‹ Le chapitre de Notre Dame de Paris en 1790Chapitre 7 sur 130 · Arch. Nal. S. 5Gn · texte numérisé non relu

Arch. Nal. S. 5Gn

■2. Los lotis et ventes provenant de la Mense de Saint-Germain étaient intégralenii 'lit employés aux distributions pour les offices du chœur, selon la teneur du Décret d'L'nion. Arch.Nat. S. 450.

3. Parmi les distributions, les unes devaient être partagées seulement entre les ecclésiastiques réellement présents; les fruits des absents revenaient alors à la Recette: les autres devaient être intégralement distribuées, quel que fût le nombre des absents: on disait alors que ces distributions <• accroissaient aux présents •>.

de ces revenus éventuels. Les funérailles et les inhumations, célébrées ou faites à Notre-Dame, étaient l'occasion de distributions extraordinaires payées par les familles des défunts et partagées entre les présents. Plusieurs distributions de cire étaient faites dans le cours de Tannée : les unes étaient liturgiques, comme celle de la Purification et des 0 ou Grandes Antiennes de Noël; d'autres étaient honorifiques. Ordinairement deux fois Tan, à la Septuagésime et vers la fin de juin, Messieurs du Chapitre, sur l'invitation du Chancelier, voulaient bien honorer de leur présence la séance solennelle dans laquelle l'archevêque recevait, en son palais, les nouveaux licenciés. Ceux-ci offraient soixante livres de cire blanche ; six livres étaient réservées pour l'archevêque, le reste était partagé entre les chanoines *. Enfin, le matin du premier janvier, dans la réunion capitulaire où les chanoines s'offraient mutuellement leurs vœux de bonne année, le Chapitre donnait comme étrennes xeniorum in modum, une livre de cire à tous ses membres, même honoraires ou in minoribus.

Le 4 janvier, le Chapitre célébrait YObit salé, pour le repos de l'âme de Louis XII et de son père Charles, duc d'Orléans. Le roi Louis XII, par Lettres patentes données à Etampes la première année de son règne, fonda un obit solennel et perpétuel en l'Eglise de Paris, pour la célébration duquel il donna aux Doyen, Chanoines et Chapitre de ladite Eglise la quantité de deuxmuids de sel à prendre par les mains des grainetiers et conseillers du Grenier à sel de Paris en pavant le droit et le prix de marchand seulement 2. D'où son nom d'obit salé. Depuis quelques années, le receveur du Grenier à sel faisait difficulté de délivrer la provision à de telles conditions et voulait exiger tous les droits imposés sur le sel. Le Chapitre parvint à maintenir son privilège jusqu'en 1789,

1. Nous ne voyons pas que cette cérémonie et cette distribution aient eu lieu les (li'ux dernières années du Chapitre.

2. Nous avons trouvé l'état de distribution de l'année 1778, qui nous indique le partage des libéralités de Louis XII. Le Doyen et le Chantre recevaient chacun 1 minots de sel: les autres chanoines deux. seulement, sauf les chanoines de Saint- Ai.ii.iii. auxquels un seul était attribué, ainsi qu'à trois officiers du Chapitre. Les conseillers-clercs, quoique absents, avaient part à la distribution. Cfr. Concl. tapit-, s février 1775 el Arch. Nat. L. 170, n. 50.

mais Tannée suivante le privilège ne l'ut plus reconnu et la fondation de Louis XII n'eut plus son effet.

D'après les tables des distributeurs et en se servant des indications données dans les Déclarations individuelles des chanoines au Comité des Biens nationaux, on peut estimer qu'un canonicat à Notre-Dame pouvait rapporter à un chanoine, assez exact à assister aux offices du jour et de la nuit, une moyenne de 7.000 1. '.

