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Cfr. 31. Sicard, Les Évê/jucs avant la Révolution

seulement avaient été nommés directement par l'archevêque de Paris, dont dix-neuf par M. de Reaumont et cinq par M. de Jnigné. Dix avaient profité de la résignation ou permutation d'un de leurs parents ou amis; M. de Dampierre, sans doute sur la désignation de M. de Juigné, alors archevêque-élu de Paris, « ! c .iit il était déjà vicaire général à Chàlons, fut nommé par le Roi, pendant la vacance du siège, en vertu du droit de Régale; MM. Patert,du Bois-Basset et de la Fage avaient été admis par insinuation, et M. de Sincholle d'Espinasse désigné par l'archevêque, mais en vertu de l'Induit placé sur lui par le Roi. Enfin les deux chanoines dits de Saint-Aignan, dont nous expliquerons plus loin l'origine, MM. Duchesne et Chevalier, avaient été, selon le droit, élus par le Chapitre 1.

Très variés aussi étaient les antécédents de nos chanoines : M. Morin du Marais fut auparavant officiai et syndic du diocèse de Paris; M. de Méromont, pénitencier; M. de Floirac, grand vicaire de Ciiâlons ainsi que M. de Dampierre; M. Le Moine, chapelain de Sainte-Anne; M. Rivière, chanoine de Saint-Merry; M. Chillaud des Fieux, de Saint-Ilonoré; M. Chevalier, grand distributeur du Chapitre; M. de la Fage, promoteur général de Paris; M. Duchesne, chanoine-prêtre de Saint-Denis du Pas; M. du Marais, curé d'Andilly. M. Delon était le dernier chanoine de Saint-Germain l'Auxerrois 2, dont le Chapitre fût uni en 1740 à celui de Notre-Dame'1. M. Sincholle d'Espinasse était un ancien jésuite, qui avait professé dans les Universités de Perpignan et de Toulouse. En cette qualité, il dut signer,

1. Ces détails ont été pris dans les Lettres do nomination do ces chanoines, conservées dans les liasses des Conclusions capitulair es.

■-'. Le Chapitre de Saint-Germain l'Auxerrois a été uni an Chapitre de l'Église lie Paris, en vertu dos Lettres Patentes du Roi en date du mois do juillet 1740, enregistrées au Parlement le 12 août 1711, sous l'archiépiscopal de M. de Vintimille. Les deux Chapitres furent réunis pour la première fois au chœur de Notre-Dame 1'' r> août suivant.

:'.. La situation de M. Delon à Notre-Dame était toute différente de celle de ses autres confrères, en raison de son titre d'ancien chanoine de Saint-Germain l'Auxerrois. En cette qualité, il recevait 2.400 1. pour le revenu de sa prébende éteinte et 2.200 1. comme revenu annuel et viager, sans assujettissement à la pointe et sans pouvoir, en cas de résignation ou permutation, se réserver d'autre pension que les 2.2001. Cfr. Déclaration. Arch. Nat. S. 460, fol. 105.

le jour de son installation, un acte dans lequel « il promet de maintenir les libertés de l'Église Gallicane, notamment les quatre Articles et la Déclaration du Clergé de France de 1682, qu'il a dit bien connaître1 ». Un jésuite!

Le plus célèbre des derniers chanoines de Notre-Dame est l'abbé Bergier. Il refusa longtemps la stalle, que lui offrait l'archevêque de Paris : ses scrupules reposaient sur les fréquentes absences, que lui imposaient ses fonctions à la Cour et qui ne lui permettaient pas d'observer à Paris une rigoureuse résidence. Ce ne fut que sur de nouvelles et plus vives instances qu'il finit par accepter. Nous ne ferons pas ici l'histoire de sa vie ; les biographes l'ont donnée en détail ainsi que la liste de ses nombreux et savants ouvrages.

Les mêmes principes touchant la résidence firent refuser, en 1789, à M. de Bonneval l'évêché de Senez, dont le titulaire, M. de Beauvais, était mort le jour de Pâques delà même année au Palais archiépiscopal de Paris 2. Nous verrons bientôt M. de Bonneval se distinguer dans les Assemblées électorales et à la Constituante.

