet du reste : culotte bleue, gilel d'espagnolette et veste bleue. Leur coiffure consistait en un modeste bonnet de laine :|. Mais ce qui devait être le plus sensible même à des enfants, à une époque où les cheveux étaient un ornement indispensable du visage et presque une partie du costume, c'était de sentir chaque mois le rasoir du médecin se promener impitoyablement sur leurs tètes et les rendre chauves comme des vieillards prématurés'1.
Hâtons-nous de dire que le Chapitre savait, par de paternelles attentions, tempérer pour ses pupilles les rigueurs de la coutume. L hiver surtout, il craignait que le froid glacial, qui régnait à l'église pendant les offices de la nuit, ne privât ses chanteurs de leurs voix angéliques. Aussi, pendant les grands froids qui signalèrent les débuts de Tannée 1789, leur permit-il de faire croître leur chevelure et de porter, même le jour de l'Epiphanie, les habits de chœur d'hiver, interdits les jours de fête :\ Sont-ils malades .'
1. La forme de ce soc était assez étrange. Paris une gravore du Cabinet dos Estampes à la Bibliothèque Nationale, signée I!. Picard, et ayant pour sujet « Messe solennelle célébrée par Monseigneur V Archevêque au Maître Autel de V Église de Notre- Dame de Paris ». on voit au milieu du sanctuaire 1<' spé revêtu de son soc et quatre entants portant des flambeaux el parés «les tuniques dont nous avons parlé. Ce soc a la forme d'une chape coupée au milieu du dos de bas en haut et dont les deux parties sont réunies par quatre bandes brodées.
2. Le Cérémonial de M. de Noailles (1703) décrit ainsi cette baguette : « Baculum argenteum deauratum. liliis ejusdem métal li ubique sparsis ornatum, longum duospedes, cujus linea diametralis ad très cirçileraut quatuor lineas extenditur, in eu jus siimma parte est imago argentea Beatae Virginis suum Filium gestantis, in imà capui serpentis ex eodem métallo. »
:!. Cfr. Inventaire du 30 novembre 1790.
4. Les enfants étaient rasés la veille du premier dimanche de l'Avent. la surveille de l'Epiphanie après les Vêpres, la veille de la Purification après la messe, le premier samedi de carême après compiles, pour Pâques, le samedi avant les Rogations, la veille de la Fête-Dieu après la messe, la veille de la Visitation après les Vêpres, la surveille de l'Assomption, la veille du 8 septembre, la surveille de Saint-Denis et la surveille delà Toussaint. Areh. Xal. L. 528, passim.
5. Les chanoines craignaient que le froid n'incommodât leurs enfants de chœur au point de faire à l'économe la recommandation suivante : « Il aura attention de présenter en hiver les chemises devant le feu avant de les distribuer », Règlement. Arch. \<if.. I... 528, n. 27.
LE SPE m ENFANTS DE CHŒUR
Soutenant la patène pendant la grand'Messe à Notre-Dame.
(Extrait d'une gravure de B. Picard : Monseigneur l'Archevêque célébrant la grand'Messe au Màitre- Autel de Notre-Dame. Bibliothèque Nationale. Cabiuet des Estampes. Topographie.)
LA MAITRISE. ns
rien n'est épargné pour le rétablissement de leur santé. Le chirurgien se fait chaque année payer des notes qui indiquent que ses visites ne sont pas espacées : il est vrai qu'il est chargé non seulement de soigner les enfants, mais encore de les tondre, de les saigner, de les visiter : « pro visitationibus, tonsuris, vense sectionibus et aliis sine artis operibus ' ». Messieurs les Inspecteurs obtenaient pour eux des bains de rivière, qu'ils prenaient à rétablissement du Terrain2, même aussi d'être envoyés aux eaux de Bourbon-l'Archambault :{, si renommées alors. A la belle saison, les enfants de chœur étaient conduits en promenade l'aprèsmidi à Saint -Victor, aux Chartreux, aux Invalides, et le Chapitre, pour ne pas abréger la partie de plaisir, consentait à avancer d'une heure l'office de Xone. Le pèlerinage annuel à la basilique de Saint-Denis était la grande sortie de l'année; cette fois, la journée entière y passait 4.
Deux chanoines appelés Inspecteurs ou Intendants de la Maîtrise, et désignés chaque année au chapitre général de la Saint- Jean, étaient spécialement chargés des enfants de chœur. MM. de Mondran et Delon furent les derniers qui remplirent cette tâche si intéressante. Ils devaient veiller au maintien de la discipline, présenter les requêtes des enfants de chœur, pourvoir à leur recrutement, examiner ceux qui sollicitaient des bourses au collège de Fortet et surtout régler les dépenses. Celles-ci s'élevaient chaque année à la somme de 15.000 1. environ5.
La direction effective de la maison était laissée au maître de musique de Notre-Dame; c'est à lui qu'incombait la lourde charge de l'instruction et de l'éducation des enfants. M. Guilleminot-Dugué, ayant repris en 1788 le bâton de maître