‹ Le Chapitre Général Jusqu'au Moment Du Grand SchismeChapitre 100 sur 191 · Vernet, pp · texte numérisé non relu

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DÉVELOPPEMENT DU CHAPITRE GÉNÉRAL Lo

au présent titre nous nous proposons de tracer les grands traits de l’histoire du chapitre général depuis 1119 jusqu’en

Le chapitre général dans son essence remonte aux origines de la vie monastique, mais en tant qu’élément central de l’organisation et de la vie d’un ordre il ne paraît pas avant 1119; c’est ce que nous avons essayé de montrer dans une première partie. Il devient ensuite commun à tous les groupements religieux : tel a été l’objet du présent titre.

Il est adopté, dès leurs débuts, par les nouveaux ordres du XIIe siècle : Saint-Victor, Arrouaise, Prémontré, les Chartreux, Grandmont, etc. Quelques essais locaux mis à part, l'ordre bénédictin est lent à admettre le chapitre général. L'autorité pontificale essaie aux XIIIe et XIVe siècles de le leur imposer, ainsi qu'aux chanoines réguliers, dans le cadre provincial, avec peu de succès en général. Par contre il s'établit peu à peu dans les groupements bénédictins ayant une organisation propre : Cluny après 1202 ; les Camaldules après 1239 le pratiquent de la même façon que Citeaux. La première moitié du XIIIe siècle voit d’autre part l’éclosion des ordres mendiants, qui tous font du chapitre général la base de leur organisation : l’ordre des frères prêcheurs l’adopte à la suite des chanoines réguliers, particulièrement des Hospitaliers ; les autres Mendiants suivent l’exemple des Dominicains et parfois subissent leur action directe. Dans les nouveaux groupes bénédictins de la fin du XIIIe et du début du XIVe siècles le chapitre général se trouve tenir la première place.

Il convient de noter que le chapitre général, s’il présente partout certains traits communs, n'en offre pas moins, d’un ordre à l’autre, des nuances nombreuses. Le même mot est employé à Citeaux, à Cluny, chez les frères prècheurs, mais l'institution, chez chacun d’eux, est animée d’un esprit différent. Il y a le chapitre provincial des Bénédictins et des chanoines réguliers, auquel les supérieurs se soumettent bien qu'ils ne forment pas un corps unique : le chapitre général se superpose alors à des individualités. Au contraire, dans l’ordre des frères prêcheurs, et dans ceux

qui les imitent, le chapitre général est la clé de voûte de l’organisation d’une seule masse. Aiïlleurs, par exemple à Citeaux, il est l’organe commun de l’union en un seul corps de plusieurs éléments égaux. A Cluny, il se présente plutôt comme l'élargissement du conseil d’un souverain. Dans un ordre très nombreux il n'aura pas le même caractère que dans une congrégation peu développée, dans un ordre uniquement divisé en provinces que dans un groupement donnant un rôle à la filiation.

Malgré toutes les nuances, qui montrent sa variété dans l’espace, le chapitre général est une institution assez bien déterminée, ayant ses traits propres, dont les modifications marquent sa variété dans le temps.

Non seulement le chapitre général se répand, il évolue et dans l'importance qu'il tient dans l’organisation d’un ordre et dans sa nature. De plus en plus il tend à la place capitale, aux dépens de l'autorité individuelle. Organe de contrôle et régulateur de la discipline au début, il accapare la direction et devient le seul supérieur. D'autre part, l'élection tient de plus en plus de place dans son fonctionnement et pour beaucoup dans sa formation : le définitoire devient le comité essentiel et le chapitre n’est plus uniquement composé de supérieurs mais aussi de sujets.

Le chapitre général aboutit ainsi à deux résultats principaux, il resserre les liens entre ceux qui pratiquent une même règle, il oriente le religieux vers une démocratie plus ou moins accentuée. Les faits seuls ne peuvent pas justifier ces conséquences, qui ont leur raison dans les idées aussi. Nous sommes ainsi conduit à préciser la théorie du chapitre général, dans un titre troisième intitulé : étude juridique.

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