Bien que M. Jean Pey ait résigné sa stalle à son neveu en 1789, nous devons le citer parmi les dernières illustrations du Chapitre, dont il était toujours chanoine honoraire. Certains de ses ouvrages ont mérité par leur orthodoxie cette désapprobation flatteuse du janséniste Camus : « Le livre de M. l'abbé Pey, écrivit- il dans sa Lettre sur la Profession d'avocat, est un des plus adroits et des plus savants que l'on ait composés sur cette matière; c'est en même temps un de ceux où l'on porte à un plus grand excès les prétentions ecclésiastiques. » Son ouvrage De l'Autorité des Deux Puissances, auquel Camus fait ici allusion, eut trois éditions.

1. Cfr. sa Déclaration. Anh.Xal. S. 7051,7052 et Concl. capil.

■2. M. de Bonneval fit valoir que 1rs rigueurs du climat ne permettraient pas à sa santé une résidence assez continue. Cfr. Mémoires d' Au ri beau. Celui-ci dit de lui : « Cet écrivain, qui a si bien mérité de sa patrie pour les ouvrages que la France doit à son amour pour elle et à son zèle pour la Religion, est digne d'être distingué parmi le petit nombre de Députés à l'Assemblée nationale, toujours fidèle aux vœux de ses commettants. »

M. Brémont est moins connu, et cependant d'Auribeau le cite dans ses Mémoires comme une des illustrations du Chapitre. En 17cS7, il olïïit à la Bibliothèque capitulaire un de ses livres : La Raison dans l'Homme. Il nous apprend lui-même que le Clergé de France voulut bien, Tannée suivante, le recommander au Roi, sans doute en raison des services que ses ouvrages avaient rendus à la Religion, et que Sa Majesté lui accorda un prieuré d'un revenu fort modique *.

Nous distinguons encore M. Mazéas, membre de la Société Royale de Londres et de l'Académie Royale de Berlin2, titres que lui méritèrent ses savants ouvrages, dont il fit hommage au Chapitre quelques jours après sa réception. L'Astronomie étaitelle la science favorite de M. du Pinet? Il décora du nom d'observatoire le belvédère, qu'il fit construire en 1784 sur la façade de sa maison canoniale et qu'il prétendait élever si haut que le Chapitre s'en émut et le pria d'en diminuer les proportions. Enfin M. Lucas était un des plus anciens membres de la Société Royale d'Agriculture.

La Théologie surtout était en honneur dans le Cloître. Les jeunes chanoines marchaient sur les traces de leurs aînés, dont la plupart avaient reçu le bonnet de docteur ou étaient agrégés aux plus illustres collèges, et la science sacrée pouvait espérer conserver longtemps encore à l'ombre de Notre-Dame l'asile sur et paisible, qu'elle y avait trouvé depuis tant de siècles. La salle capitulaire, où Richelieu avait permis aux chanoines de soutenir leurs thèses, retentissait encore des applaudissements

1. CiV. sa Déclaration au Comité dos Pensions Ecclésiastiques, il décembre 1790. Arch. Nat. S. 460. Ce prieuré était celui de Saint-Barthélemy-des-Buissons, au diocèse de Sens.

14. M. de Miordec de Kerdanet, dans ses . Notices sur les écrivains delà Bretagne », dit que M. .Mazéas travailla au Dictionnaire des Sciences et des Arts et qu'il a fourni quelques mémoires aux recueils des Académies, auxquelles il était iié \Francc Littéraire). Voici la liste de. ses ouvrages: ln ■ Éléments d'Arithmétique, d'Algèbre et de Géométrie» avec une introduction aux Sections coniques. 1 vol. in-8°; — 2° Abrégé de l'ouvrage ci-dessus. 1 vol. in-12. — 3° Instilutiones philosophicœ seu elementa Logicx et Metaphysicœ nova facilique melhodo digesta. '■'< vol. in-12. Cfr. Concl. capit., année 1763. Arch. Nat. LL. 2323i. M. Mazéas était le livre de Guillaume Mazéas, secrétaire d'ambassade, correspondant de l'Académie des Sciences {France Li(lcraire).

que recueillirent, en 1788, MM. Melon de Pradou et Riballier dans la soutenance de leur « Tentative » *.

