Bibl. nat., mss. déjà cité
LA MAITRISE. :, g
que une journée de bénédictin1. Bien souvent, réveilles une première fois un peu après 11 heures 1/2 du soir, ils partaient à Matines et ne regagnaient leurs couchettes que vers deux heures du matin. A (i heures 1/2, réveil général : un quart d'heure est consacré à la toilette, et, à 6 heures 3/4, ils descendent, « rangés sur deux colonnes en la manière et Tordre accoutumés », dans l'oratoire pour prier Dieu. Chacun d'eux fait par semaine la prière a son tour, môme les plus petits dès qu'ils savent assez bien lire : « Ils se mettront à l'étude du latin à 7 heures précises et n'en sortiront qu'un quart d'heure avant qu'on sonne Prime. Estant sortis de l'est ude, ils iront déjeuner, après quoy ils se prépareront à assister à l'office. Ils auront soin de nettoyer leurs souliers, se pareront les uns les autres et observeront que l'aube de chacun soit à un pouce de terre. Un moment avant de partir pour assister à Tierce, ils se rangeront deux à deux sous la grande porte de la Maistrise, sortiront tous ensemble dans le mesme ordre, suivis du Maistre de musique, qui donnera une attention singulière pour les contenir dans une grande modestie, les fera marcher d'un pas uniforme et réglé et observera qu'ils soient décemment parés. Arrivés dans l'église, ils feront un demy-cercle autour du bénitier de la Porte-Rouge pour recevoir l'eau bénite de la main du maistre ; ils iront de là au revestiaire par les bas-costés, descendront dans la sacristie basse pour attendre le moment d'entrer au chœur : le maistre leur recommandera et leur fera observer un silence régulier et punira sévèrement celuy qui le romproit pour parler à MrB les Bénéficier s ou Gagistes; ils entreront dans le chœur avec une grande modestie, les yeux baissés et se rangeront suivant l'ordre qu'ils auront prévu avant de sortir de la Maistrise.. L'office étant fîny, ils retournent à la Maistrise suivis du Maistre de musique... Dès qu'ils seront arrivés, ils quitteront leurs habits d'église, se mettront à dix heures et demie (mesme à onze, si l'office avait duré plus longtemps , à l'estude de la musique jusqu'à midy. Ils dîneront à midy précis, se rangeront à table après avoir chanté le Bénédicité, chacun suivant son rang;
1. Ce règlement manuscrit est date de 1733. Il était encore observé à la lettre en 1790. .1. .V., L. 528, n. ■>:.
le spé fera les parts et nul ne pourra s'absenter des repas que pour cause de maladie. La classe de musique commencera à une heure précise et durera jusqu'à deux, après quoy ceux des enfants, qui devront des versets à Vespres, les chanteront et les rendront par cœur. Quand on commencera à sonner le pénultième coup de Vespres, ils iront se ranger sous la porte cochère pour attendre le moment de partir, d'abord qu'on sonnera les petites cloches... Les Vespres étant finies, ils retourneront à la Maistrise; un quart d'heure après qu'ils seront rentrés, on leur donnera à goûter. La classe de latin commencera à quatre heures précises et finira à six heures et demie. Les enfants emploieront le reste du temps jusqu'à souper tant à prévoir et à répéter les leçons qu'à chanter les versets et répons qu'ils devront à Matines. On sonnera le souper à sept heures... Ils auront récréation depuis le souper jusqu'à huit heures et demie; on fera la prière; laquelle finie, les enfants monteront sur-le-champ dans leur dortoir. »
Le Chapitre veillait aussi avec zèle à ce que ses petits clercs fussent formés convenablement à la piété. Il chargeait de ce soin le maître de latin, qui leur faisait des cours d'instruction religieuse et les préparait à la digne réception du sacrement de Pénitence. (Tétait ordinairement M. le Grand Pénitencier qui recevait leurs confessions pour les quatre grandes communions générales, qui se faisaient au Maitrc-Autel de Notre-Dame; mais les enfants étaient engagés à se confesser et à communier pour le premier dimanche de chaque mois. Monseigneur l'Archevêque leur administrait le sacrement de la Confirmation, le jour de la Pentecôte, dans une chapelle de Notre-Dame et même quelquefois au chœur pendant le chant de Tierce '. Enfin, si la mort trop hâtive venait frapper un de ses chers enfants de chœur, le Chapitre faisait célébrer, pour le repos de son âme, une messe à la chapelle de la Vierge 2.