Presque tous les chanoines jouissaient d'autres revenus sur des abbayes, prieurés, chapellenies, etc., qui constituaient à plusieurs d'entre eux de véritables fortunes. Ainsi M. de Montagu recevait près de 64.000 1. de ses différents bénéfices, M. de Bonneval 60.000 1., M. Morin des Marais 32.000 1., M. Bertrand de Beaumont 28.000 1. Le tableau suivant donne le détail des revenus ecclésiastiques possédés par quarante chanoines 2 :

M. de Montagu. Abbaye de Frémy, ordre de Saint-Benoit, diocèse de Cambrai : 48.321 1., 2 s. 4 d.

M. du Bois-Basset. Cbantrerie : G. 000 1. ; — pension sur l'abbaye de Notre-Dame d'Oigny : 1.030 1.

M. de Launay. Archidiaconé : 1.000 1. ; — pension sur l'abbaye Saint- Pierre de Vierzon : 1.000 1.

M. de Malaret. Archidiaconé : 1.000 1. ; — prieuré de Sainte-Rose de Miradoux, diocèse d'Agen : 2.000 1. : — chapellenie de Fintrailles, près Tarbes : 000 1. ; — prieuré de Balagnier, diocèse de Vabres : 300 1.

M. des Plasses. Archidiaconé : 1.000 1.

M. Chillaud des Fieux. Sous-Chantrerie : 541 1. 13 s. 9 d.; — abbaye de

1. Les moins exacts aux offices touchaient au moins 6.5001. Cfr. leurs Déclarations. Los revenus des chanoines étaient nets, sans charge de décimes. « Messieurs ont arrêté que désormais le Receveur Général du Chapitre paiera sur les fonds do Chapitre la part des impositions auxquelles Messieurs les Doyen, Chantre, Sous- Chantre, Chanoines de l'Eglise de Paris, pourraient être imposés par tête poui raison de leur dignité ou prébende, et pareillement que ledit Receveur payera dorénavant sur les fonds du Chapitre les impositions, les taxes auxquelles pourraient être imposés les vicaires perpétuels, bénéficiers, chantres et gagistes, pour raison de leurs bénéfices ou gages, soit que lesdites taxes soient imposées par tète ou autrement à l'exclusion toutefois des cinq autres dignités, dont les revenus ne sont point assignés sur le Chapitre, comme aussi de tous les chapelains, tant delà Nouvelle que de l'Ancienne Communauté ». Concl. tapit., 25 avril 1757. Arch. Nat. LL. -23-2 ".

2. Ces revenus étaient la plupart grevés de charges parfois fort lourdes. Nous n'en avons pas reproduit ici rénumération d'ailleurs peu intéressante.

LtS REVENUS D'UN CHANOINE. 2f>

Saint-Sauveur de l'Etoile, ordre des Prémontrés, diocèse de Blois, paroisse d'Authon-en-Vendômois : 2. 5821. ; — pension de 1.400 1. sur l'abbaye de Morigny, près d'Ktampes, diocèse de Sens: — cbapellenie de Notre-Dame des Appâts, aucbâteau de Jaubertes, diocèse de Bazas, paroisse de Saint-Pardon, près l.a Réole : 300 1.

M. Chevreuil. Abbaye de Langouët, diocèse de Quimper : 16.000 1.; — chancellerie : 1.086 1. ».

M. Papin. Pénitencerie : 796 1.

M. Morin du Marais. Prieuré de la Madeleine de Yernon, paroisse de Pressaigny-l'Orgueilleux, diocèse de Rouen : 700 1. ; — prieuré du Bourg- Sainte-Marie, diocèse de Toul : 4.554 1. : — prieuré de Saint-Lupère d'Eauze en Armagnac, diocèse d'Auch : 8.278 1. ; — abbaye de Sainte-Marie de Pairnpont, diocèse de Saint-Malo : 5.060 1. ; — pension sur le prieuré de Saint-Oyant de Moutiers-en-Bresse, diocèse de Besançon : 400 1.

M. Rivière. Abbaye de Saint-Cheron, près Chartres : 6.661 1. ; — pension sur l'Abbaye de Paimpont, diocèse de Saint-Malo: 560 1.

M. Brémont. Prieuré de Saint-Barthélemy-des-Buissons, diocèse de Sens : 2.200 1. (Plus 3 couples de chapons.)

M. du Pinet. Prieuré de Saint-Julien-la-Tourette, paroisse Saint-Pol-de- Mons, diocèse du Puy 2.

M. de Champigny 3. Abbaye de Mondée, diocèse de Lisieux; — prieuré ilf Margère, diocèse de Soissons; — prieuré de Saint-Hippolyte, diocèse de Rodez ; — prieuré de Collimée, diocèse de Séez; — prieuré de Saron, diocèse de Troyes.

