Arch. Nat., C
tionale avait envoyée à l'Hôtel de Ville pour y faire part des intentions du Roi. La joie redoubla, quand, à six heures du soir les délégués de l'Assemblée arrivèrent à pied à Notre-Dame, escortés d'une foule immense qui tout à l'heure avait déposé des couronnes sur leurs têtes. L'Archevêque monte à son trône et, entouré de ses chanoines, il entonne le Te Deiim d'actions de grâces. C'était le moment de « l'espèce d'ivresse » dont parle M. Thiers!
Le Chapitre était encore sous l'impression de cette journée, quand il apprit les générosités de la Ville de Paris et de l'Archevêque, pour secourir les ouvriers sans travail de la capitale. Au «Ion de 45.000 livres, déposées au nom de la Ville sur le Bureau de l'Assemblée nationale, M. de Juigné avait ajouté 20.000 livres. Le Chapitre ne pouvait rencontrer une meilleure occasion de réaliser les promesses qu'il avait faites quelques jours auparavant au District de la Cité : il vota, pour ce même objet, une somme de 12.000 livres. Quand le Comité des subsistances eut connaissance de la générosité des chanoines, il ne voulut apporter aucun retard à leur exprimer ses remercîments; le 22 juillet, il délégua son président, M. Boucher d'Argis, et deux de ses membres, M. le curé de Saint-Etienne du Mont et M. de Farges, pour leur porter « le vœu sincère d'une profonde reconnaissance ». Le lendemain, les trois délégués se rendirent au Cloitre; à la porte, ils furent reçus par MM. Chillaud des Fieux et de Tillv-Blaru, qui les introduisirent au Chapitre. M. Boucher d'Argis exprima « avec son éloquence naturelle et connue », dit la Conclusion du 23 juillet, les sentiments de la Commune dans un discours dont le texte original nous a été conservé par le Chapitre lui-même :
« Messieurs,
« L'Assemblée de la Commune a recueilli de la bouche d'un de vos membres le vœu respectable, que vous avez formé, d'un secours de 12.000 livres, en faveur des ouvriers que les circonstances douloureuses dans lesquelles nous nous trouvons ont