LE CHAPITRE ET LES ÉTATS GÉNÉRAUX
qui perdit l'occasion de rester célèbre dans la postérité, on apprend à cinq heures du matin que c'est une fausse alerte et que les ennemis sont imaginaires ' !
Cependant ces bruits, ces craintes, ces discours belliqueux impressionnèrent les chanoines pendant qu'au chœur ils chantaient Matines. Cette émotion augmenta encore le matin à la nouvelle des mouvements populaires qui se produisaient dans Paris, et à la vue d'un grand nombre de citoyens, réunis dans l'église, armés de piques, de sabres et de fusils, pris à l'Hôtel des Invalides. A l'issue de la grand'messe, les chanoines se réunirent en chapitre extraordinaire. « Sur le rapport fait au Chapitre, dit la Conclusion de ce même jour, que les divers districts de la Capitale, qui avaient été formés pour la nomination des députés aux Etats généraux, s'étaient assemblés chacun dans son quartier pour aviser aux moyens d'apaiser les troubles qui se sont élevés depuis deux jours dans Paris, et que nommément le District de la Cité tenait son assemblée dans la nef de l'église de Notre-Dame, Messieurs, désirant concourir autant qu'il est en eux au rétablissement de la paix, chargèrent M. le Chantre d'assurer à l'Assemblée du District de la Cité que le Chapitre est dans la disposition et résolution de contribuer, en ce qui dépend de lui, à ramener le calme et la tranquillité publique. » M. du Bois-Basset, désigné en l'absence de Monsieur le Doyen, se rendit le jour même auprès des membres du District, et, quand il leur lit part des bonnes intentions du Chapitre, ses paroles « furent applaudies par tous les assistants ». On connaît les événements qui ensanglantaient Paris, pendant qu'à Notre-Dame on échangeait l'expression de ces sentiments pacifiques.
Le lendemain, 15 juillet, une heureuse nouvelle vint dédommager les chanoines des tristes événements de la veille et les rassurer sur le sort d'une personne qui leur était chère à plus d'un titre et que la calomnie commençait h perdre dans l'estime publique. Ils apprirent dans l'après-midi que M. de Juigné se trouvait à Paris à la tête de la députation que l'Assemblée na-