M. Camiaille. Cbapellenie de Saint-Sébastien au château du village d'Outrebois, près Doullens : 342 1. ; — les trois chapelles, dites de Fleury, l'une dans la Cathédrale de Lodève, l'autre en l'église paroissiale de Saint- Pierre de Lodève, la troisième en l'église Saint- Jean du village de Ceilhes, diocèse de Béziers : 59 1. ; — supérieur de la confrérie de Saint-Augustin à Notre-Dame : Mémoire.

M. Radix. Abbaye de Notre-Dame-de-la-Prée, diocèse de Bourges : 7.3331. ; — prieuré de Juvardeil, diocèse d'Agen : 1.000 1.

M. d Autichamp. Abbaye de Saint-Basles, diocèse de Reims; — prieuré de Saint-Pierre et Saint-Paul de Lierru.

M. de Bonneval. Prieuré de Saint-Jean de Touarcé, diocèse d'Angers : 3.000 1.: — prieuré de Saint-Pierre du Neufmarché. diocèse de Rouen: 2.050 1. ; — pension sur l'abbaye de Saint-Maurice, à Toul : 2.000 1. ; — abbaye de Saint-Pierre et Saint-Paul d'Honnecourt : 45.000 1.

M. Le Blanc. Chapellenies de Saint-Simon et Saint-Jude et de Saint- Barthélémy, à Baune.

I. Ces revenus provenaient des 3/4 des dîmes, lods et ventes des paroisses Sainte- Honorine et de Chennevières, que le chancelier touchait en qualité de seigneur en partie de ces localités. Cfr. Arch. Xaf.ù. H'>0.

•..'. Certaines déclarations n'indiquaient que les titres des bénéfices sans l'évaluation dis revenus.

'■'<■ 11 était aussi seigneur de Champigny-sur-Marne. Arch. Xat. L- 591 a 593.

M. Bergier. Pensions de 1.630 1. sur l'abbaye de Fauve, en Ras-Languedoc; de 500 1. sur l'évêché de Verdun ; de 2.000 1. sur le clergé de France; de 420 1. sur l'évêché de Mende; — traitement de 6.000 1. sur le Trésor royal en qualité de confesseur de Madame et de trois autres personnes de la Famille Royale.

M. de Tilly-Blaru. Abbaye de Grestain, près-Pont-Audemer : 10.000 1. : — pension de 5.000 1. sur l'abbaye de Mortemer, diocèse de Rouen.

M. de la Fage. Pensions de 2.100 1. sur les Économats et de 700 1. sur l'évècliéde Rlois. — Prieuré de Saint- Jean de Pouzauges : 720 1.

M. Chevalier. Riens particuliers à 1* « Ancien » des chanoines de Saint- Aignan : 2. 736 1. '.

M. de Beaumont. Abbaye du Lieu-Croissant : 17.820 I. ; — prieuré de Saint-Hilarion de Du rave 1 et de Saint-Saturnin de Cases : 1.650 1.

M. de Reclesne. Prieuré de Saint-Hippolyte de Vivoin, diocèse de Meaux : 10.000 1. ; — pension de 2.800 1. sur l'abbaye de Loroux, diocèse d* Angers.

M. de Mondran. Pension de 1.500 1. sur l'évêché d'Agen. — Chapelain du château de Gagnac au diocèse de Toulouse : cette chapellenie était sans revenus.

M. Viet. Prieuré de Sainte-Croix de Rroquier : 4.000 1.; — pension de 3.000 1. sur le prieuré de Saint-Ouen.

M. Cochu. Chapelain d'une des douze chapelles de Vincennes : sans revenus.

M. Patert. Chapellenie à Saint-Rémy de Rlanzy, diocèse de Soissons.

M. du Authier. Prieuré de Saint-Thomas d'Epernon, diocèse de Chartres : 0.336 1. ; — prieuré de Nailhac, diocèse de Limoges : 1.003 1.;— chapellenie de Saint-Jean-Raptiste d'Arc en Rarrois : 500 1. ; — pension sur l'abbaye de Reaulieu, diocèse de Limoges : 1.050 1.