Les travaux théologiques, littéraires et scientifiques étaient d'honorables occupations pour les chanoines, que la discipline fort sévère du Chapitre, touchant l'assistance aux offices, obligeait à une résidence presque continuelle'2. Nous verrons, dans les pages suivantes, que sur ce point il ne transigea jamais.

Quatre chanoines seulement n'habitaient pas Paris : contrairerement à ce qui se passait dans plusieurs Chapitres du Royaume, où les prébendes étaient fort nombreuses, mais les stalles presque toujours vides. Un autre chanoine, M. Cochu de la Grange, est noté comme absent aux Chapitres généraux avec cette mention « jussu régis ». L'ordre du Roi était un ordre d'exil : le 14 février 1785, M. de Montagu, doyen, avait reçu de M. Lcnoir un billet ainsi conçu 3 :

« J'ai l'honneur de vous informer, Monsieur, qu'il vient de m'ctre adressé des ordres du Roi, expédiés par M. le baron de Breteuil, pour exiler M. l'abbé Cochu dans la maison des Cordeliers de l'Isle Bouchard. Je vous prie d'autoriser l'officier de police, porteur desdits ordres, à en suivre l'exécution. Signé : Lenoir. »

M. le Doyen dut s'incliner devant la volonté royale, mais conformément à ce qui s'était fait sous Louis XV, lors des exils successifs du Parlement, à l'égard des chanoines-conseillers, le Chapitre décida de tenir M. Cochu comme présent et de lui réserver toutes les distributions manuelles des offices du jour 4.

1. La soutenance des thèses au Chapitre n'était pas un fait ordinaire, car la plupart des chanoines avaient déjà pris leurs grades avant leur entrée à Notre- Dame. Nous ne trouvons que de bien rares exemples de ce fait, dans les trente dernières années du Chapitre. Cfr. Concl. capitulâmes, années 1787 et 1788, passim.

2. Les chanoines auteurs se faisaient un honneur d'offrir au Chapitre leurs ouvrages. M. Jean Pey fait hommage de son livre Le Sage dans la solitude, (1787).

M. Brémont, La liaison dans l'Homme (1786).

Un simple machicot, François Guichard, fait hommage au Chapitre d'un ouvrage intitulé : Essai de nouvelles psalmodies ou faux-bourdons à une, deux ou trois voix (1783).

3. Cette lettre est copiée dans les Concl. capil., année 1785. LL. 23239.

4. Aux chapitres généraux, 31. Cochu de la Grange est indiqué comme présent,, avec la note excusalus. Il assiste au chapitre ordinaire du 9 septembre 1789.

LES DERNIERS CHANOINES. Il

M. Cochu resta en exil jusqu'en 1789; nous le verrons alors reprendre pendant quelques mois son rang parmi ses collègues, avant de repartir pour un autre exil, plus douloureux que le premier!

Pour en finir avec les différentes personnalités qui composaient en 1789 le Chapitre de Notre-Dame, nous dirons un mot des deux chanoines de Saint-Aignan, auxquels nous avons déjà fait allusion. Vers 1120, Etienne de Garlande, archidiacre de Paris, fit (•(instruire dans le Cloître une chapelle en l'honneur de saint Aignan, évêque d'Orléans. Pour la desservir, il partagea sa prébende en deux parties, qu'il attribua, du consentement de Gilbert, évoque de Paris, et du Chapitre, à deux chanoines auxquels il adjoignit deux vicaires '. Chacun des deux chanoines n'avait donc qu'une demi-prébende et qu'une demi-part dans certaines distributions, mais ils touchaient intégralement leurs droits pour l'assistance aux offices canoniaux.

Leur fondateur obtint de Gilbert que les deux chanoines sciaient à la nomination du Chapitre. Celui-ci profitait de cette concession pour faire entrer dans son sein les ecclésiastiques qui se signalaient par leurs mérites et les services rendus parmi le clergé inférieur de Notre-Dame. Longtemps il réserva ces deux stalles presque exclusivement au maître de chapelle2. Quand, en 1791, M. Guilleminot-Dugué, dernier maître de chapelle, demanda au Comité des Biens Nationaux de fixer sa pension ecclésiastique , il fit valoir « que les bénéficiers-prètres de l'Eglise de Paris avaient l'expectative certaine des deux canonicats de Saint-Aignan, revenant à eux seuls exclusivement par droit d'ancienneté ». L'espoir de M. Guilleminot pouvait bien alors ne pas être un leurre : 1' « ancien des chanoines de Saint- Aignan », M. Chevalier, était presque octogénaire. M. Guilleminot avait plus d'un titre à la reconnaissance du Chapitre ; mais celui-ci ne devait plus avoir la possibilité de la lui témoigner ;.

