‹ Le chapitre de Notre Dame de Paris en 1790Chapitre 8 sur 130 · LE CLERGÉ DÉPENDANT DU CHAPITRE · texte numérisé non relu

LE CLERGÉ DÉPENDANT DU CHAPITRE

I. Les Vicaires perpétuels. Leur origine. Leurs revenus. Réclamations des vicaires perpétuels. Projet de leur suppression. Martyre de M. Assy. — II. Les Bénéficiers. Les vicaires de Saint-Aignan. Chanoines de Saint-Jean le Rond et de Saint-Denis du Pas. Vicaires de Sainte-Catherine. Chapelains. Ancienne ot nouvelle communauté. Clercs de Matines et Machieots. La classe de musique. Personnel laïque. — III. La Maîtrise. Les enfants do chœur. Leur costume. Attentions paternelles du Chapitre. Les maîtres de musique, de latin, (récriture. Visite à la Maîtrise. Une journée à la Maîtrise. Formation religieuse des entants. — IV. Le Cloître. Description générale. Différents nmdes de mutations. Les immunités du Cloître. Améliorations matérielles apportées dans la seconde moitié du xvm" siècle. Les portes du Cloître. Les maisons canoniales et bénéficialcs. La Communauté. Le Terrain. Le Chapitre. Saint- Denis du Pas.

On ne connaîtrait pas l'état de l'Église de Paris en 1790, si nous ne parlions que des cinquante et un chanoines. Près de deux cents personnes, dont cent quatre-vingts ecclésiastiques, rien qu'à Paris, dépendaient immédiatement du Chapitre, vivaient de sa vie, tenaient de lui leurs moyens d'existence et disparurent en même temps que lui.

Le personnel ecclésiastique, bénéficiers et gagistes, se composait des vicaires perpétuels, des chanoines de Saint-Jean le Rond et de Saint-Denis du Pas, des vicaires de Saint-Aignan, des chapelains, des clercs de Matines, des machieots, des clercs de Fabrique, des prêtres attachés à la Maîtrise.

Nous allons présenter à nos lecteurs ces différentes personnes, qui composaient le bas-chœur à Notre-Dame avant la Révolution : nous dirons aussi un mot du personnel laïque, attaché alors au service du Chapitre.

Entre les chanoines et les bénéficiers de l'Église de Paris, il faut placer certains ecclésiastiques qui ne peuvent entrer dans aucune de ces deux catégories. Ils ne sont pas chanoines, mais ils représentent d'anciennes prébendes canoniales, jadis séparées du Chapitre en faveur de quelques églises et abbayes et qui restèrent grevées des charges y attenant, comme la célébration des offices, l'assistance au chœur, aux processions, aux cérémonies, etc. Les églises et les monastères, à qui ces prébendes avaient été attribuées, en remplissaient les obligations par des ecclésiastiques qui étaient à leur nomination et que l'on appelait « vicaires perpétuels ».

Primitivement, il y avait six vicairies perpétuelles à Notre- Dame : celles de Saint-Maur les Fossés et de Saint-Germain FAuxerrois furent réunies au Chapitre, la première en 1762, l'autre en 1787 *. Les titulaires des quatre autres, qui subsistaient encore en 1790, étaient M. de la Fresnaye pour Saint-Denis de la Chartre 2, M. de la Fosse pour Saint-Marcel, M. Assy pour Saint- Martin des Champs3 et M. Buée pour Saint-Victor4.

Ces prébendes canoniales étaient divisées ainsi que leurs revenus : le monastère ou l'église qui possédait le titre, touchait le gros; le vicaire, qui acquittait les charges, recevait le casuel.

1. Le dernier vicaire perpétuel de Saint-Maur les Fossés fut M. Berthod, décédé le lu septembre 1762, et celui de Saint-Germain rAuxerrois, M. Grésil, décédé le 21 janvier 17s7.

•-i. M. de la Fresnaye fut nommé le 11 janvier 1743: il était auparavant prieur de Saint-Martin de Cazouls, au diocèse de Béziers.

3. Il dut sa nomination à M. de Saint-Fane, vicaire général de Toulouse et prieur commendataire de Saint-Martin des Champs; il était auparavant vicaire de la paroisse d'Aubonne.

1. M. Buée fut présenté par M. de Juigné, prieur commendataire, et par les Anciens de la Chambre de l'abbaye de Saint-Victor, conformément au traité passé entre cette abbaye et le Chapitre en 1545. Il fut mis eu possession de son titre le '.' mars 1789. Pris à la porte du Chapitre par MM. de Mondran et Delon, il fut par eux conduit à la Maîtrise où on l'examina sur le chant et les cérémonies. Il prêta le jour même serment sur l'autel de Saint-Denis à Notre-Dame et fut installé par M. le Chantre pendant compiles. Arch. Nat. Concl. cap. LL. !£32 V1.

Page 1