M. d'Espinasse. Pension sur les Economats en sa qualité d'ancien jésuite: 450 1. "2.

M. de la Bintinaye. Abbaye de la Vieuville, près Dol-en-Rretagne : 9.195 1.; — prieuré de Vesins, en Rouergue : 1016 1.; — prieuré de Saint- Amand, diocèse de Ro.lez : 1.016 1.; — chapellenie de Lerre, à Rordeaux : 402 1.; — prieuré de Lervaud, près Lesparre : 150 1.

M. de Floirac. Abbaye de Saint-Pierre d'Orbois, diocèse de Soissons : 10.434 1.

M. de Neuchèze. Prieuré de Sainte-Jame de Reuvron, diocèse d'Avranches : 5.775 1.

M. Viet de Villers. Expectative d'une pension de 3.000 1. sur le prieuré de Saint-Ouen, dont son frère, M. Rernard Viet, a actuellement la jouissance.

1. Ces biens comprenaient : 1° une pièce de terre à Ivry-sur-Seine, louée au Sr Badé ; — 2° une autre pièce de terre située ruelle des Marais, faubourg du Temple.

■1. « Triste salaire, dit-il dans sa Déclaration, de douze années d'enseignement public dans les Universités de Perpignan et de Toulouse. »

M. de Cours. Titulaire de deux chapelles situées à Barthes, diocèse de Montauban.

M. Duchesne. Revenus de biens appartenant au second chanoine de Samt-Aignan : 530 1.

M. Delon. Comme ancien chanoine de Saint-Germain lAuxerrois: 2.300 1. de revenu annuel à prendre sur lacaissede Saint-Germain '.

Riballier. — Prieuré de Sainte-Catherine de la Millière-en-Poitou, près Chaulnay.

M. Melon de Pradou. Chapellenie de Notre-Dame d'Amborie, près d'Espagnac, diocèse de Tulle.

M. d'Espagnac. Prévôt de Saint-Laurent de Yillers-Landon, paroisse de Prunay-sous-Ablis, diocèse de Chartres 2.

Qu'on ne se scandalise pas de ces grasses prébendes ! Un chanoine de Paris, surtout une Dignité, était un personnage au xviii0 siècie. Le Doyen, le Chantre, le Chancelier avaient un rang à tenir et par conséquent des frais de représentation considérables. Une quinzaine de chanoines devaient avoir des carrosses, qu'ils prêtaient volontiers à leurs confrères moins favorisés de la fortune, quand le Chapitre rendait en corps quelque visite officielle. Plusieurs étaient obligés de fréquenter la Cour, de figurer au Parlement; doit-on leur reprocher de garder dans l'Eglise le même rang que leurs familles occupaient dans la société, dans la magistrature, dans l'armée? et, à une époque de formalisme exagéré, l'Église pouvait-elle imposer, à ceux qui la servaient, une condition dont l'infériorité les eût mis au ban de la classe dont ils étaient sortis? En ce temps-là, les peuples eussent été aussi étonnés de voir un chanoine d'une grande église dans une situation modeste, qu'ils seraient aujourd'hui scandalisés de rencontrer dans nos rues un ecclésiastique en pompeux équipage.

1. Cfr. note 3, page 7. M. Delon n'avait pas droit dans les petits-vins, prolits el maisons, lods et ventes; mais il prenait une somme équivalente sur les revenantsbonde Saint-Germain. Concl. cap. 1775.

■J. Les Déclarations incliquent six chanoines n'ayant pas, à l'époque de la suppression du Chapitre, d'autres revenus que ceux de leurs canonicats : .MM. de Méromont, de I.ostangi's. Gatignon, de Dampierre. de Cours et Le Moine. Arck. Nat. S. 160, 7051, 7052. Nous n'avons pu trouver les Déclarations de MM. Lucas, de Montdenoix, de Bulto, Mazéas, de Vienne et Pey.

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