1. Cfr. Guérard, Carlulaire deVÉglise de .\otre-Dame de Paris, t. I. p. 328, nm. '»'. Cfr. Chartier, L'Ancien Chapitre de Notre-Dame de Paris et ta Maîtrise^ p. 198-199.

3. Cfr. sa Déclaration au Comité des Pensions Ecclésiastiques. Arch. Xai . S. (60.

Les chanoines de Saint-Aignan jouirent jusqu'à la Révolution de la propriété des deux maisons canoniales, que leur fondateur leur avait léguées. Elles étaient contiguës à la chapelle, sur laquelle chacune avait une entrée : Tune s'appelait « clomus ad diicis aulas »; l'autre, « domus adturrim » l. Nous les signalerons dans notre visite du Cloître.

Les vertus des chanoines, leurs talents , les dignités dont ils étaient revêtus, le rang de leurs familles dans le monde, ne pouvaient manquer d'attirer l'attention du Roi et du Ministre chargé de la Feuille des Bénéfices. En 1780, nous avons compté huit chanoines de Xotre-Dame dans les rangs de l'épiscopat : MM. Moreau, évêque de Mâcon; La Luzerne, deLangres; de Cugnac, de Lectoure; de Nicolaï, de Béziers; de Galard, du Puy; de Fleury, de Tours ; de Bouin, d'Uzès, et de Fénelon, de Lombez 2. Certains chanoines quittaient le Chapitre pour prendre un repos bien mérité ou occuper un autre ministère, tel M. Melon de Pradou, qui devint curé de Saint-Germain -en-Lave. Mais tout lien devait-il se briser entre eux et leurs anciens confrères? Ceuxci leur conservaient, au moment de leur départ, le titre de chanoine honoraire, titre prodigué aujourd'hui que les prébendes sont en fort petit nombre, mais très rare à la fin du xvm° siècle. Aux noms que nous venons de citer, il faut joindre celui de M. Couet, démissionnaire, ancien chanoine de Saint-Germain l'Auxerrois, un des bienfaiteurs du Chapitre, et celui de M. Pey.

Le titre de chanoine honoraire était accordé par le Chapitre : les intéressés lui adressaient une requête pour obtenir de conserver leur rang au choeur et le privilège de porter le costume canonial, pan nos ecclesiœ, quand ils venaient à Notre-Dame. Inutile de dire que la requête était toujours bien accueillie et que le Chapitre se plaisait à entretenir des liens fraternels avec des ecclésiastiques dont la célébrité ne pouvait qu'illustrer une compagnie à laquelle ils voulaient bien continuer d'appartenir3.

1. Cfr. Revue Archéologique, t. IV. année 1847. Bibl. Nat. 8V 684.

"-'. Les chanoines, nommés à des évèehés dans les trois première quarts du xvin* siècle, sont indiqués dans un Manuscrit de la Bibliothèque Nationale. Fonds français. Cérémonial de l'Église de Paris.

3. Comme gage d'estime et de reconnaissance, le Chapitre accordait à quelques

A la tête des cinquante et un chanoines, il nous faut placer les huit Dignités : savoir le Doyen, le Grand-Chantre, les trois Archidiacres de Paris, de Brie et de Josas, le Chancelier, le Sous- Chantre, le Pénitencier. Seuls, le Doyen et le Sous-Chantre étaient à la nomination du Chapitre; les cinq autres dignités étaient désignées par l'Archevêque.

Le Décanat avait presque toujours été confié à des ecclésiastiques remarquables par leurs talents, distingués par leur naissance et considérables dans le monde par l'étendue de leurs relations. Depuis le début du xvnr9 siècle, nous voyons se succéder MM. de Gontaut, de Harcourt de Beuvron, de Saint- Exupéiy, d'Agoult et Tudert. Le dernier doyen de l'ancien Chapitre fut M. Flotard de Montagu, élu le 17 janvier 1780. Cette élection avait été fort laborieuse : elle nécessita neuf tours de scrutin et dura depuis sept heures du matin jusqu'à deux heures et demie du soir. M. de Montaqn avait un concurrent sérieux dans M. Farjonel, qui obtint au premier tour vingt-quatre voix contre vingt seulement données à M. de Montagu; tandis qu'au neuvième tour celui-ci en recueillait vingt-cinq et M. Farjonel vingt et une '.

Une circonstance donna à M. de. Montagu l'occasion de nous apprendre lui-même ses sentiments sur l'excellence de sa nouvelle dignité. Deux années après son élection, pendant la vacance du siège archiépiscopal, il se rendait chaque dimanche à Versailles pour assister au lever du Roi dans l'Œil-de-Bœuf et même il

, mires ecclésiastiques le privilège de porter au chœur de Notre-Dame pannos Ecclesise, les draps de l'Église, comme on disait. Nous avons un exemple de cette concession, faite en 1788, en faveur de M. Le Bou illier, curé de Valenton, qui avait offert au Chapitre trois superbes livres pour servir à la consécration des Saintes Huiles. Cfr. Concl. cap., année Uns.

1. M. de Montagu se souvint de ces lenteurs, et quelque temps après proposa au Chapitre quelques modifications à apporter dans l'élection du Doyen, qui ne furenl jamais sanctionnées.

lui était donné d'entrer jusqu'au prie-Dieu dans l'intérieur de la balustrade du lit de Sa Majesté. Un jour, un huissier malappris lui refusa l'entrée! « Il est singulier, proteste-t-il auprès de M. le duc de Villequiers, que le premier ecclésiastique du Diocèse de Paris reste à la porte tandis que les Prélats y sont admis. Le Doyenné est une prélature, qui ne le cède en rien aux autres. Ma place est remplie par des personnes qui peuvent être à côté de tout le monde. »

C'était au Doyen à présider les réunions capitulaires, à maintenir les institutions et les usages, à représenter ses collègues, à revendiquer leurs prérogatives et à porter jusqu'au pied du trône, s'il le fallait, leurs plaintes et doléances. Le Doyen incarnait pour ainsi dire en lui toute la majesté du Chapitre! Dans les cérémonies solennelles, il ne marchait que précédé de deux bénéficiers et de deux enfants de chœur portant des lumières.

Le Doyen, en sa qualité, avait le droit d'administrer les sacrements aux dignités et chanoines, aux bénéficiers et clercs du bas-chœur de Notre-Dame et aux chanoines et chapelains des quatre églises sujettes. Il était aussi en droit et possession d'avoir un vicaire, qui administrait pour lui et en son nom les bénéliciers et chapelains du bas-chœur de Notre-Dame et des églises sujettes '.

Les revenus du Doyen étaient le double de ceux de ses confrères et atteignaient en moyenne la somme de 16.000 livres; il avait deux prébendes, touchait deux parts dans toutes les distributions manuelles et percevait les revenus du fief décanal de Montreuil, qui s'étendait sur deux cents arpents, puis deux cents bottes de paille sur la ferme d'Epiais, cent gerbes de froment sur la ferme de Tremblav et deux cents bottes de paille sur la ferme de \,Yissous. Nous verrons plus loin, quand nous parlerons du costume canonial, que le Doyen revêtait aux grands jours la robe rouge, honneur qu'il partageait avec le Chantre et l'Archidiacre de Paris 2.

1. Réponse à la consultation du Chapitre d'Orléans, 22 mai 1756.

2. La mort du Doyen était annoncée par la cloche capitulaire. Les ordres mendiants étaient tenus d'assister à son enterrement et son cercueil, en passant devant

Lu seconde dignité, la Chantrerie, était occupée depuis 1784 par M. Kobinault du Bois-Basset. Elle lui conférait la direction du chœur, la surveillance de la communauté des Chantres et la juridiction sur « les Petites Ecoles de la Ville, Cité, Université, faubourgs et banlieue de Paris ». Cette juridiction était exercée par un Jugc-Collateur et Directeur des Petites Ecoles, un vicegérant, un promoteur, un greffier, un huissier et un clerc. Les audiences se tenaient le jeudi à trois heures dans l'Auditoire du Chapitre et l'appel des sentences allait immédiatement au Parlement '.

Ses revenus étaient, sauf le produit du Fief Décanal, égaux en tout à ceux du Doyen , à charge pour lui de fournir les livres de chœur. L'insigne de sa dignité était le Bâton Cantoral, qu'il portait aux jours solennels, quand il entonnait l'Introït, quand il chantait en chape au milieu du chœur le cinquième psaume des Vêpres, pendant les 0 de Noël et dans les cérémonies extraordinaires2. En son absence3, il était remplacé par le Sous-Chantre, M. de Chillaud des Fieux, qui jouissait alors des mêmes prérogatives que le Grand-Chantre lui-même4.

Les Archidiacres étaient les délégués ou représentants de l'évêque. C'était à lui qu'ils rendaient compte de leurs visites, qu'ils faisaient régulièrement chaque année dans leur archidiaconé respectif. Le Chapitre les chargeait d'inspecter, dans leurs

l'Hôtel-Dieu, était encense par les chapelains entoures des sœurs en habit de chœur. Curiosités de l'Église de Paris, 1763, p. 425, 126.

1. Cfr. Curiosités, etc. p. 339. Nous reviendrons sur la juridiction du Chantre qnand nous étudierons les rapports du Chapitre avec l'Instruction publique Comme le Doyen, le Chantre pouvait avoir un vicaire qui, en 1790, était M. Levasseur, chanoine de' Saint-Denis du Pas.

2. Voir chapitre VI. la description du Bâton cantoral déposé au Trésor.

:!. Nous ferons remarquer que le diantre et le Sous-Chantre, le jour de leur installation, faisaient serment d'assister, sans jamais manquer, à tous les oflices. Le prédécesseur de M. des Fieux, M. Lucas, préféra, en 1785, donner sa démission plutôt que de manquera son serment. On leur accordait cependant deux mois de vacances.

1. Les revenus de la Sous-Chantrerie consistaient en deux redevances en argent, Tune sur l'ancienne mense de 119 1. :! s. 9 d.; l'autre sur la Caisse des .Matines de 1821. 10 s.: de plus, en unmuidde blé estimé 2401. Arch. Nat. Déclaration de M. des Fieux, S. 560.

tournées, les nombreuses écoles établies sur ses domaines et entretenues à ses frais : à cette condition, il consentait à faire une exception en leur faveur et leur faisait remettre à leur retour les distributions diurnes, qu'ils auraient gagnées pendant leur absence. En 1790, M. de Launay était archidiacre de Paris; M. des Plasses, archidiacre de Brie; M. de Malaret, archidiacre de Josas. La déclaration que M. des Plasses fit au Bureau de la Liquidation des Pensions Ecclésiastiques en 1791, nous indique les revenus que touchait un archidiacre. Il jouissait : 1° du droit de visite, qui consistait à recevoir à la visite d'une paroisse 50 sols du curé et 10 sols de la fabrique; 2° du droit de spolium; à la mort de chaque curé, il avait le droit de prendre « son meilleur lit garni, robbe ou soutane, ceinture, surplis, aumusse, bréviaire, bonnet quarré, cheval ou mulet ». Lorsqu'il présidait le service des funérailles, il percevait la somme de trois livres avec les cires et oblations pour droit de sépulture; puis il touchait, pendant toute la durée de la vacance, les revenus de la cure à charge de faire desservir la paroisse l ; 3° dans le temps de déport, c'est-à-dire depuis le mercredi des Cendres jusques et compris le jour de la Trinité, l'archidiacre ne recevait qu'un tiers des revenus des cures qui devenaient vacantes dans cet intervalle ; le reste revenait à l'archevêque 2.

Ces droits avaient été plusieurs fois fort menacés, particulièrement en 1787; ils furent totalement éteints et supprimés le 4 août 1789. Aussi le Bureau des Liquidations ne les reconnut pas et ne fit pas entrer en compte leurs produits pour fixer la pension des Archidiacres.

Le Chancelier de l'Eglise de Paris était, de temps immémorial, de droit Chancelier de l'Université : c'était donc un personnage fort en vue. Cette éminente dignité avait été conférée en 1780 par M. Christophe de Beaumont à M. Chevreuil, dernier successeur des Pierre Lombard et des Gerson. Nous ne parlerons pas

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